SO HIDEOUS, MY LOVE...

Laurestine

SO HIDEOUS…, c’est l’histoire d’un quatuor new-yorkais réuni depuis 2010, qui enchaîne régulièrement depuis, des produits tout à fait honorables. Ayant débuté sous le nom de SO HIDEOUS, MY LOVE pour la réalisation de ses deux premières démos au début des années 2010, le groupe a raccourci son nom lors de la sortie de son premier album en 2013. Peu importe, car au demeurant leur musique n’a pas vraiment changé…

Celle-ci est à la fois symphonique, shoegaze, post-Black, bref, encore une fois avant-gardiste. Durant un peu plus de quarante minutes, le groupe développe une musique assez personnelle, agrémentée de musiciens d’orchestre, comme ce fut le cas pour le précédent album. Les morceaux ne s’attardent pas comme on aurait pu le penser sur de longs morceaux, mais développent en profondeur leur musique. Le travail est ainsi au rendez-vous, avec de bons breaks et des instrumentales maîtrisées où la symphonie côtoie à chaque fois les parties métalliques. Quel résultat ? Et bien, comme toujours, il y a du bon et du mauvais. Certes, il y a de la puissance dans cette musique, une bonne dose également de subtilité, accentuée par les ajouts symphoniques. La voix de Christopher Cruz est puissante, haineuse, fort agréable au demeurant s’il n’avait pas tendance à hacher un peu trop systématiquement ses lignes de chant en fin de « cycle » pour pousser le ton, là où George Clarke (chanteur de DEAFHEAVEN avec qui SO HIDEOUS… a d’ailleurs quelques similitudes stylistiques) fait mieux et sans cet effet. Le résultat est donc trop poussif, trop surfait, pas assez limpide. De la même manière, la musique offre de bons passages, inspirés (ex : 2e partie des premier et deuxième morceaux), surtout peut-être dans les parties purement symphoniques (cf. 4e morceau), mais s’enferme également dans des longueurs assez éreintantes qui font que l’on attend parfois la fin du morceau pour souffler (ex : deuxième moitié du derniermorceau). Il manque ainsi d’une symbiose entre les parties musicales, d’une homogénéisation générale de cette complexité formelle. C’est un peu dommage ce manque de fluidité structurelle pour des musiciens qui ont le potentiel qu’il faut pour faire quelque chose de très bien. Le rendu, bien que variable, reste cependant de qualité pour ceux qui aiment ce style (comme moi), mais on se doit de regretter un manque de finition.

Visuellement, le groupe n’a jamais brillé, à l’instar encore une fois de DEAFHEAVEN. On a le droit à un simple digipack en triptyque, qui plus est, est inversé (avec la pochette de l’album sous le dessous de CD ! Merci Candlelight), dans un ensemble blanc-violet qui passe moyennement. Le concept est comme à chaque fois assez vague : un peu ésotérique, un peu romantique ; j’y décèle personnellement une mélancolie qui est bien rendue dans l’ambiance. C’est déjà ça.

Encore un album intéressant et de qualité bien que perfectible. Il manque peu à ce groupe pour être un très bon groupe, c’est dommage !

par Baalberith, le 24/01/2016

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