PESTE NOIRE

Peste Noire

Un an après sa sortie, le dernier PESTE NOIRE manquait toujours à l'appel sur PostChrist, une bonne excuse pour se replonger dedans. Il était donc si inintéressant que ça ? Bien en-dessous des autres quand même. Toujours bordélique, toujours orienté, mais moins attachant. Du BM ttbm qui bande mou, c'est frustrant.

Pourtant PN a toujours eut un certain talent pour rendre son bordel attachant. C'était le cas sur les deux précédents qui offraient un contraste certain avec les débuts, proposant des choses musicalement moins intéressantes mais dont le rendu global était finalement sympathique. Enfin c'est ce que mon esprit BM aux goûts plutôt étriqués avait fini par penser. Sur celui-ci, l'attachement se fait, se défait, se fait, se défait, mais ne tient pas sur la durée.

Dans les très bonnes choses, il y a bien sûr "La bêche et l'épée contre l'usurier" et son excellent riffing qui demeure terrible à chaque écoute. Couplé aux vocaux de Famine et aux interventions diverses, il offre un rendu tant désabusé que revanchard, rappelant les meilleurs instants de La Sanie. Son final, cette montée en puissance, ce « S.O.L, debout !» Rââââhhh, terrible je vous dis ! Oui KPN est encore capable de pondre des petits hymnes, et ce titre en est la preuve. Pourquoi ne pas en avoir fait 8 de cette trempe ? Je me demande encore... Ceci dit, on retrouve toujours ces riffs déglingués et approximatifs et ce côté "vieille France" qui ont forgés l'identité du groupe, de quoi trouver ses marques de temps en temps. "Moins trente degrés Celsius" termine par exemple très bien l'album. Mais tout cela demeure trop éparse, les compos ont tendance à trop s'égarer, parfois au sein même d'un morceau, à l'image de "La Blonde", dont on peut apprécier la première partie très entrainante, mais pas la seconde plus tourmentée (et vice versa). Vous me direz, cet aspect décousu est pleinement voulu, mais la cohérence globale y perd fatalement, si bien que nous aussi, on s'y perd. On déplore une certaine mollesse également, comme le début de "Le Clebs Noir De Pontgibaud", le morceau "Ode" ou la deuxième moitié de "Démonarque", soporifiques à souhaits, qui font décrocher rapidement. Pourtant tout est fait pour nous plaire, la diversité des instruments est là, l'accordéon, la trompette et j'en passe donnent un certain cachet, les interventions externes sont légions et rendent parfois très bien, les samples sont pleinement dans le ton, mais le cocktail qui est en résulte n'est gère nourrissant, ni même euphorisant. Même Ardraos, très convainquant dans ses autres projets, semble ne pas donner le meilleur de lui-même ici.

Pour autant je viens de le dire, niveau line-up, c'est du lourd. PESTE NOIRE a rassemblé son armée de jobard jusqu'au quatre coin de l'Europe, allant jusqu'en Suède (Melkor et Ravenlord de WOODS OF INFINITY) ou en Ukraine (ni plus ni moins que Roman Saenko de HATE FOREST, DRUDKH, etc.), tout en rassemblant évidemment en France avec Lord Arawn de SACRIFICIA MORTUORUM, Dunkel de SALE FREUX, Krhäss et Antumnos de ZEPULKR et ses acolytes de plus ou moins longues dates que sont Audrey (AMESOEURS, etc.) et Ardraos (SUHNOPFER, AORLHAC, etc.). Mais cette troupe n'apporte au final pas suffisamment pour faire quelque chose de vraiment grand. Si les interventions s'incorporent plutôt bien, il manque un truc pour les apprécier pleinement.

Sur l'objet en lui-même (le digibook), difficile de ne pas mettre la note maximale tant le travail effectué est exemplaire. Chaque détail a sa place : l'or, les inscriptions hébraïques et autres illustrations visent à peine une certaine communauté, les références identitaires comme le blason de l'Auvergne revisité, les textes bien choisis et la grande  que dis-je, l'immense !  poésie de Famine sont toujours là et font plaisir à voir, mais toutes ces attentions résument finalement parfaitement cette sortie : un album qui a tout pour plaire, mature et travaillé dans ses moindres détails, mais dont il manque en fait l'essentiel, à savoir l'inspiration musicale. Cette inspiration que je ne retrouve au final que sur deux titres, et quelques bribes. Dommage.

Bref, après toutes ces années, la barque PN des débuts est devenue un vaisseau pirate imposant, menaçant et fédérant chaque jour un peu plus de flibustiers à travers le globe. Le cap est fixé depuis un certains temps, les ennemis identifiés, reste juste à décrasser ces canons qui semblent ne plus tirer suffisamment loin !

par Blaise, le 03/06/2014

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