SÜHNOPFER - Mars 2015

 

 

ctif depuis bientôt 15 ans dans la sphère BM française, l'âme pensante derrière SÜHNOPFER est aussi un musicien de talent, fortement inspiré par le Black mélodique des années 90 et aussi profondément attaché à ses racines. Il ne nous en fallait pas plus sur PostChrist pour motiver cette entrevue, où nous trouvons un Ardraos tant prolixe que passionné. Un sympathique échange réalisé par mail entre février et mars 2015.

 

1) Salutations Ardraos ! Merci de nous accorder un peu de ton temps. Tu viens enfin de sortir en décembre dernier ton second album, sous Those Opposed Records, avec un retard indépendant de ta volonté, des retours déjà ?

Ardraos Salut à toi ! Oui il était temps, plusieurs problèmes de pressage ont retardé la sortie de presque 8 mois, mais au final on y est quand même arrivé, autant te dire que c’est un soulagement après des années de travail et des mois d’attente. L’album avait été annoncé déjà au début 2014 avec les premiers extraits ce qui a suscité une certaine attente, et heureusement ceux qui s’y intéressaient n’ont jamais décroché et ont tout de suite été là lorsque l’album est sorti. Donc beaucoup de retours oui, quasiment tous très bons et d’une portée bien plus large que lors de  la sortie de « Nos Sombres Chapelles ». J’espère sincèrement qu’ « Offertoire » pourra devenir un album intemporel, que certains écouteront encore dans 5 ou 10 ans.

2) Tu as commencé l'aventure SÜHNOPFER il y a près de 15 ans, d'où t'es venue la flamme pour monter ton projet musical ? 

A l’époque (fin 99/début 2000) je venais d’avoir ma batterie pour apprendre à en jouer et je commençais tout juste dans un groupe de black metal, avec des amis du lycée dans lequel j’étais. Je ne savais pas jouer de guitare et j’ai appris sur le tas d’abord en essayant les instruments des autres puis ensuite en cherchant à faire mes propres morceaux. Je voulais essayer de faire une musique qui me corresponde, exprimer la violence et les émotions qui me tenaient à cœur. Même ne savant pas encore bien maîtriser les instruments, j’avais pour exemple BURZUM où tout était joué par un seul homme avec le résultat qu’on connaît. Par la suite j’ai réussi à me perfectionner tant dans ma manière de jouer que de composer, ce qui m’a permis de vraiment m’investir dans quelque chose de très personnel avec mes propres concepts.

3) Musicalement, Offertoire est assez proche de son prédécesseur, c'est un album très direct, bourré de mélodies, quasiment sans temps morts, je serais tenté de dire « instinctif » même si je me doute du travail énorme derrière. Avais-tu un schéma clair dans ta tête ou beaucoup de choses se sont-elles faites d’instinct ? Comment décrirais-tu cet album avec tes mots ?

Il contient effectivement des choses dans la veine de « Nos Sombres Chapelles » mais je pense avoir fait évoluer ma musique un cran au-dessus. J’ai encore plus travaillé les guitares et leurs arrangements ainsi que la basse, je me suis investi au maximum dans le travail des parties de batterie en les répétant d’arrache-pied pendant 4 mois avant l’enregistrement, et j’ai mis environ 3 mois à enregistrer le chant pour obtenir quelque chose qui me satisfaisait. Lorsque j’ai composé, je l’ai fait morceau par morceau, je n’avais pas d’idée préétablie de ce que l’album pourrait donner dans son ensemble une fois fini. Le côté « instinctif » vient peut-être du fait que toutes les parties (que ce soit guitare, basse ou batterie) sont composées et jouées simplement « de tête » ou « à l’oreille » si je puis dire. A part dans le choix des structures d’un morceau, je n’écris jamais les parties composées, ou je ne me dis pas « tiens, là je vais partir sur telle grille d’accords, etc… », car je ne me soucie que de savoir comment le riff « sonne » à mes oreilles, et ce qu’il me fait ressentir. Une fois le bon équilibre obtenu avec les arrangements et les harmonisations sur plusieurs lignes de guitares, je travaille simplement la mise en place. J’espère que le résultat fait transparaitre cette manière « authentique » de création, d’autant plus que sa composition et son enregistrement se sont déroulés sur une longue période. A mon sens c’est un album « vrai », qui ne triche pas et qui ne présente aucun aspect artificiel. J’espère qu’on peut y entendre que j’y ai mis tout ce que j’avais, voir encore plus.

