SOLSTAFIR

Köld

Avant de signer chez la major française Season of Mist et de faire un Metal avant-gardiste et progressif très accessible, SOLSTAFIR faisait du Black Metal. Né en 1995, le groupe a en effet officié dans un Black Metal à la fois personnel, élaboré et cru, jusqu'à ce Köld qui, en 2009, représente (en tout cas à ce jour) la dernière aventure du groupe islandais en terre blackiste. Il s'agit également de leur meilleure production, car les deux précédents opi sont d'un niveau bien inférieur...

Concrètement, la musique de cet album n'a rien de facile et de télescopée. Elle est au contraire fouillée et dotée de structures musicales élaborées, le tout sur plus de 70 minutes. Rarement Black, la voix principale est plutôt criarde et claire, mais correspond bien à ce que veut produire le groupe qui est ici dans sa phase de transition musicale entre l'ancienne période Black Metal et la nouvelle. Cela se ressent inévitablement dans le rendu. Ainsi, d'influences atmosphériques et un brin avant-gardiste à d'autres bien plus franchement Metal, c'est une musique plutôt progressive teintée d'un rythme soutenu mais pas rapide, qui s'élabore progressivement mais sûrement. Les contrastes sont au cœur de l'ensemble, en tout cas sont vraiment privilégiés, avec de nombreux breaks et des passages très calmes, comme d'autres plus « bourrins ». Chaque instrument a sa place, les claviers comme les guitares et la basse, et s'expriment tour à tour de manière plus imposante quand il le faut. Mais aucune surenchère. Le résultat est intéressant, très intéressant même, et s'il n'existe pas de grands morceaux et de passages d'une beauté exemplaire, l'ensemble est agréable et parfois prenant.

SOLSTAFIR est islandais, c'eût été bien dommage qu'il traite des palmiers et des plages de sable fin ! Non, comme en témoigne le nom de cet album que je ne vous ferai pas l'injure de traduire, ce sont bien les terres gelées d'Islande, si vous me passez la redondance sémantique, qui sont à l'honneur ici, mais dans une dimension éminemment plus psychologique que réellement géographique (hommage à Monumension d'ENSLAVED ?). Le résultat est bien réussi, pour qui sait se prendre au jeu, alors que le résultat graphique est plus pauvre. En effet, hormis la pochette explicite et bien fichue dans sa simplicité, le livret ne présente pas de grand intérêt et le posing est très limite...

Aux frontières du Black Metal, SOLSTAFIR nous offre ici son meilleur album à ce jour (2013), empli de subtilités et d'ambiances, tout en étant bien travaillé. Un plaisir qui manque cependant de véritables mélodies prenantes.

par Baalberith, le 12/12/2013

D'autres albums de Black Metal progressif recommandés

THE RUINS OF BEVERAST - Unlock The ShrineNOKTURNAL MORTUM - The Voice of SteelENSLAVED - RIITIIRTWILIGHT (USA) - Monument to Time EndARS MORIENDI - L'Oppression du RienFARSOT. - IIIITHE WOLVES OF AVALON - Carrion Crows Over Camlan

D'autres albums d'ambiance Cosmique recommandés

LANTLOS - LantlôsBLOOD OF KINGU - Sun in the House of the ScorpionARCKANUM - HelvítismyrkrGRIEVANCE - The Phantom NovelsLEVIATHAN (USA) - True Traitor, True WhoreENTARTUNG - KrypteiaDER WEG EINER FREIHEIT - UnstilleELDRIG - UrlagarneCOSMIC CHURCH - YlistysBLÅKULLA  - Darkened by an Occult WisdomHARAKIRI FOR THE SKY - AokigaharaBLUT AUS NORD - Memoria Vetusta III: Saturnian Poetry

Autres chroniques