PSYCHONAUT 4

Dipsomania

Nouveau venu sur la scène Black, le groupe géorgien PSYCHONAUT 4 sort ici son deuxième album, après quelques splits et un premier album en 2012 plutôt très intéressant. Ce deuxième opus l’est en tout cas moins, même s’il développe sa musique sur plus de 68 minutes (dont une reprise d’un morceau de cet album).

On retrouve ici une approche typique du groupe, avec ce style avant-gardiste particulier qui lorgne à la fois sur du LIFELOVER et sur du Black mélodique et atmosphérique plus classique, avec des influences à la fois Rock et shoegaze plus ou moins marquées. Le style est aéré, agrémenté de pas mal de breaks et de rebondissements, pour des structures plutôt abouties, travaillées et maîtrisées. Le niveau technique reste d’une qualité honorable, mais il apparaît évident que le travail s’oriente bien davantage sur la richesse de la variété musicale que sur la maîtrise instrumentale elle-même.

La voix Black, criarde, offre un bon rendu dépressif et les ajouts de voix claire ne dénotent pas toujours (contre-exemple : le huitième morceau), sans non plus constituer une valeur ajoutée certaine à l’ensemble de la musique. Bref, à première vue, pardon ouïe, la qualité formelle est là. Il manque juste d’inspiration pour donner un véritable relief à un style qui en exige indéniablement. Les bons passages sont présents, mais souvent courts et manquent de dynamique ; les passages plus pénibles apparaissent parfois clairement (exemple : septième morceau). Le fil directeur mélodique est trop tenu, trop souvent cassé. Le meilleur réside peut-être dans les breaks, comme dans la seconde moitié du cinquième morceau.

Visuellement, le choix est à la hauteur du concept et du style musical, c'est-à-dire qu’il ne faut pas s’attendre à un suivi conceptuel très soutenu et à un travail homogène. Pourtant, il y a quand même un certain effort pour offrir un tout raisonné dans le carton de ce digipack, qui laisse place ensuite dans le livret à un assemblage de photos et de posings bien plus contestables. On ne niera pas le concept dépressif voire mélancolique général assez réussi, mais il serait difficile de creuser davantage, notamment parce que beaucoup de paroles sont en russe (ou pire !). On pourrait envisager la récurrence du papillon comme une métaphore de la liberté futile (au-delà d’être une marque de fabrique car il est intégré dans le logo) ? Reste que la pochette n’est pas terrible du tout est que l’ambiance pourrait être meilleure, cela même alors que la musique est tout à fait subtile. Le niveau général reste quand même très crédible.

Une petite déception pour cet album, peut-être parce que le précédent et les splits laissaient présager une qualité supérieure, mais l'oeuvre reste à connaître et le potentiel est là !


par Baalberith, le 19/04/2016

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