4) L’interlude tout en arpèges, « Majestueux Repaire », fait très Black/Death suédois (DISSECTION / LORD BELIAL, etc.) où les coupures de ce genre étaient de coutume. Tu avais déjà fait ça sur le précédent album avec « Partir à l'Ost ». Est-ce un clin d’œil ou pas du tout ? Que représente cette scène pour toi ?

Ces sont des titres qui permettent d’inclure une autre dimension médiévale à l’album, moins violente mais plus contemplative. Outre ces titres un peu à part j’aime mettre quelques petites touches de guitares acoustiques tout au long de l’album, pour enrichir encore un peu plus les morceaux. Je ne sais pas si je continuerai à l’avenir d’inclure des titres exclusivement acoustiques, mais c’est une chose qui me plait et qui se retrouve effectivement dans les albums de black mélodique du milieu des années 90, avec lesquels j’ai forgé mes goûts pour le côté épique et mélancolique du style. Il y avait à l’époque de nombreuses voies à explorer, et certains groupes ont allié le black metal traditionnel avec ce côté prenant et  chevaleresque des mélodies, je pense au « Nord » de SETHERIAL, « Far Away from the Sun » de SACRAMENTUM ou encore « Nachthymnen » d’ABIGOR.

  

5) L’offertoire fait directement référence à la religion chrétienne, c'est un terme assez neutre finalement, sachant que dans le BM les références sont le plus souvent à charge vis-à-vis de cette religion, que l'approche soit par exemple sataniste ou païenne, pourquoi un tel choix ? Quel est ton point de vue sur le christianisme, le satanisme et le paganisme ?

Il fallait trouver un minimum d’originalité avec un concept qui pourrait qualifier l’ensemble de l’album. J’essaye au maximum de ne pas tomber dans des formules totalement impersonnelles propres à 95% des groupes de black-métal-bas-du-front du genre Satan/Blood/Suicide etc… « Offertoire » est pour moi une interprétation personnelle, je retrouve dans ce mot la notion « d’ouverture » d’une cérémonie qu’est l’album, mais aussi celle « d’offrande » aux sujets invoqués dans les morceaux, à une époque, ses personnages, et aussi à un terroir et ses légendes. Comme je l’expliquerai dans la question suivante, puiser dans des termes religieux en lien avec un contexte permet d’utiliser ces termes à contre-emploi pour en accentuer les aspects les plus sombres. Les toutes premières notes en introduction à l’album sont d’ailleurs inspirées d’un cantique qu’avait prononcé un prêtre lors de l’enterrement d’un proche parent, les paroles en étaient « je mets mon espoir dans le seigneur/je suis sûr de sa parole », j’ai repris la mélodie, je l’ai arrangée et mise au début d’un titre dont les paroles décrivent une cérémonie lugubre, et démontrent à l’inverse que ces croyances ne sont que tromperies. J’essaye d’utiliser certaines formules propres aux cérémonials chrétiens car c’est aussi un lien direct avec le Moyen Âge.

Que ce soit christianisme, satanisme ou paganisme, on colle des mots différents à des époques différentes sur une même chose. Les chrétiens ont transposé ce qui était leur « mal » dans la figure Satanique, dans l’enfer, des choses qui avaient déjà leurs équivalents chez les païens. Comprendre le contexte médiéval c’est aussi se dire qu’on arrive juste après mille ans d’un long processus de remplacement d’une tradition païenne par l’évangélisation du territoire, qui pour mieux se fondre dans le paysage a réutilisé certains lieux et certains symboles ou légendes pour se les approprier. Le « mal » existait déjà bien avant les chrétiens, qu’on l’appelle Satan ou qu’on le personnifie dans une autre figure, ça n’en reste qu’une représentation. Depuis des millénaires les hommes ont créé des dieux pour s’approprier des images rassurantes, face à la peur du néant, de la mort, ils ont préféré s’en remettre à des puissances « supérieures » ou occultes, pour s’expliquer l’inexplicable et parfois même légitimer les carcans qu’ils se sont imposé, je pense de ce fait que l’homme est par nature masochiste.

exhumation of st huber

6) En dehors du titre, on constate également que tes textes sont imprégnés de références religieuses, c’est valable aussi sur tes sorties précédentes, pourquoi cette proximité ? A une époque où la science, ou du moins la technique, domine, jusqu'à devenir parfois un nouveau dogme, quelle place accordes-tu aux notions de divin et de sacré ?

