PLANETSHINE

Way to Nowhere

L’underground Black Métallique ne cesse de s’agiter dans le bon sens. Sous l’impulsion de la personne derrière le (très bon) projet BROUILLARD, mais aussi J’AI SI FROID…, un nouveau label est apparu récemment dans la scène UG, il s’agit de Transcendence. Centré sur le BM atmosphérique et le BM « astral » comme il se définit lui-même, on ne pouvait en effet mieux trouver comme adjectif pour désigner sa nouvelle signature : PLANETSHINE

Autant le dire tout de suite, visuellement et conceptuellement parlant, je n’étais partant ni pour écouter l’album, ni pour en parler. On a beau dire, mais les critères extra-musicaux représentent toujours des filtres pour nos écoutes, et que ce soit pour le nom du groupe ou pour son visuel, PLANETSHINE me semblait trop naïf à mon goût, trop générique aussi, j’avais peur de tomber sur du Black atmosphérique de troisième zone complètement plat et inintéressant. Mais après tout, on parle de Black Metal, pas d’avant-garde, les meilleurs sorties ne sont-elles pas le plus souvent dans le cliché et la naïveté ? Alors j’ai franchi le pas de l’écoute, et je n’ai vraiment pas été déçu du voyage.

Musicalement, ne nous le cachons pas, ça ne manque pas de naïveté, ni de « gentillesse » pour ainsi dire, l’utilisation du clavier en est une très bonne illustration (c’est très doux). Mais pourtant, même si les ficelles sont évidentes, même si la prise de risque est minime, il y a vrai travail de fond qui attire tout particulièrement mon attention. L’album prend son temps pour développer des atmosphères crédibles, profondes et touchantes, on oublie presque que l’on écoute un album de musique parfois, tant sa capacité évocatrice est grande, un peu à la manière d'un SUMMONING je dirais, en tout cas l’imaginaire est stimulé comme rarement.

Je ne connais pas du tout les divers projets du russe derrière PLANETSHINE, mais son expérience musicale ne fait aucun doute. Ses vocaux rageurs contrastent superbement avec le reste et sont d’une grande intensité, au fur et à mesure de l’album, la douceur des claviers se transforme en finesse, l’alternance de passages calmes et plus vindicatifs nous plonge dans une sorte de léthargie très agréable. Les mélodies, bien que souvent simplistes, arrivent toujours au bon moment et offrent une assise supplémentaire à l’atmosphère, qui ne cesse de gagner en ampleur jusqu’à l’avant dernier titre, de sorte qu’on ressort nécessairement transformé après l’écoute. Voilà bien un album qui prend son temps, et qui a raison de le faire.

Le dernier morceau, de 16 minutes, complètement ambient, est à ce titre emblématique. Il plaira à tous les amateurs du style, à ceux qui ne boudent pas la facette ambiante de BURZUM, presque aussi importante que sa facette Black Metal j’ai envie de dire. Le titre n’aurait pas juré sur Hliðskjálf je pense. 

Un album de Black atmosphérique surprenant et très inspiré que je recommande vivement !

par Blaise, le 08/07/2017

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