SIGH

Hail Horror Hail

"Warning: this album is way beyond the conceived notion of how metal, or music, should be. In essence it is a movie without pictures; a celluloid phantasmagoria." Cet avertissement, que l'on peut trouver sur la backcover de Hail Horror Hail, le troisième album de SIGH, annonce la couleur. Après l'énorme second album Infidel Art et le bon EP Ghastly Funeral Theatre, SIGH se tournerait vers quelque chose d'encore plus psychédélique et étrange... C'est possible me demanderez-vous ?

Eh bien oui. Avec Hail Horror Hail, le groupe nippon se tourne encore plus vers la bizarrerie et ne cesse d'étonner. Le ton, bien que toujours très reconnaissable, est nettement plus déstructuré, à la limite de la musique bruitiste à quelques endroits.

Pourtant, la première chanson, donnant son titre à l'album, aurait vite fait de nous tromper. « Hail Horror Hail » est en fait un hymne de heavy metal d'une extrême qualité. Shinichi assène des riffs ultra-efficaces qui donnerait même envie de se bouger au pépé de la maison de retraite d'à côté (sûrement pour appuyer sur le bouton « off », mais bon on va pas chipoter), le tout sur un simple rythme binaire dans la tradition. Il y rajoute pour notre plaisir des solos very'eavy géniaux, au feeling incroyable. Mais bizarrement, les sonorités font difficilement oublier que c'est à SIGH qu'on a à faire, et les intermèdes psyché sur la fin de la chanson sont bien là pour nous le rappeler.

Mais « Hail Horror Hail » est bien l'exception qui confirme la règle sur cet album. Malheureusement ? Pas vraiment, car difficile d'imaginer SIGH faisant du simple heavy pendant un album entier ! Et dès « 42 49 », le vrai visage de ce troisième opus fait son apparition. On retrouve donc les riffs black mid-tempo influencés par la première vague déjà présents sur Infidel Art et Scorn Defeat. L'ambiance est très sombre, et les éléments psychédéliques et barrés sont de plus en plus présents et envahissants. En effet, Mirai, sur Infidel Art, plaçait judicieusement des notes de flûte, de piano ou de violon au synthé sur la plupart des chansons, rajoutant une dose d'ambiance mystique à la musique de SIGH ; ici, quand le clavier est présent, il prend toute la place. A la manière d'un orchestre plutôt que d'un musicien seul, Mirai n'a de cesse de faire intervenir des sections de cordes, de cuivres ou d'instruments que je ne saurais nommer dans chaque chanson. J'ai un peu de mal à me retrouver dans ces délires parfois à la limite du noise, et l'ambiance en est parfois un peu sacrifiée. SIGH se permet même de couper les chansons pour des passages bruitistes n'ayant vraiment rien à voir, à l'image de l'horrifique « 12 Souls » - moins réussie que les dévastatrices « Desolation » et « Black Curse », respectivement issues de Infidel Art et Scenario IV : Dread Dreams. Heureusement, ces défauts sont surtout présents sur les deux chansons « 42 49 » et « 12 Souls », et le ton s'améliore avec l'interlude pianistique « Burial », morceau aux bonne influences classiques comme sait si bien le faire Mirai.

La chanson la plus réussie de l'album est certainement « The Dead Sing », qui trouve le juste milieu entre bruitisme énervant et black basique : les riffs sont très réussis, et les passages psychés sont réellement transcendants, avec notamment un genre d'intermède jazz du plus bel effet et complètement décalé, et également un clavier Hammond au feeling génial finement placé sur un riff bien heavy, un peu à la manière de ce que fera le groupe plus tard sur Imaginary Sonicscape.  « Invitation To Die » est le petit OVNI de l'album, une réelle perle psychédélique à l'allure très dansante, encore une contradiction délicieuse made in SIGH.  « Curse of Izanagi » est le morceau énergique de l'album, digne successeur de « Suicidogenic », comblée par des interruptions barrées très réussie et des orchestrations géniales.

Hail Horror Hail est donc un album assez difficile à encaisser à cause de certaines chansons vraiment trop bizarres, laissant la place à quelque chose d'assez bruitiste, mais qui se révèle en fait vraiment appréciable et même excellent passés ces quelques défauts - au final aussi indispensable que le précédent et les deux suivants !

par Jankowitch, le 14/03/2011

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