THE RUINS OF BEVERAST

Foulest Semen Of A Sheltered Elite

En voila un groupe space. Rien chez THE RUINS OF BEVERAST ne me rappelle quoi que ce soit d'autre. Ce one-man band allemand, emmené par Alexander von Meilenwald sans aide de quiconque, a commencé à acquérir une certaine réputation avec le second album Rain Upon The Impure - imbuvable à mon goût de par son hermétisme poussé à l'extrême. Foulest Semen Of A Sheltered Elite est donc le troisième album de cette entité bizarroïde, sorti chez Ván records en 2009.

THE RUINS OF BEVERAST semble suivre au niveau du concept une trame biblique, ou en tout cas en rapport avec l'histoire du Nouveau ou de l'Ancien Testament - difficile de comprendre quoi que ce soit à ces paroles en anglais incompréhensibles pour le profane d'histoire que je suis, mais ça doit être quelque chose comme ça. Premier élément d'étonnement : c'est quoi ce thème ?? Un petit coup d'œil à la pochette, qui est une peinture magnifique semblant représenter un bateau (je pense à l'Arche de Noé, mais ne prenez pas mes mots pour l'Evangile...), avec un œil dans un triangle dans le ciel - représentation de Dieu j'imagine - entouré de... spermatozoïdes. 3 possibilités : soit Alexander von Meilenwald a une imagination débordante, soit c'est un féru d'histoire psychologico-transcendantale, soit il faut qu'il me donne l'adresse de son dealer.

Enfin passons sur ces détails triviaux. Mais ne vous rassurez pas pour autant. Ah, vous pensiez que la pochette et les paroles étaient les seuls éléments étranges chez THE RUINS OF BEVERAST ? Ah ah, mon pauvre ami...

Ben ouais, la musique est encore plus difficile à croire que le concept ou la pochette. Le premier morceau, « I Raised This Stone as a Ghastly Memorial », nous projette directement en terrain inconnu. Des chœurs inimaginables et jamais entendus, des riffs lancinants et répétitifs donnant dans une sorte de doom étrange, et enfin une lead transcendante aux consonances antiques et au son très typé. A peine le temps de se remettre le temps d'un break où la voix black fait son apparition - dans un registre chuchoté aux paroles très audible - que le riff d'après déboule, et ça devient de plus en plus étrange. On passe à quelque chose de plus malsain, tirant bien dans les graves, une ambiance noire au possible agrémentées de quelques notes au clavier parfaitement placées. Et la chanson continue dans ce registre pendant 10 minutes.

Si je me permets cette laborieuse définition si détaillée, c'est pour bien montrer la spécificité de Foulest Semen Of A Sheltered Elite. Le style de black pratiqué par THE RUINS OF BEVERAST est lancinant et répétitif - sans pour autant s'approcher de près ou de loin d'un DRUDKH ou GRAVELAND - et surtout très hermétique, malgré un sens certain de la mélodie et un son très clair. Et l'album dure... 80 minutes. Et 80 minutes comme ça, c'est vraiment dur à enquiller en entier. Subir des surprises, des étonnements, des ambiances ultra-bizarres et des rythmes qui font froncer les sourcils de ce type pendant tout ce temps n'est vraiment pas chose facile. Parce que même si le tempo monte parfois, pour nous servir des passages en blast-beat aux mélodies et aux consonances plus reconnaissables - le début de « God's Ensanguined Bestiaries » par exemple -, THE RUINS OF BEVERAST retombe toujours dans cette ambiance étrange qu'on découvre avec le premier titre. Les structures sont vraiment alambiquées, avec parfois des rythmiques étranges dont la bizarrerie n'apparaît qu'au bout de plusieurs dizaines de secondes du fait de l'excellente intégration dans les compositions. C'est sûr que le BM ne nous a pas habitué à des rythmiques différentes du 4/4... Rajoutez à cela un genre de son de timbale ou de tambour dégueulasse sur « The Restless Mills », qui reste sur une mesure de 4 temps alors que le morceau subit de nombreuses variations rythmiques - le résultat est vraiment atypique, imbuvable diront certains.

Personnellement, Foulest Semen Of A Sheltered Elite est un album que j'apprécie bien et qui comporte d'indéniables qualités. Il reste cependant très difficile d'accès, c'est une tâche ardue que de s'enchaîner l'album en entier, et mon appréciation en est forcément biaisée - mais c'est un disque qui est, je pense, bon de se procurer, car rarement un tel niveau de bizarrerie aura été atteinte dans du BM, et avec brio !

par Jankowitch, le 10/03/2011

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