URFAUST

Der Freiwillige Bettler

Nous sommes en 2010, après une longue période parsemée de splits et d'EP, URFAUST nous revient avec un album complet cette fois-ci. Cet album est le premier sorti chez Van Records, label que nos deux compères d’URFAUST ne quitteront plus jusqu’à ce jour. 

Cet album reste un des plus mystérieux de la carrière d’URFAUST au niveau de l’ambiance. URFAUST ne change pas forcément du tout au tout à chaque sortie mais se renouvelle, change sa production, enlève quelques éléments, se concentre sur d’autres, afin de peindre sur plusieurs sorties un camaïeu de désolation, une ribambelle de nuances de désespoir.   

Moins ambient que Geist ist Teufel et plus minimaliste que Verräterischer, nichtswürdiger Geist, cet album nous propose tour à tour des hymnes répétitifs, des influences doom, de longues plaintes, mais aussi des envolées atmosphériques, un tempo plus soutenu ou encore quelques notes de clavier isolées. Tous ces éléments réunis avec talent s'enchaînent naturellement au long des pistes s'étirant de 4 à 8 minutes - et ce toujours avec un minimalisme assumé.  

La voix de Willem est toujours aussi efficace et centrale dans l'intérêt des pistes, qui se révèlent variées au point qu'aucune piste ne ressemble à la précédente ; cela pourrait être un défaut mais l'ambiance homogène qui se dégage de l'ensemble parvient à rendre le tout digeste. Les transitions sont parfois adoucies par des fin de morceau qui s'allongent et meurent doucement. 

Les temps forts sont nombreux, de l'hypnotique et lente "Die Freiwillige Bettler" à la clôture magistrale de l'album ("Der Zauberer") en passent par l'hymne minimal "Das Kind im Spiegel". 

D’inspiration résolument nietzschéenne (Der Freiwillige Bettler - le mendiant volontaire - est le titre d’un des chapitres d’Ainsi parlait Zarathustra), on découvre la thématique clochard / mendiant qu'URFAUST semble affectionner pour se définir (cf. la compilation Ritual Music For The True Clochard). Bon en même temps, faire du black et référencer Nietzsche ce n'est pas ce qu'il y a de plus surprenant.

Tout en restant intègre avec une production un peu dégueulasse, URFAUST réussit son pari en ayant abandonné les pistes ambiantes de Geist ist Teufel et les pistes classiques de Verräterischer, nichtswürdiger Geist pour ce concentrer sur leur black metal minimaliste. 

URFAUST réalise encore une fois un album de haute volée, sombre et mystérieux, mais ô combien réussi avec des pistes transcendantes, et une ambiance étirée tout au long de l’album. 


par obsoletedream, le 14/12/2016

D'autres albums de Black Metal minimaliste recommandés

SALE FREUX - Adieu, vat !BLACK FUNERAL - Belial ArisenURFAUST - EinsiedlerENBILULUGUGAL - Noizemongers for GoatserpentURFAUST - Trúbadóirí Ólta an DiabhailURFAUST - Verräterischer, nichtswürdiger Geist

D'autres albums d'ambiance Sombre recommandés

EMPEROR - Anthems To The Welkin At DuskEMPEROR - In The Nightside EclipseTAAKE - Nattestid Ser Porten VidOBTAINED ENSLAVEMENT - WitchcraftOBTAINED ENSLAVEMENT - SoulblightOBSIDIAN GATE - The Nightspectral VoyageSETH - Les Blessures de L'AmeSETH - By Fire, Power Shall Be...ARTHEMESIA - Deus-IratusDIMMU BORGIR - StormblastLORD BELIAL - Enter The Moonlight GateLUNAR AURORA - Ars Moriendi

Autres chroniques