SALE FREUX

Vindilis

L’évolution musicale de SALE FREUX est intéressante à plusieurs titres, et le recul des années permet de mieux cerner sa véritable identité. Que ce soit clair : si le projet n’a jamais été votre tasse de thé, ça ne sert à rien de tenter l’aventure ici. En revanche, les personnes sensibles aux dernières réalisations seront une nouvelle fois marquées au fer rouge, car c’est l’essence même de SALE FREUX qui s’exprime sur cet album.

La forme intrigue déjà : 5 titres, avec exactement la même durée : 11 minutes 11. La signification m’échappe, mais il doit y en avoir une (la symbolique du "1" peut-être, l’unité ?). Toujours est-il que cet album est beaucoup plus homogène que son prédécesseur, plus uni, cela ferait donc sens. J’ai envie de dire qu’il est équilibré, mais ce n’est pas un terme qui corresponde très bien aux compositions de Dunkel. En effet, on retrouve cette sensibilité à fleur de peau, avec ces élans déchirés typiques, ces mélodies glacées, presque mortes, ces hurlements marquants, cette rythmique faiblarde, quasi secondaire. Bref, une fois encore, du grand art. 

J’apprécie de plus en plus chez SALE FREUX son attachement à une forme de minimalisme, de simplicité, très marqué sur Vindilis car les motifs musicaux semblent se répéter plus qu’à l’accoutumé. Cela incite non seulement à la contemplation, au retrait — choses essentielles à notre époque où tout va vite, où tout est superficiel — mais cela ouvre aussi sur un panel d’émotions assez vaste, en opposition presque à la simplicité apparente. Mais les auditeurs affirmés savent que c’est dans le Moins que l’on trouve le Plus…

Comme précédemment, des samples de nature bretonne parsèment l’album, ils parlerons à d’autres car je reste toujours de marbre à leur écoute, mais ils forgent une véritable identité au projet. Rien ne sonne factice ici, c’est sincère, c’est vrai, ça sort de l’âme, des tripes, c’est beau. C’est juste beau.

Sur l’objet, France D’Oïl a fait encore une fois un très bel effort, livret 24 pages superbement illustré par des photos en double page de divers endroits de la Bretagne, près de Belle-île-en-Mer (qui a pour ancien nom Vindilis, évidemment). Il n’y en a pas beaucoup des labels qui font de tels efforts pour peaufiner leurs sorties dans les moindres détails.

Certes, l’album n’est pas aussi traumatisant que le précédent, il ne mérite peut-être pas autant d’éloges que Adieu, Vat!. Ce dernier est plus homogène, moins houleux, mais il demeure malgré tout un essentiel de la discographie de son géniteur. SALE FREUX trace à chaque sortie un peu plus sa voie, si singulière dans le paysage BM français, et l’on ne peut que s’en réjouir. 

par Blaise, le 22/04/2017

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