RUNESPELL

Unhallowed Blood Oath

Au départ, RUNESPELL n’était qu’une rumeur, un souffle, un extrait sonore anonyme sur le site d’Iron Bonehead. Seuls les plus braves avaient su identifier rapidement le géniteur derrière le projet, tant la façon de faire de Nightwolf (ETERNUM, BLOOD STRONGHOLD) est reconnaissable entre mille. L’anonymat n’a donc duré qu’un court moment, les revers du monde moderne à l’heure d’internet sans aucun doute. Cette discrétion fait pourtant partie intégrante de la démarche de l’artiste - rappelons que THE WANDERER… est toujours un projet anonyme, à bon entendeur - et nous verrons qu’elle s’illustre modestement ici, par une reprise d'un groupe connu.

Si vous êtes familiers avec les projets passés de Nightwolf, vous ne serez pas surpris, la recette ne bouge pas d’un iota. La démo sortie en milieu d’année annonçait déjà du haut de gamme, et (presque) sans surprise, l’album la surpasse sans problème. On est dans du grand, du beau, le genre qui s’adresse à l’élite, aux oreilles cinq étoiles seules à même d'en profiter pleinement. Ceci dit, les compositions semblent s’éloigner de BLOOD STRONGHOLD pour se rapprocher de celles de (feu ?) ETERNUM. Plus précisément, du grandiose Veil of Ancient Darkness, dont j’ai déjà vanté les mérites ici il y a quelques années. On retrouve en effet cette intensité, cette noirceur, cette aura hostile et sombre très présente sur le premier album d’ETERNUM et qui semblait avoir abandonné Nighwolf par la suite.

En plus d’un retour à quelque chose de plus sombre, RUNESPELL sait de nouveau aérer ses compositions, par des interludes bien dosées (pas comme sur The Devouring Descent par exemple) mais aussi par des débuts de titres souvent apaisés. Il est presque inutile de le préciser, mais les parties épiques sont à couper le souffle. Tout le talent de composition  de son auteur s’entend lors de ces montées en puissance terribles, le titre d’ouverture en est une magnifique illustration, mais je reste également secoué par "White Death's Wings" ou "All Thrones Perish". Un seul regret ? Le traitement de la batterie peut-être, qui aurait profité de plus de relief, mais c’est un détail.

Venons-en à cette sublime reprise, "Heaven In Blood" de Vous-savez-qui. Elle est plus lente et plus sombre que l’original, mais ô combien jouissive ! C’est simple, on dirait presque du BATHORY de la grande période ! Je tairai le nom du groupe original pour deux raisons, déjà pour respecter la volonté de discrétion de l’auteur (ce n’est écrit nulle part dans le livret), mais aussi pour le plaisir d’identifier les incultes de la scène, qui ne la remarqueront même pas, alors qu'elle reste facilement identifiable pour quiconque a un minimum de culture musicale et de bon goût.

Faisons court : Nighwolf domine la scène, même si ça ne saute pas encore aux oreilles de tout le monde. Sa musique résonnera encore dans 10 ans, dans 100 ans, dans 1000 ans, lorsque toutes les modes se seront éteintes, toutes les querelles de clocher seront terminées, lorsque les imposteurs et les opportunistes auront changé de terrain de jeu. Seul résonnera encore l’authenticité et la pureté de sa musique. 

Intemporel. Eternel.

Hails Nightwolf !


par Blaise, le 08/11/2017

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