J’ai avant tout essayé de composer des paroles imprégnées d’un contexte, d’une époque où l’obscurantisme prédominait et où sans cesse on se référait au sacré mais aussi par-là même au maléfique. J’ai étudié certaines légendes et certains récits médiévaux concernant des lieux, des monuments et les personnages qui y vivaient, et il est impossible de les rapporter en occultant ces références religieuses, qui permettent au contraire d’enrichir l’atmosphère en les détournant  et en appuyant sur le côté violent et maléfique de certaines légendes, ce qui va servir également les parties de chant sur un morceau. Bien sûr nous vivons dans une société qui s’est peu à peu « désenchantée », quoique je ne sois pas sûr que le terme « d’enchantement » corresponde à la réalité des sociétés basées sur le religieux… En regardant le passé, force est de constater que les concepts divins monothéistes ont permis à certains de s’élever mais en ont enfoncé des millions d’autres. Je relie juste ces concepts à une époque et aux hommes qui s’y référaient, on ne peut pas contredire le fait que pendant des millénaires le sacré (polythéiste comme monothéiste) a eu une place immense, surtout en raison des mystères qu’il proposait, et aux réponses qu’il prétendait y apporter. Aujourd’hui nous avons une compréhension quasi-totale du fonctionnement du monde qui nous entoure, mais le sacré ou le surnaturel sont encore là pour les choses où il n’y pas encore d’explications rationnelles.

7) De fait, ne trouves-tu pas un peu paradoxal ce besoin de retour aux sources, cet attachement aux racines, aux grands hommes du passé, à l'héroïsme, par des personnes souvent bassement dépendantes de leur smartphone ou autres réseaux sociaux, qui n'ont pour la plupart aucun fait d’armes, n’ont connus aucun conflit d'envergure si ce n'est à travers leur écran 13 pouces ? Toi qui développe une imagerie fortement ancrée dans le passé, comment est-ce que tu te situes par rapport à tout ça ?

Il y a évidemment un antagonisme entre la société actuelle et son mode de vie, et le fait d’invoquer les figures et les valeurs du passé. Mais cela s’explique par le fait que nous sommes dans un monde en perte de repères et qui modifie perpétuellement les valeurs qui étaient les nôtres il n’y a pas si longtemps. On a toujours besoin de se référer au passé pour d’une part ne pas oublier d’où nous venons, et d’autre part se forger des exemples pour avancer. Mais si je me réfère tant au passé, c’est sans doute parce que « l’avenir » (en général, pas au niveau personnel) ne me fait plus rêver. Se réapproprier les vestiges de notre passé permet de s’évader, de se reconnaître dans quelque chose qui fait quelque part toujours partie de nous, et qui peut très bien ressurgir un jour. Je pense qu’on ne peut pas se revendiquer en tant que black « médiéval » sans être un minimum attaché à ses racines, c’est aussi là qu’on peut puiser une identité propre, et non pas faire simplement de l’histoire scolaire en guise de textes… Il ne suffit pas non plus d’aller visiter un château un weekend en été pour se dire qu’on a trouvé l’inspiration… Essayer de comprendre le monde dans lequel vivaient nos ancêtres, en tirer la violence, l’obscurité, la noblesse (et pas seulement celle des « nobles »), le remettre dans son contexte, le rapporter à des lieux et à des évènements qui s’y sont produits et imaginer certaines scènes me permet de créer un tableau qui correspondra à ma musique. Notre histoire est suffisamment riche pour qu’on ne s’attarde pas sur toutes les merdes contemporaines. Au point de vue personnel, j’aspire à une vie plus proche de la terre et des vestiges laissés par ceux qui étaient là des siècles avant nous. Je suis en train de racheter à des étrangers un ensemble de bâtiments médiévaux qui constituaient le centre d’un ancien village en Bourbonnais, j’espère pouvoir y accomplir une sorte d’aboutissement en y habitant.

