URFAUST

Einsiedler

Juste avant son troisième album, Der freiwillige Bettler, URFAUST sort en 2009 Einsiedler, un EP uniquement composé de deux pistes : "IX : Der Einslieder" et "Verderber". Ces deux pistes reprennent d'ailleurs les pseudonymes du duo hollandais, respectivement IX (chant, guitare) et VRDRBR (batterie).

"IX : Der Einslieder" (IX : le reclus en français), c'est d'abord un thème lancinant répété sur environ sept minutes (sur un total de 12), puis les cris désespérés poussés de manière récurrente, entêtante, et pourtant mélodique - et enfin un ambiance qui se prolonge jusqu'à la fin du morceau. 

Cette piste est pour moi une immense réussite : on se sent pris par cette mélodie qui peut paraître toute bête dès les premières mesures, et on se laisse entraîner par cette répétition, tout au long de ces longues minutes sans jamais ressentir d'ennui.  

Rarement il m'aura été donné de ressentir avec une telle force les émotions transmises par ce chant d'écorché ; chant clair crié, déchiré par des effets intermittents - échos, distorsion. Il s'agit là d'un modèle d'ambiance minimaliste.

Le thème répété décline vers sept minutes avec quelques envolées de clavier, à la limite de la note qui tombe à coté parfois, et on profite de la basse du même coup. La batterie, elle, est un modèle de répétition, carrément hypnotique. Les quatre prochaines minutes, jusqu'a la fin du morceau, ne seront qu'un prolongement délectable de cette ambiance, de ces claviers virevoltant un peu au hasard, de cette plainte cette fois passant plus par les claviers que par la voix.

Ce morceau est un diamant noir, un joyau, et son intérêt ne s'est pas effacé au cours des années d'écoute, il a toujours ce même effet déchirant, entêtant, magique. 

"Verderber", la deuxième piste, met au centre la guitare. On est toujours sur quelque chose de mid-tempo, qui démarre avec un son assez clair, étouffé, qui devient vite saturé, distordu, et rejoint par des cris suraigus à quelque distance de BURZUM. Là encore, on aura un thème qui viendra se répéter plusieurs fois, mais cette piste ne durant que 6 minutes, un break interviendra plus tôt . Cette piste est également excellente, mais moins que la première, et surtout d'une ambiance pas forcément totalement homogène avec la piste précédente - mais qui témoigne de la dualité, des deux faces de la même entité qu'est URFAUST

De la même façon que sur la première piste, le thème évolue et prend une respiration vers le milieu de la piste, mais on replonge par contre avec délectation dans le thème avant de terminer sur un final de guitares écorchées. 

Le sentiment général qui se dégage de l'EP est assez similaire à celui qu'on retrouve sur le premier album, Geist ist Teufel ; et plaira à priori à ceux qui ont apprécié cette première sortie ; et d'une manière plus générale à ceux qui ne sont pas allergiques à la répétition des thèmes. Avec ce genre de productions, en général ça passe ou ça casse. Soit vous êtes pris directement par la répétition, et vous pouvez en tirer un intense plaisir, soit cela vous hérisse le poil dès le début et cela devient une véritable purge à laquelle on finit par ne trouver aucun intérêt. 

A condition de réussir à rentrer dedans bien sûr, cette production est pour moi une véritable réussite, inspirée, évocatrice, et contagieuse. Il y a bon nombre d'albums que j'échangerais bien volontiers contre ces 18 minutes de musique ! 

Difficile cependant de mettre la note maximale à un EP d'une durée aussi courte, quelque soit sa qualité...

par obsoletedream, le 22/11/2016

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