SIGH

In Somniphobia

 2 ans après un Scenes From Hell qui m'aura plus que convaincu, SIGH revient avec un album qui en est une suite logique. La musique bien entendu, mais également la pochette avec ses couleurs et ses détails qui ressemblent au précédent effort.

 Et la patte personnelle des Japonais, ce sont des titres complètement hallucinés, mais millimétrés au poil de cul près. Les genres s'y entremêlent, se croisent, jouent ensemble constamment et empêchent toute classification précise. Les instruments sont encore une fois innombrables et les claviers et samples toujours aussi imprévisibles. Les vocaux quant à eux restent heureusement dans les graves et ont évité de revenir aux horreurs de Gallows Gallery. Le label de ce dernier est par contre revenu, lui : c'est Candlelight qui s'y colle après quelques infidélités.

 Une fois n'est pas coutume, voyons ce que donne In Somniphobia titre par titre.

« Purgatorium » nous entraine directement dans le monde du groupe avec des riffs heavy qui pètent dès le début, et de l'agressivité dans les vocaux. Il propose beaucoup d'ambiances symphoniques avec des renvois à MOI DIX MOIS (2.30) et sa musique de chambre qui fait peur à beaucoup. Ce n'est pas le meilleur titre de l'album, mais une entrée en matière réussie.

« The Transfiguration Fear » est quant à lui l'un des plus marquants, surtout pour ses chœurs introductifs, ses riffs, ses sons ambiance Captain Flam mais aussi et surtout pour son excellent solo au saxo (2.30). Le final western spaghetti fait aussi son petit effet.

« Opening Theme : Lucid Nightmare » est un intermède court qui ne sert pas à grand chose si ce n'est introduire des vocaux de Metatron, le vocaliste de THE MEADS OF ASPHODEL. Les compères n'arrivent pas à se passer l'un de l'autre apparemment puisque ce n'est pas leur première collaboration.

« Somniphobia » fait du pied au vieux SIGH avec une composition à la Scorn Defeat qui aurait subi un lifting pour gagner des ambiances arabisantes par-ci, angoissantes par là.

« L'excommunication à Minuit » a encore un titre en français après « L'Art de Mourir » de l'album précédent. Il lorgne vers des ambiances jazzy mêlées à un rythme d'aliéné. Les images qui viennent à l'esprit ? Les courses poursuites de Strarsky et Hutch ! Le coin-coin de canard en fond, qu'on entend en tendant l'oreille, est encore un de ces éléments que seul SIGH peut utiliser sans devenir ridicule.

« Amnesia » aussi est très jazz avec son saxo, mais plus space. Les sons y sont variés et on trouve quelques vocaux plus clairs utilisés en fond. A la 4ème minute, on a un solo Claptonien enchainé par un autre au piano. Ça coule de source et on applaudit la maitrise de composition !

« Far Beneath the In-Between » commence par de l'arabisant, enchaine par de la musique de cirque, et poursuit avec des parties plus sombres aux vocaux déchirés pour terminer sur des notes mélancoliques. Le genre de morceaux le plus détesté par les détracteurs du groupe, c'est tellement représentatif de son univers constamment changeant.

« Amongst the Phantoms » : Le morceau le plus long avec plus de 9mn. Participation encore de Metatron. Les points marquants sont des cuivres sur le début, le retour du western sur la suite et le final à l'accordéon. Le mélodie est mise en avant sur ce titre qui prouve que SIGH n'est pas un groupe qui fait compliqué, mais qui fait chargé. Nuance !

 « Ending Theme : Continuum » est un intermède ambient qui n'est pas vraiment le ending de l'album puisqu'on retrouve deux titres après, l'un où un piano joue à cache-cache avec des parties agressives death, et un dernier aussi porté sur les changements de rythme et contenant des passages musiques de chambre qui font écho au tout premier morceau.

 Bref, richesse, richesse et richesse, mais rien d'inaccessible. Il suffit d'accrocher pour devenir fan, comme toujours avec SIGH. On peut tout de même trouver l'album longuet de prime abord puisqu'il fait 64mn ! Carrément 3 titres et 20mn de plus que Scenes From Hell ! La première écoute est donc éprouvante et les découvertes se font au fur et à mesure. Les titres deviennent familiers et certains donnent vraiment envie d'être réécoutés. C'est cependant un peu trop dans la lignée du précédent pour être aussi marquant.

Ah, et pour ceux qui s'inquiétaient, le réveil matin est bien là, vous le trouverez à la 6ème minute de « Far Beneath the In-Between »

par Sakrifiss, le 05/04/2012

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