PLEBEIAN GRANDSTAND

False Highs, True Lows

2016 marque la sortie d'un troisième album pour le groupe toulousain PLEBEIAN GRANDSTAND, inconnu au bataillon jusqu'à il y a peu. Déjà, je voudrais tirer un coup de chapeau au groupe, car Toulouse est une ville généralement plus connue pour ses punks à chiens et ses rugbymans vulgaires que pour ses groupes de black metal, c’est quand même autre chose que de se lancer dans le black metal à Bergen. 

Avec des débuts franchement hardcore (How Hate is Hard To Define sorti en 2010), le groupe s’oriente depuis l’album précédent Lowgazers résolument vers le black metal, en formant sur cet album un chaînon manquant entre CELESTE et DEATHSPELL OMEGA

Comme CELESTE, la production est mastoc, le son très dense, et les parties blastées en continu, sans répit, vont vous retourner le cerveau. Comme DEATHSPELL OMEGA (Paracletus en particulier), les riffs dissonants sont très (trop ?) présents. C’est bourrin, ça blaste et ça roule des mécaniques derrière les futs - c'est un véritable déferlement d'énergie désabusée. Par contre les coups de génie (mélodie, ambiance) qu'on peut retrouver chez un DEATHSPELL OMEGA font défaut ici. Il est bien difficile de retenir des riffs marquants, tout qu’ils sont noyés en arrière-plan d’une batterie qui prend peut être un peu trop d’espace. Notons d’ailleurs la performance du batteur qui maîtrise son instrument à la perfection (la fin de "Tributes and Oblivion"). La voix est puissante et déchirante mais peine à nous émouvoir - malgré quelques passages notables comme la fin de "Eros Culture" qui est réussie de ce point de vue. 

On baigne dans un black metal puissant et déferlant, déchiré entre accélérations, ralentissements, syncopes aux relents mathcore. N'étant pas friand du préfixe - j'ai toujours été nul en mathématiques - je me contenterai de dire que le préfixe math- est à la musique ce qu'est l'hégélianisme est à la philosophie : une ennuyeuse démonstration technique pour initiés. 

Et c’est finalement avec les breaks et les ponts, voir avec certaines parties un peu plus lentes - qu’on pourra se focaliser plus facilement sur les riffs. La piste "Volition", par exemple, me parait plus digeste avec ses changements de rythme multiples, permettant de faire ressortir avec plus de force les parties blastées - la piste instrumentale "Tame the Shapes" permet aussi de digérer un peu toute cette densité. L'album reste très court (35 minutes), mais malgré ça on trouve quand même le temps long.  

Niveau ambiance et concept, on reste sur notre faim : le digipack 100 % rouge me laisse de marbre avec un feeling clean et arty assez désagréable : depuis la pochette imbitable jusqu'aux paroles illisibles parce que sans ponctuation ni espaces - celles-ci sont en anglais et enfilent de brumeuses critiques sur la société contemporaine. 

Au final, c’est un album remarquablement exécuté, mais qui manque cruellement de coups de génie. Les musiciens sont très talentueux, mais les riffs d’exception ne sont pas légion et cette production signée par des techniciens dont les références sont plus à chercher du coté d'ISIS, BIRDS IN RAW ou autres THE RODEO IDIOT ENGINE n’aide pas. De la même manière que CELESTE, qui pond en enfilade des albums hyper exigeants mais difficilement écoutables de bout en bout, cet album est une arme de destruction efficace, mais une fois que la destruction et l’écoute sont terminées, que reste-t-il à se rappeler ? Où est le plaisir ?

C'est le genre d'album qui démontre un réèl talent et du coup on s'en veut d'en dire du mal - mais force est de constater que l'alchimie a bien du mal à prendre. Nul doute qu'avec une inspiration renouvelée, et pourquoi pas un ensemble un peu moins intransigeant, PLEBEIAN GRANDSTAND pourrait bien réussir à nous captiver pour de bon. 


par obsoletedream, le 03/12/2016

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