ZURIAAKE

Gu Yan

Gu Yan signe le retour de ZURIAAKE, devenu célèbre dans le milieu avant tout grâce à son concept très identitaire (et c’est tant mieux !). Huit ans après un premier album (à noter deux EP entre temps, dont le premier, très burzumesque, n’a guère d’intérêt, au contraire du second qui n’a pourtant rien d’exceptionnel), le trio chinois revient avec un nouvel album qui ne rompt pas avec les bases établies par le premier.

L’album s’affiche comme un album de Black Metal atmosphérique où l’attention sur les claviers est particulièrement soutenue, sans être bien travaillée sur le plan technique. Le trio chinois développe sa musique dans des morceaux de durée variée (de quatre à plus de vingt minutes), dans lesquels la construction musicale reste logique sans être trop fouillée. Quelques breaks, quelques rebondissements, un rythme généralement mid-tempo avec quelques pointes de vitesse, un jeu entre les voix claires et Black intéressant. Cela manque un peu de maîtrise générale, mais, surtout d’inspiration, car si le rendu n’est pas mauvais du tout, il n’y a aucune véritable mélodie directrice intéressante. Les bons passages sont finalement ponctuels (ex: introduction, mélodie centrale au clavier au milieu du quatrième et long morceau). C’est dommage !

Il manque toujours à mon sens dans la musique de ZURIAAKE un approfondissement de leur sujet : quand on veut mener à bien un groupe de Metal dont la musique est correctement imprégnée d’une identité culturelle particulière, il faut allier le Metal avec des ajouts folkloriques en osmose, sans oublier l’une ou l’autre partie, un peu comme le ferait un groupe comme ELUVEITIE ou SERVANS. Ainsi, la touche chinoise de ZURIAAKE m’a toujours paru trop effacée, trop secondaire, comme un petit plus distillé çà et là au lieu d’être clairement exploitée. Ainsi par exemple, quitte à utiliser des instruments chinois traditionnels, il faudrait leur donner une véritable place au sein de la musique. Peut-être en se tournant vers du Black Metal symphonique plutôt qu’atmosphérique ? En tout cas, il est certain que les ajouts marqués d’influence musicale chinoise devraient être omniprésents au sein des structures musicales, plutôt que d’intervenir lors des breaks comme c’est ici le cas.

Il existe plusieurs versions de la pochette de cet album et même si elles tournent toutes autour du même type de réalisation graphique et de thème, elles ne sont pas identiques. Dans tous les cas, et comme sur le premier album, le visuel est un point fort du groupe. Basé sur des estampes chinoises en noir et blanc, il offre des contrastes et une réalisation meilleure que sur l’album précédent, que ce soit la version originale de ce dernier ou sa récente réédition. Il manque un peu de travail graphique et le livret n’est que de huit pages, mais l’effet est évident et le concept clairement posé. L’ensemble (livret compris) est agréablement cartonné.

L’ambiance qui se dégage de cet album est hétérogène : de très bons passages, à l’image par exemple de l’introduction où les flûtes se mêlent intelligemment aux atmosphères des claviers et de la harpe, côtoient d’autres passages presque stériles. Le constat est donc le même que pour la musicalité: avec un investissement plus régulier tout au long de l’album, le résultat aurait pu être extraordinaire ! Ce deuxième album est donc dans la veine du premier, en certes un peu plus mature, mais qui peine un peu avec le rendu mélodique et l’approfondissement du concept. Du bon travail pourtant…


par Baalberith, le 17/12/2017

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

AFSKY - SorgONIRISM - The Well of StarsLOTH - ApocrypheLUMNOS - Ancient Shadows of SaturnSUNKEN - DepartureSADNESS - LeaveULG - WindarkRUNESPELL - Unhallowed Blood OathPURE WRATH - Ascetic EventideASTRAL PATH - An Oath to the VoidSOLBRUD - VemodSOLBRUD - Jaertegn

D'autres albums d'ambiance Orientale recommandés

DARKESTRAH - Embrace Of MemoryDARKESTRAH - EposDARKESTRAH - The Great Silk RoadDARKESTRAH - TuranCHTHONIC - Mirror of RetributionCHTHONIC - Takasago Army

Autres chroniques