URFAUST

Geist ist Teufel

Bien qu'existant depuis 2003, URFAUST n'a bénéficié jusqu'à aujourd'hui d'aucune chronique ici. Et c'est bien dommage ! Il était de mon devoir de réparer cet impair. 

URFAUST, donc, est un groupe hollandais qui a démarré comme un projet uniquement ambient du dénommé Vloekwaard (aussi connu sous les alias IX ou Willem). Le nom URFAUST est inspiré de Goethe : il s'agit du titre d'une version préliminaire à ce qui deviendra un de ses chef-d'oeuvres, Faust. Seule leur première production, une démo intitulée Urväterlicher Sagen, sera uniquement ambient et le groupe embrayera sur le black metal dès ce premier album, Geist ist Teufel, sorti en 2004. 

Le groupe officie dans un style atmosphérique, mid-tempo plutôt minimaliste, empreint de désespoir, et dont la caractéristique la plus particulière reste le chant, alterné entre un chant clair désabusé plutôt original et des cris déchirants. 

La première piste de cet album est une intro de 2'50, composée de synthés et de quelques grognements de la part du chanteur (IX), qui nous plonge dans une atmosphère sombre, voir occulte ou même un peu grotesque. La deuxième piste démarre et nous plonge au coeur du sujet : une voix hurlée très en avant dans le mixage, typée BURZUM, une ligne rythmique basse - batterie sous mixée et répétitive à souhait, des guitares grésillantes sans puissance, tout en tricotage répétitif, et surtout cette alternance caractéristique comme dit plus haut entre ces vocaux écorchés remplis de désillusions, et ce chant clair quelque peu déclamant, assez grave, s'étirant en fin de phrase pour nous exprimer toute sa déception. Pour peu qu'on soit sensible à ce style répétitif et mid-tempo, c'est assez efficace et on se prend d'envie de réécouter cette piste de multiples fois. 

Difficile cependant de ne pas éclater de rire au commencement de la troisième piste, qui détonne par son entrain, du type chanson à boire / folk / traditionnelle enjouée. C'est vraiment très surprenant de retrouver une piste pareil à ce stade là de l'album, et ça ne marche pas du tout. Piste à oublier donc, et au plus vite. La piste suivante, une des meilleures à mon avis, reprend les mêmes ingrédients que la deuxième et passe très bien également. Changement de rythme pour la 5ème piste, cette fois on a droit à de l'ambient uniquement composé de grasses nappes de clavier grave, sans batterie, mais avec cette voix claire qui déploie ses longues plaintes tout au long de la chanson. 

On a comme final droit à une outro de 15 (!) minutes, entièrement ambient, aux nappes de clavier graves, sombres aux relents de PAYSAGE D'HIVER. Et oui, la piste la plus longue de l'album... est l'outro (5 minutes de plus que la seconde plus longue chanson). Ne serait-ce pas du foutage de gueule par hasard ? Ca ne serait jamais que le deuxième de l'album après la piste enjouée collée là par hasard...

Une sortie qui présente de l'intérêt donc : la découverte du style qu'URFAUST développera au cours de ses prochaines productions. Passé la surprise de cette voix claire très originale, et pour peu qu'on ne soit pas allergique à la répétition, on se laisse porter et contaminer par le désespoir qui suinte de chacune des pistes.

Malheureusement on reste un peu décontenancé par cette troisième piste et cette outro inutilement allongée, mais la discographie conséquente du groupe permettra de nous rassasier pleinement de ces magnifiques hurlements de désolation.

par obsoletedream, le 04/10/2016

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