SALE FREUX

Adieu, vat !

Cet album n’est pas fait pour plaire. Cet album n’est pas fait pour sonner « BM français », « terroir » et autres conneries du genre. Cet album n’est pas fait pour rendre hommage à une scène en particulier. Cet album n’est pas « dépressif », ni « raw » ni quoi que ce soit.

Il est à l’image de Dunkel, c’est tout. 

Qu’il me plaise, c’est juste un hasard. 

Vous pouvez donc arrêter la lecture ici, le reste n'a pas d'importance.

Ayant un intérêt tout particulier pour Subterraneus, démo qui m’a fait découvrir le projet et m’a mis dans un état de transe indescriptible, j’ai compris avec le temps que ce n’était qu’un one-shot, inscrit dans un temps précis, une époque précise, et que Dunkel n’avait nullement l’intention de perdurer dans cette direction, à mon grand regret. J’ai ensuite accueilli L’Exil avec une certaine déception, même si le temps me le fait apprécier à sa juste valeur, et Crèvecoeur ne suscite chez moi qu’indifférence et ennui, encore aujourd’hui. Tout ça pour dire que son successeur ne partait pas pour me plaire, et que je pensais avoir fait le tour du projet. Grossière erreur ! Ce nouvel album m’a progressivement interloqué, troublé, fasciné et enfin subjugué. C’est un album qui s’adresse au moi profond de chacun. Aimez-le ou détestez-le, mais l’entre-deux risque d’être hautement improbable. 

la gouaille de Dunkel forge toujours aussi bien l’identité du groupe, avec un style que l’on reconnaitrait entre mille. Les riffs sont toujours aussi déglingués, la rythmique toujours aussi rudimentaire, de quoi éloigner ceux qui ne viendraient ici que pour la qualité musicale. Là où l’album fascine, c’est surtout pour son approche quasi voyeuriste sur la plupart des titres, on a vraiment l’impression de rentrer dans l’intimité de Dunkel, bien plus qu’avec ses autres albums, et ce dès le premier titre. Le second, « Elle a violé mes rêves », est presque trop explicite à ce jeu-là, mais rend véritablement compte des tourments éprouvés par le bonhomme, que l’on partage tous à plus ou moins haut degré. Les plus grandes joies et les plus grandes peines d’un homme sont en effet rarement dues à autre chose qu’une femme. Tous les beaux discours autour ne sont souvent que du camouflage, Dunkel a la franchise de ne rien nous cacher. A ce titre, un morceau comme « Idylle » est terriblement touchant par sa sensibilité à fleur de peau, un sommet de l’album à mon sens. 

Mais tout l’album ne tourne pas autour de cela, il prend une tournure plus large, Dunkel rend également hommage à sa terre natale — je suppose —, les sample de Nature en référence au territoire breton sont légions. C’est d’ailleurs le seul bémol me concernant, car ce n’est pas du tout ma culture et cela me laisse donc plutôt de marbre. Avis très personnel j’en conviens, car aucun doute que d’autres y verrons un argument supplémentaire pour apprécier. Cet album, c’est encore son auteur qui en parle le mieux dans le livret : « […] cet album démesuré et déraisonnable, bancal, incertain, audacieux, aussi intempestif qu’opportun, vague, inégal, alambiqué, grotesque, spontané, aussi désagréable qu’incisif, érotique, d’instincts salvateurs, intime, vieillot, d’une précision cryptée, incompris surtout de toi-même [...] ». Une chose est certaine, la scène française sans SALE FREUX manquerait cruellement de saveur et, osons le mot, d'authenticité.

par Blaise, le 11/05/2016

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