OCTOBER FALLS

The Womb of Primordial Nature

Après avoir sorti un album et un EP acoustiques, dans la veine d'un EMPYRIUM deuxième période, OCTOBER FALLS avait surpris tout le monde l'année dernière en sortant chez Debemur Morti, un EP intégrant pour la première fois, des éléments metal, et même plus, des éléments metal extrêmes, pour proposer une musique proche d'un EMPYRIUM, première période cette fois-ci, mêlant avec réussite un black metal mélancolique avec des éléments folk et acoustiques à la fois simples et beaux.

Avec ce troisième album, The Womb of Primordial Nature, et après un troisième EP et un split renouant avec l'acoustique, OCTOBER FALLS confirme qu'il suit l'évolution inverse de groupes comme EMPYRIUM et HEL qui avaient en leur temps délaissé le metal pour se consacrer à une musique folk et acoustique.

Car OCTOBER FALLS a clairement décidé de muscler sa musique.

Mais Mikko Lehto, âme pensante du groupe, ne renie pas pour autant ses premières amours... Si les guitares électriques, la batterie rageuse et efficace (assurée par le batteur de MOONSORROW) et les vocaux blacks sont bien présents, ils ne font pas oublier qu'OCTOBER FALLS était avant tout un groupe de musique acoustique.

C'est ainsi que se mêlent, tout au long des 4 longs titres composant cet album, des mélodies mélancoliques distillées parcimonieusement par la guitare acoustique et des passages beaucoup plus sombres, tout à la fois violents, rapides et rageurs mais toujours d'une profondeur saisissante, et survolés par des vocaux black mixés en arrière-plan mais apportant une noirceur qui faisait sans doute défaut aux premières sorties du groupe.

Tout en faisant considérablement évoluer son style, OCTOBER FALLS reste néanmoins extrêmement cohérent dans sa musique et les émotions que cette dernière sert à retranscrire. Car le fondement conceptuel d'OCTOBER FALLS est toujours à chercher dans la Nature.

Mais là où les premières sorties du groupe n'incitaient qu'à une douce rêverie au cours d'une promenade en forêt, ce nouvel album, beaucoup plus sombre, propose une vision clairement moins naïve de la nature, en explorant notamment le rapport existant entre l'humain et la nature, entre l'être humain et la bête sauvage qui sommeille en lui.

Eclairée par ce concept, la musique, à la fois plus violente, plus sombre et plus désespérée qu'auparavant, prend alors tout son sens.

Et pour appuyer la cohérence du concept, c'est un magnifique digibook noir, contenant un superbe livret qui sert d'écrin à cette nouvelle offrande.

Le bilan serait donc complètement positif si la durée de l'album, bien trop courte, ne venait décevoir l'auditeur qui en aurait bien repris pour 20 ou 25 minutes de plus...
Moins de 40 minutes, cela convient pour un album brut et direct ; mais lorsqu'il s'agit d'un black privilégiant à ce point les atmosphères et les ambiances, c'est vraiment trop juste pour pouvoir s'immerger comme on le voudrait, dans le monde envoûtant qu'entend nous faire découvrir OCTOBER FALLS.

C'est évidemment dommage, mais The Womb of Primordial Nature n'en reste pas moins un album d'une grande classe, que tout amateur d'EMPYRIUM ou de HEL doit absolument découvrir.

par Nepenthes, le 28/03/2009

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