SAOR

Aura

ASKIVAL, ARSAIDH, maintenant SAOR, Andy Marshall n'a cessé de changer de nom avec un projet musical finalement toujours à peu près le même. Ainsi, si on sait que le 2e changement de nom a été motivé par une certaine difficulté de prononciation et de compréhension (quand on voit le nombre de groupes d'Europe de l'Est ou de Russie avec un nom souvent incompréhensible pour nous autres Occidentaux, quand ils ne sont pas tout simplement laissés en alphabet cyrillique — et je ne parle même pas des cas asiatiques comparables  on se demande vraiment si l'argument est justifié), on cherche par contre encore à comprendre le 1er changement. Bref, vous l'aurez compris, ceux qui ont aimé l'un ou l'autre, ont de fortes chances d'aimer les trois...

Donc, les ingrédients d'Aura n'ont rien de bien original. On retrouve encore une fois une longueur générale intéressante, soit pas loin de 57 minutes, répartie en peu de morceaux (ici 5). Il ne faut pas s'appeler Leibniz pour savoir que les morceaux sont longs et prennent leur temps pour se développer. Et en effet, dès le premier d'entre eux, on reconnaît la touche de Marshall : une atmosphère bien posée, de la flûte (jamais agaçante, ce qui est suffisamment rare pour être noté !), des guitares et quelques ajouts d'instruments folk traditionnels. On note même la présence de quelques influences post-rock sur le dernier morceau. Le tout est joué avec de la maîtrise et de la suite dans les idées, accompagné par quelques voix claires immersives. La symbiose est bonne et développe une musique plutôt suave et mélancolique, un brin lancinante par moments, sur un rythme évidemment posé. Les structures sont fouillées sans être trop complexes, mais l'homme-orchestre sait bien utiliser la longueur sans jamais s'enfoncer dans la routine et la répétition. Côté inspiration, pas de réelle déception dans l'ensemble, même si l'on est en-dessous des deux premiers albums. Disons que l'on sent régulièrement quelques mélodies qui pourraient se transformer en de grands moments, mais elles avortent trop tôt. C'est un peu rageant, mais cela n'empêche pas la grande qualité des compositions. Reste le petit défaut de Marshall : la voix Black. Trop grave, un peu éraillée sans que ce soit ici nécessaire, elle ne dénature pas la musique mais ne la soutient absolument pas.

Côté visuel, cet album de SAOR est dans un sens un peu l'inverse de celui d'ASKIVAL : alors qu'en 2009 la pochette était bien pourrie mais le livret de qualité, cette fois-ci la pochette est de belle qualité, mais le livret est bâclé. En effet, pas grand-chose à redire sur la pochette, qui met agréablement en avant le concept Nature et identitaire de l'écossais, mais le livret consiste en un simple petit dépliant de 3 faces. Les monts brumeux ainsi dévoilés sont bien jolis, mais cela reste globalement assez limite comme travail et comme contenu. Quoi qu'il en soit, l'ambiance générale est bien menée et tout à fait agréable, ce qui reste le principal.

Un très bon album, encore une fois. Il se classe peut-être en-dessous du reste, mais constitue une excellente écoute, indispensable pour les fans du style.

par Baalberith, le 04/11/2014

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

ANTLERS - Beneath.Below.BeholdVIOLET COLD - Sommermorgen (Pt. I to III)DRUDKH - They Often See Dreams About the SpringAFSKY - SorgONIRISM - The Well of StarsLOTH - ApocrypheLUMNOS - Ancient Shadows of SaturnSUNKEN - DepartureSUMMONING - With Doom We Come SADNESS - LeaveZAKLON - Viatry Karacunavaj nocyULG - Windark

D'autres albums d'ambiance Nature recommandés

ANTLERS - Beneath.Below.BeholdBORKR - AmberDRUDKH - Autumn AuroraULVEGR - ArctogaiaAGALLOCH - The MantleNORDWIND - Nordwind / Walk to the WoodsALDA - :Tahoma:FIRN - Edge of Another WorldVALLENDUSK - VallenduskWINTERFYLLETH - The Threnody of TriumphGALLOWBRAID - Ashen EidolonWOLVES IN THE THRONE ROOM - Two Hunters

Autres chroniques