8) Ton attachement à tes racines - le Bourbonnais - est effectivement très fort, cela se ressent tant dans les textes que dans le visuel. Te reconnais-tu derrière le terme de « patriote » ou raisonnes-tu à plus petite échelle justement, régionale voire locale. En fait comment définirais-tu ces termes de nation et d’identité, et quelle importance accordes-tu aux mouvements identitaires ou régionalistes en général ?

On peut raisonner à plusieurs échelles tout en restant cohérent. J’aime invoquer et puiser dans les racines de mon terroir, dans son histoire et ses légendes. Je ressens cet attachement au niveau local car ma logique est simple, je suis né ici, j’y ai mes ancêtres depuis plusieurs siècles, j’aime ses paysages, j’y vis, j’y mourrai et je m’y ferai enterrer, et si j’ai des enfants je veux qu’ils soient fiers d’y vivre à leur tour. Je ne ressens aucun besoin d’aller vivre ailleurs, encore moins quand je voyage et que je vois les autres régions ou pays. Je pense que les gens qui aiment leur propre terroir comme moi pourront toujours trouver les moyens d’y rester et d’y vivre. Alors certes parler de « régionalisme » aujourd’hui fait un peu folklorique, on va tout de suite penser au vieux en costume traditionnel qui joue du biniou…je pense pour ma part que tout ne réside pas dans un simple attachement à quelques symboles, mais qu’il en va d’un état d’esprit au sens large : il faut le vivre et le faire vivre. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la population se déracine de plus en plus, avec pour exemple les exodes ruraux où l’on croyait alors que les grandes villes étaient une sorte de terre promise, où certes il y avait un peu plus de travail à l’époque, mais quand on voit ce qu’elles deviennent aujourd’hui…je trouve une grande ville bien plus crasseuse et dégueulasse que la petite exploitation agricole à côté de chez moi. L’échelon local et rural constitue une base incontournable de notre identité, la population rurale a toujours été extrêmement majoritaire en France et l’était encore avant les années 50. Le déracinement, l’urbanisation, la promiscuité, et du même coup l’acculturation ont de graves conséquences sur les nouvelles générations, qui s’enferment dans un mode de vie abject qui leur est dicté, et ont totalement oublié d’où elles venaient. Je ne dis pas de rejeter la modernité en bloc, mais de faire la part des choses. Evidemment le ressenti peut-être différent en fonction des gens, de leur situation, de leur origine, et il en va de même sur le plan national. Nous avons un pays aux origines plus que millénaires, avec une histoire, un patrimoine et une culture qui lui est propre. Depuis seulement quelques décennies, on assiste à un effritement constant au profit d’autres cultures, d’autres modes de vie, au nom du progrès nous dit-on… Pour résumer, oui je me sens « patriote » dans le sens où je m’intéresse à ma propre culture, et dans celui où j’essaye de faire vivre mon terroir. Il est donc tout à fait évident, à mon niveau, que l’identité nationale et identité locale vont de pair, la première ne pouvant réellement exister sans que l’autre en constitue la base.

9) Du coup quel regard portes-tu sur le conflit ukrainien qui fait rage depuis plus d'un an ? Ce retour des provocations entre grandes puissances est-il un facteur d'inquiétude chez toi ?

