WOODS OF INFINITY

Hejdå

Le mot le plus à même de résumer la musique de WOODS OF INFINITY serait "dérangeant". Pas dérangeant comme ces gimmicks sataniques que l'on connaît tous par cœur, répétés des dizaines de fois par des groupes de black metal plus génériques les uns que les autres, mais dérangeant comme un profond malaise qui vous touche en plein cœur. Le duo d'Umeå, composé de Melkor et de Ravenlord, fait partie de ces groupes de black metal qui arrivent encore à faire vaciller le black-metalleux le plus blasé.

Hejdå, second album de WOODS OF INFINITY, est un concentré d'ambiances malsaines, dérangeantes et totalement décalées. Des mélodies perverses et déviantes viennent perturber l'auditeur bercé par des rythmes répétitifs et hypnotiques. Les samples tous plus oppressants et sadiquement ironiques les uns que les autres sont autant de coups portés en plein cœur. La voix désabusée et évidemment dérangée de Ravenlord finiront d'achever le pauvre innocent qui aura daigné poser ses oreilles sur ce Hejdå. WOODS OF INFINITY fait partie de ces groupes originaux qui se foutent de tout canons et modèles, créent leur musique sans tenir compte des autres et arrivent à créer une ambiance unique. Le groupe flirte sur des thèmes extrêmes et provocateurs tels la pédophilie (comme en témoignent les photos du booklet représentant les deux comparses mimant l'acte sexuel sur une poupée), le viol et autres joyeusetés, tout en restant ironiques et évasifs (difficile de creuser sur ce point vu ma connaissance peu approfondie de la langue suédoise).

La musique de WOODS OF INFINITY se compose de riffs de guitare très éthérés, souvent très simples tant au niveau de la rythmique que des leads, accompagnée d'une basse toute aussi simpliste mais bien efficace, et d'une boîte à rythme mid-tempo et répétitive. La production et la réalisation, très raw et brouillonnes, sont le seul point un peu négatif de cet album, et elles pourront empêcher certains de se plonger dans l'univers du groupe ; il serait cependant bien dommage de rester sur une mauvaise impression à cause de celles ci. Le chanteur déclame ses textes d'une façon bien particulière, entre voix claire et voix black complètement hallucinée et unique.

Hejdå, sans être le meilleur opus de WOODS OF INFINITY, est tout de même un indispensable du groupe. Un black metal original, cru et malsain, doté d'une ironie implacable, qu'on retrouve par exemple dans la reprise du crooner américain Barry Manilow (« Old Songs »), qui ne laisse pas indifférent et provoque un malaise salvateur et jouissif.

par Jankowitch, le 15/08/2011

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