ORTHANC

L'Âge de Raison

 ORTHANC fait aussi partie de ces groupes français dont je guette les sorties. Surtout qu'ils n'ont jamais été très productifs depuis leur formation en 1995. Un seul album sorti en 15 ans d'existence, en 2005, c'est plus que pauvre. Ce fut quand même suffisant pour que je le mette sur ma liste de bonnes recommandations. Cet album était malsain, jouant beaucoup sur les ambiances sales et dépravées, avec des thématiques nationales fortes, proches de leur modèle qu'est KRISTALLNACHT. Le son était raw, et le talent principal venait du mélange de passages punk/thrash à du BM carrément mélodique. Il est du coup difficile de définir le groupe, et surtout impossible de lire l'évolution d'un morceau à la première écoute.
 En 2010, ORTHANC revient enfin, et propose 6 nouveaux titres... composés et enregistrés depuis un moment déjà puisque tout a été mis en boite à l'hiver 2007/2008. Ils s'étendent sur 40mn et on aurait pu s'en satisfaire, mais le groupe a peut-être tenu à s'excuser de l'attente et il a rajouté 6 autres titres live et une reprise de ABSURD : "Stahl Blitzt Kalt". Du coup, l'album fait 71mn.

 Je passe rapidement sur le live, qui est un bonus qui ne fait plaisir qu'à ceux qui aiment comparer les versions studio aux versions sur scène ou alors à ceux qui pensent qu'un concert est l'occasion de communier avec le groupe et de se défouler. Moi j'ai toujours du mal avec ce genre d'exercice car je ne retrouve pas le plaisir des versions originales. ORTHANC a choisi deux morceaux de l'album Aux Enfants de Thulée et 4 de l'EP 7 ans de réflexion (que je conseille fortement aux malades qui apprécient DEVILISH ERA). Le son est honnête, l'ambiance semble bien retransmise, il suffit d'aimer les lives... Passons à la reprise de ABSURD... Sacrilège, je n'aime pas ABSURD ! Donc je m'abstiendrai de parler de la réussite ou de l'échec de l'exercice, qui là encore n'est pas le plus important de la galette.
 Allez, les bonus, c'est fini, maintenant on passe au cœur de l'album, et à ses 6 titres. Pas de problème, c'est bien ORTHANC qui est de retour. Mais si on reconnait la description faite plus haut, il faut signaler un énorme changement de son. Il est beaucoup plus clair et puissant qu'avant, faisant un bond pouvant déranger ceux qui avaient déjà été choqués par l'album Damnatorium Ferrum des Lorrains de SACRIFICIA MORTUORUM. Au final, ce son ne fait pas de mal aux compositions, et ce n'est pas non plus la grosse production insipide de certains gros labels.
 La variété qui symbolise le groupe est toujours là. Les titres ne se ressemblent pas vraiment. Le premier, "Orthanc", est rapide, avec une batterie hallucinante et des vocaux terrifiants acompagnés d'un riff simple entrainant et donnant des envies de meurtre. Là, même quand on n'aime pas tant que ça les live, on imagine l'enfer qu'un tel titre doit apporter quand il est joué devant des fanatiques. Je parlais de SACRIFICIA MORTUORUM pour le son, la musique en elle-même s'en rapproche ici.
 "Statues de Sel" est moins rapide, plus lourd, et évidemment plus torturé. Il joue à accélérer et décélérer efficacement, jouant sur les nerfs jusqu'à la 4ème minute et l'apparition d'un chant, ou une plainte plutôt, en français, une autre marque du groupe. C'est toujours marquant d'entendre du français hurlé subitement, comme ANOREXIA NERVOSA en avait aussi le secret. On se souviendra longtemps du cri de ce morceau : "COMMENT OSES-TU NOUS MUSELER ?". On termine avec un air martial que ne renieraient ni AD HOMINEM ni CRYSTALIUM. Un des meilleurs titres de l’album, assurément.
 Les autres titres aussi offrent des surprises inspirées. Entre paroles chocs ("J'ai vu le fils trahir le père", "Je ne veux pas finir en terre"...), riffs accrocheurs, assaisonnements punk ou chœurs inattendus ("Cénotaphe"), la formation fait tout pour ne pas nous lasser, et ça marche sans problème. Il faut être le plus blasé du monde pour ne pas tendre l’oreille.
 Je rajoute qu’on trouve un titre encore emprunté au groupe français IN ARTICULO MORTIS : "Succubus". C’était déjà le cas sur l'EP de 2004 avec "La Rose et le Marbre". Pourquoi reprendre ce groupe inconnu de quasiment tout le monde et qui n'a sorti que trois démos au milieu des années 90 ? Tout simplement parce que l'ancien bassiste de ORTHANC, Lord Baalberith, en faisait partie, et que ces démos ont dû avoir une grande importance au sein du groupe.

 "L'Âge de Raison" est considéré comme une compilation, mais il contient 6 titres inédits qui totalisent 40mn. Cela égale bien des sorties courantes. La qualité est indéniable et nous montre un ORTHANC qui évolue dans le bon sens, étant plus égal dans ses compositions. Il manque un peu de folie et d'ambiances malsaines pour en faire un album encore meilleur, mais quel travail ! Les détails sont peaufinés, jusque dans les ponts entre les morceaux tels que le bruit de la mer ou le chant des mouettes...
http://www.myspace.com/orthancbm

par Sakrifiss, le 19/08/2010

D'autres albums de Black Metal old school recommandés

KRIEGSMASCHINE - Prism : Archive 2002-2004SAD - Abandoned and ForgottenCAVERNE - Chants des Héros OubliésZERVM - Nihil Morte CertivmOLD WAINDS - NordraumGORUGOTH - GorugothCENDRES DE HAINE - Nihil MirariDODSFALL - Den Svarte SkogenCENDRES DE HAINE - Bellum Omium Contra OmnesODELEGGER - The Titan's TombDARK DOMINATION - Reign of the Fallen OneWELTMACHT - The Call to Battle

D'autres albums d'ambiance Indéfinissable recommandés

GERM - WishKESTREL - Weather EyeJANVS - VegaTHE RUINS OF BEVERAST - Unlock The ShrineSOL SISTERE - Unfading Incorporeal VacuumFURZE - UTDMISOGI - Tofotukami WemitamafeALGHAZANTH - Thy Aeons Envenomed SanityALGHAZANTH - The Three-Faced PilgrimSOLEFALD - The Linear ScaffoldNUIT NOIRE - The Gigantic HideoutSEELENTOD - The Ageless Dynasty

Autres chroniques