Le conflit en Ukraine n’est pas chose facile à démêler. Au départ tu as une partie des ukrainiens qui ont voulu renverser le gouvernement en place un peu trop assujetti à la Russie selon eux, certains étaient pro-européens et d’autres strictement nationalistes, et de l’autre côté on se retrouve avec une partie du pays convoitée par les séparatistes pro-russes (ce qui quand tu regardes l’histoire peut paraître justifié étant donné que ce morceau de territoire avait été donné par la Russie à l’Ukraine, et qu’il restait en partie de culture et de langue Russe). MAIS on peut aussi légitimer le fait que l’Ukraine étant devenue un pays à part entière, les nationalistes ukrainiens aient le droit de réclamer leur souveraineté sur tout le territoire, et que le « Donbass » n’est pas peuplé que de séparatistes... Il y a ensuite le jeu des allégeances à décortiquer, ce qui rend les choses encore plus complexes… Pour certains soutenir les Ukrainiens revient à soutenir les nationalistes locaux face à l’impérialisme Russe, pour les pro-russes au contraire c’est soutenir un axe UE-USA-Israël également impérialiste, et tu obtiens un sacré merdier, un peu à l’image de ce qui a pu se passer dans les Balkans. J’ai des amis qui s’impliquent beaucoup face à ce conflit, et je les comprends totalement. Je connais même des nationalistes Polonais qui pensent qu’une partie de l’Ukraine revient à la Pologne et l’autre à la Russie… De là à m’impliquer moi-même, je ne pense pas. J’ai deux demi-sœurs franco-russes, est-ce pour autant que je devrais prendre parti pour la Russie ? Non plus. Nous verrons bien si les choses se règlent diplomatiquement ou pas, de toute façon il y aura toujours des facteurs et des conséquences de ce conflit que nous ne pourrons ni prévoir ni connaître. Je me dis simplement qu’il y a déjà tellement à faire chez nous…

10) Revenons à des questions plus légère : la scène française, son évolution, comment la perçois-tu ? PESTE NOIRE über alles ? Quels groupes te semblent vraiment intéressants et représentatifs à l'heure actuelle ? Le fait d'être acteur a-t-il changé ta vision des choses ? 

J’apprécie les vieux albums comme SEIGNEUR VOLAND ou les premiers SETH, mais je ne peux pas vraiment porter de jugement global sur la scène actuelle étant donné que je n’ai pas le temps de m’y intéresser et d’écouter tous les groupes. Bien sûr il y a de tout avec de nombreuses déclinaisons de styles, et j’ai pu côtoyer de nombreux autres groupes lors de nos concerts avec CHRISTICIDE et AORLHAC, comme AOSOTH, DARKENHÖLD, SETH, TEMPLE OF BAAL et j’en passe… Il y a des petits groupes qui émergent au sein de mon réseau de connaissances comme NEPTRECUS ou BAISE MA HACHE, et qui valent le détour. Il y aura comme toujours un renouvellement d’une manière ou d’une autre, avec du bon et du moins bon. Le niveau général a certainement augmenté depuis quelques années. Le fait d’en être un acteur direct ne change pas grand-chose, si j’écoute un groupe et que ça me plait tant mieux, sinon je ne m’attarde pas. Evidemment je fais tout pour que les groupes auxquels je participe puissent avoir le meilleur niveau possible, et je pense avoir fait du bon travail pour CHRISTICIDE, tout comme pour PESTE NOIRE que j’ai rejoint en 2012. J’espère également avoir hissé SÜHNOPFER comme une référence du black mélodique français.

11) Plus largement quelles sont tes références musicales ? Black Metal ou autres bien sûr, quels genres / groupes trouvent grâce à tes yeux ?

Il est de fait établi que mes références se retrouvent dans le black et le black mélodique des années 90, comme BURZUM, SACRAMENTUM, DISSECTION, SETHERIAL, SORHIN… leurs sonorités m’ont guidé dans mon approche musicale, spécifiquement pour SÜHNOPFER. Mais j’écoute aussi bien d’autres choses comme les groupes de glam ou heavy des années 80 (Maiden, WASP, Mötley Crüe…) ou encore de la musique religieuse, médiévale et du folklore local.

12) C’est ta première sortie LP aussi, félicitations ! Comment on se sent dans ces moments-là ? Les Acteurs de l'Ombre s'occupent aussi d'une version cassette. L'objet c'est important pour toi ? 

