NARGAROTH

Spectral Visions of Mental Warfare

J’adore NARGAROTH et la quasi totalité de sa discographie, mais je ne suis pas dupe. Je pense que Kanwulf, rebaptisé récemment Ash, a toujours été un fan de BM voulant imiter les tendances qui lui plaisaient. Il n’a jamais rien inventé, mais il a toujours eu le talent suffisant pour se réapproprier et améliorer des concepts déjà existants, que ce soit des titres mélodiques, torturés ou dévastateurs.
 Mais là, sur ce Spectral Visions of Mental Warfare… Aaaaah, là, je vais rester poli et ravaler les mots voulant sortir de ma bouche. Je ne dirais donc ni que c’est « merdique », « une arnaque » ou  « un foutage de gueule », et préfèrerait dire que Ash s’est fourvoyé dans un trip personnel, ou plutôt des trips puisque plusieurs genres se côtoient le long des 8 titres.
 « Odin’s weeping for Jördh » est une intro ambiant qui fait bien rentrer dans l’atmosphère, mais qui est trop longue. Flirtant avec les 7 minutes elle ne donne pas envie d’être réécoutée car trop commune. Mais une fois le reste écouté, on se demande si ce n’est pas un des meilleurs titres... Effectivement, ça se complique de suite avec « An indifferent Cold in the Womb of Eve ». Il a peu de parties vocales, mais beaucoup de clavier à la BURZUM période instrumentale. Ce titre aurait très bien pu être composé par Varg quand il n’avait pas d’instruments à sa disposition et la ressemblance est vraiment troublante. difficile de penser à autre chose pendant 6 minutes. Ce n’est pas désastreux, mais pas folichon pour autant. De toute façon le pire est à venir. Pas encore sur le prochain morceau, « Diving Among The Daughters of the Sea », mais presque. Comme le titre le fait comprendre, celui-ci veut nous entrainer au fond de la mer (à lire en accentuant la prononciation de « mer » pour rendre le mot dramatique). Et c’est parti pour 5 minutes de sons sous-marins : eau, bruits intrigants au clavier, sifflements proches de ceux de Flipper le dauphin... Tout est là pour satisfaire les fans des documentaires du commandant Cousteau. Luc Besson sait qui embaucher pour la bande son d’un éventuel Le Grand Bleu II.
 Déjà trois titres, et on commence à paniquer. Ça en devient préoccupant. Heureusement, pour nous remettre de nos émotions le titre suivant est un intermède faisant écho au premier titre. C’est « Odin’s weeping for Jördh – Part II ». Si vous commencez à vous dire que cet album est moisi... eh bien attendez, on arrive au pire du pire.
  « Journey through my Cosmic Cells » est un titre électro-transe !!!!!!!! Je n’ai pas assez de points d’exclamation sur mon clavier pour exprimer l’horreur de la chose. Encore, si cela avait été une introduction, un petit élément perturbateur passager à la DUB BUK, pourquoi pas, ça aurait pu passer 1 minute, mais ça dure carrément 10 minutes ! Alors là, on se lâche, on se dit « Kézako ? » alors qu’on avait même oublié l’existence de ce mot ! Et on trouve une explication sur son site, en français. Ash y raconte que de telles « sphères synthétiques ont pour racine première des éléments de Black Metal au service du sacré et de la transcendance » et qu’il a « créé cet album en étant fidèle aux valeurs et idéaux du Black Metal tout en honorant ses traditions ».... d’accooooord ! Eh bien faisons-lui plaisir et croyons-le, d’autant que Dlaumor (PRAEDA) avait eu le même discours à la sortie d’un Metaltek Piracy électro après un Eden... Hele de grande qualité. Personnellement, non. Je ne peux pas m’enfiler des sons aussi éloignés du BM. Certains viendront crier au génie, au décalé, au perturbateur ou au messie provocateur, eh bien qu’ils se réjouissent puisque le dernier titre, « Merch of the Tyrants » est exactement du même style. Horreur, malheur !
 Il reste alors deux morceaux, les 6èmes et 7èmes. Après autant de déception, on s’attend à tout, sauf à ce qu’ils soient bons. Et pourtant c’est le cas. Ces morceaux de 10 minutes chacun sont bien plus classiques, et proches des « Amarok », c’est à dire emplis de mélancolie et de mélodies sereines qui vont toucher les plus sensibles d’entre nous. Il n’y a aucune violence dans ces passages, donc que les fans de Semper Fidelis passent leur chemin. Une fois l’heure de musique terminée on se dit que cet album aurait été potable en ne gardant que ces deux titres, et en y ajoutant les « Odin’s weeping for Jördh » en intro et outro. Tout le reste est assez gerbant.
Si comme moi vous n’avez pas aimé cet album, il ne faut pas perdre espoir en NARGAROTH car le groupe n’est pas fautif. C’est nous qui le sommes, car « pas assez intelligents pour le comprendre ». C’est expliqué sur le site en question, donc soyez rassurés ! Vous êtes un gros débile ! Sinon, mettez la faute sur le concept : « Cet album traite des dures et parfois sanglantes batailles émotionnelles intérieures ».

L'édition vynil contient 5 titres bonus, l'édition CD ne donne pas envie d'aller les tester...

par Sakrifiss, le 09/05/2011

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

SUMMONING - Oath BoundEMPEROR - In The Nightside EclipseBURZUM - Hvis Lyset Tar OssSUMMONING - Let Mortal Heroes Sing Your FameDRAPSNATT - Hymner Till UndergångenSUMMONING - Old Mornings DawnLYRINX / ELYSIAN BLAZE / D.O.R - Universal AbsenceWOODS OF DESOLATION - Torn Beyond ReasonBLUT AUS NORD - Memoria Vetusta I: Fathers of the Icy AgeSATYRICON - The ShadowthroneHECATE ENTHRONED - The Slaughter Of Innocence - A Requiem...HECATE ENTHRONED - Dark Requiems And Unsilent Massacre

D'autres albums d'ambiance Epique/Fantasy recommandés

HIMINBJORG - WyrdSUMMONING - With Doom We Come ESCHATON - UnshakenTHULCANDRA - Under a Frozen SunEMYN MUIL - Túrin Turambar Dagnir GlaurungaEQUILIBRIUM - Turis FratyrVORDVEN - Towards The Frozen StreamsERED WETHRIN - Tides of WarBLACK MESSIAH - The Final JourneyDARKTHRONE - The Cult Is AliveMIRZADEH - The Creatures Of LoviatarBAL-SAGOTH - The Chthonic Chronicles

Autres chroniques