TAAKE

Noregs Vaapen

Hoest est tout de même réglé comme une horloge ! Le leader de TAAKE sort effectivement des albums tous les 3 ans, sans faute, et ce depuis sa première sortie en 1999. Les forts en maths peuvent donc deviner qu’en 2011 c’est son cinquième album qui sort. Et il sort après un album de 2008 qui avait été décevant car bien en-dessous de ce que le groupe avait proposé dans le passé. Pourtant Hoest expliquait qu’il s’était séparé des autres membres pour enfin être libre de maîtriser totalement sa musique et ne pas avoir à subir les opinions des autres. Eh bah, on aurait préféré que ces « autres » continuent d’interférer. Enfin, cela n’avait pas été non plus catastrophique et les fans dont je fais partie sont restés fidèles à l’homme, persuadés que le prochain album renouerait avec talent.
Et à la première écoute de ce Noregs Vaapen, j’ai été partagé. Je l’avais écouté distraitement, et tout ce qui m’était resté en mémoire, c’était ce que tout le monde avait critiqué ici et là : l’apparition de banjo. Et là, je voudrais préciser quelque chose ! Ce banjo n’apparaît pas tout du long, seulement sur un seul titre et sur sa moitié en plus ! Commenter cet album en le limitant à cet élément, c’est mentir sur son contenu. 

Je ne suis pas passé tout de suite à la deuxième écoute par contre. J’ai préféré me replonger dans les albums précédents, et me demander ce que j’attendais de TAAKE. Et j’ai tiré quelques conclusions sur ce qui faisait que j’aimais le groupe. Il fallait qu’il y ait :
① Du black rapide mais entraînant
② Des surprises musicales, l’oreille qui se redresse
③ Des vocaux qui tentent des effets originaux et qui ne reste pas monocorde.

J’ai sorti le casque pour être dans les meilleures conditions possibles d’écoute en pensant à ces trois points. Et tout de suite, je les ai trouvé ! Et en plus, c’est sacrément efficace à plusieurs reprises. D’abord le premier morceau est superbe. Il propose exactement ce qu’on réclame du groupe avec des riffs venus d’ailleurs qui font bouger la tête. Très bon début ! Et lourde chute ! Pourquoi avoir placé en deuxième position le morceau le moins intéressant ?! « Orkan » propose un long final instrumental injustifié de plus de 3 minutes. La concentration s’effiloche vite et on pense à chaque fois à autre chose. Impossible de rester concentré sur ce titre. Il a un super pouvoir ennuyeux : nous faire penser à ce qu’on va manger demain ou à aller redonner à manger à notre poisson rouge. C’est d’autan plus dommage que le titre suivant débute sur 4 minutes peu intéressantes, très ronrons. Mais alors, il se transforme à deux minutes de la fin et fait place à une excitation sans borne. Quel dommage que le début soit si peu attractif ! 

Ensuite « Du Ville Ville Vestland » remonte bien la barre. Entre un début entraînant et un break instrumental bien plus charismatique et efficace que celui cité plus haut, on a de quoi se satisfaire. Sur ses 6 minutes il y a bien un petit passage à vide mais bon, on ne peut pas se prendre une baffe à chaque minute ! C’était déjà le cas sur les anciens albums, non ? C’est ce que j’ai ressenti lors des réécoutes, et me faisait justement la réflexion que notre mémoire a tendance à garder les meilleurs passages pour occulter les couplets moins intéressants.
Le cinquième morceau est celui au banjo. Ah ça ! Tout le monde se souviendra de son apparition à 3.21 de « Myr ». Impossible la première fois de ne pas se dire « WTF ? » ou « Qu’est-ce que c’est que ce binz ? » selon votre génération. Mais si ça choque de premier abord, finalement on envient rapidement à apprécier ce passage.
Le titre suivant est plus sage, mais ça c’est normal... après le banjo même un homme orchestre semblerait sage ! On y trouve pourtant de la mandoline, mais elle se mélange plus naturellement à la musique et c’est pour cela qu’elle ne choque absolument pas, au contraire ! Le titre est l’un des meilleurs.

Le dernier par contre est bien plus rentre dedans. Energique, il clôt efficacement l’album. Il lui manque peut-être de l’originalité mais bon, on en a mangé bien dans la gueule un peu plus tôt, de l’originalité !
Alors au final, on retrouve presque tout ce qui fait de TAAKE le groupe populaire apprécié et reconnu. Même au niveau des vocaux il y a un effort qui est fourni avec la participation de Nocturno Culto, Attila, Demonaz et Bjornar Nilsen (VULTURE INDUSTRIES). On peut être sévère envers cet album si on est devenu exigeant, et ce serait finalement une réaction normale vis à vis d’un groupe qui nous a marqué à une période précise de notre évolution musicale. Il se peut que nous ayons trop idéalisé les anciens albums de TAAKE, qui restent des brûlots des années 2000.

En tout cas c’est certain que cet album est plus proche de ce qu’on attend de TAAKE que l’album précédent. Il n’est pas parfait ni constant mais mérite amplement d’être dans une collection car quand il est bon, il est excellent !

par Sakrifiss, le 20/12/2011

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