L’objet est évidemment primordial, j’ai commencé à écouter de la musique sur des cassettes ou des 33 tours quand j’étais gosse, les cd sont arrivés ensuite, mais je n’ai jamais franchi le pas de la dématérialisation et du téléchargement. Ça me faisait déjà chier d’avoir des cd gravés… Les cassettes je m’en sers toujours pour enregistrer mes maquettes de morceaux sur un vieux 4-pistes. C’est dire à quel point je vis avec mon temps haha. Je n’ai jamais eu de pc ou d’internet chez moi étant jeune, parce que ma mère n’en avait simplement pas les moyens, et je ne suis toujours pas équipé actuellement, je me débrouille juste depuis mon travail et ça me suffit largement. Concernant le LP c’est bien sûr une grande satisfaction et une marque de confiance de la part du label, nous avons opté pour une version limitée de 200 copies en LP noir et 100 en LP blanc, et le rendu du gatefold est magnifique. La version cassette vient de sortir en co-prod’ de 250 copies chez les Acteurs de l’Ombre et The Way of Force (qui avait sorti la cassette de « Nos Sombres Chapelles »).

13) Those Opposed Records en a aussi profité pour rééditer ta démo Laments en CD mais n'a en revanche pas touché aux deux premières demo que sont "The Eternal Sacrifice" et "Shades of Thy Beauty...", il y a une raison à cela ? C'est si mauvais que ça héhé ? 

Oui nous avons décidé de mettre sur un même CD « Laments » (2004) et « L’aube des trépassés » (2007), car il  y avait une certaine demande étant donné que « L’aube… » était sold out depuis quelques années, tout comme « Nos Sombres Chapelles » qui a été re-pressé pour l’occasion. « Laments » étant la démo qui précédait le mini-cd, et également celle la plus aboutie, il me paraissait logique de la remettre au goût du jour vu qu’à l’époque j’avais dû simplement en écouler une cinquantaine d’exemplaires sur cassette. Concernant les deux premières démos c’est un peu plus compliqué, je n’ai plus de copie de la première et les titres sont éparpillés sur différentes cassettes, et la deuxième présente par moments un son très dégradé. J’avais pensé à une réédition mais peut-être que finalement je ferai une sorte de compilation des premiers titres qui valent le coup. Disons qu’à l’époque je commençais tout juste à pratiquer les instruments, donc tu peux te douter que le rendu n’a rien à voir avec ce que je peux faire aujourd’hui, tant au niveau de l’exécution que de la composition. Ça reste marrant à écouter, avec certains passages qui pouvaient légèrement préfigurer de ce qu’allait devenir SÜHNOPFER par la suite.

 

 

 

14) Sauf erreur de ma part tu n'as jamais fait de concert avec SÜHNOPFER. Penses-tu le faire un jour ? 

C’est exact, même si je n’aurais pas de réel problème à trouver dans mon entourage des musiciens pour des live, je ne pense pas avoir suffisamment de temps pour organiser une telle chose. De plus je ne suis pas certain que les morceaux rendraient comme je le voudrais en concert, certaines parties étant harmonisées avec plus de 3 guitares…il faudrait également que je retrouve toutes les parties pour les apprendre aux musiciens de session, ce qui prendrait un temps fou, vu que je joue tout d’oreille et qu’une fois les morceaux enregistrés sur l’album, je ne les rejoue plus car je commence à composer d’autres choses.

15) Quels sont les plans à venir de ton côté ? Des compos sont déjà là ?

A l’heure actuelle j’ai 2-3 compos à arranger et quelques riffs à droite et à gauche, mais je préfère prendre mon temps pour être sûr du résultat, en espérant qu’un futur album puisse au moins égaler « Offertoire ». A part ça le nouvel album de PESTE NOIRE est quasiment bouclé, et nous espérons l’enregistrement du nouvel album d’AORLHAC prochainement. Enfin nous prévoyons une sortie en 33 tours de « Nos Sombres Chapelles » sur Those Opposed.

C’est la fin de cette interview, les derniers mots sont pour toi, merci encore d'avoir pris le temps de nous répondre et bonne continuation !

Merci à toi pour l’interview et la chronique, et j’espère qu’ « Offertoire » continuera à se propager tout au long de 2015 et que les curieux écouteront. A très bientôt !

https://www.facebook.com/SuhnopferOfficial

http://thoseopposedrecords.bandcamp.com/album/offertoire

http://www.thoseopposedrecords.com

Propos recueillis par Blaise pour Postchrist.