MORTUALIA

Mortualia

Pour inattendu qu’il soit, ce nouveau projet du prolifique leader d’HORNA (Shagrauth pour ne pas le nommer) dont il est l’unique membre constitutif nous est présenté comme une ultime réification musicale "des funérailles de notre propre enterrement". Autrement dit, inutile de s’attendre à du raw Black burné auquel il nous avait habitué jusque là mais bien plutôt à son contraire.

Ainsi donc MORTUALIA consacre, en cinq morceaux, le très tendanciel Black Doom Metal dépressif : des riffs dysphoriques répétés ad libitum prégnant d’éplorement, des tempos aux semelles de plomb marqués rythmiquement par un jeu « au fond du temps » tout en lourdeur, des titres effilés d’une moyenne d’un quart d’heure et enfin, pour ultime signifiant de la dimension dramatique, une scansion arbitraire d’esthétique à la douleur souveraine d’affiliation "burzumienne".

Toutefois le risque était grand d’orienter ainsi l’audition vers ces contrées désolées structurées d’immobilisme et d’élans brisés sans se perdre en fastidieuses complaintes et force est de constater que l’exercice a réussi avec un certain panache. On est loin ici de cette nouvelle frange de « one-man-and-computer-band » dont on ne comptabilise plus le nombre des sorties, Shagrauth a de l’expérience dans le domaine et le fait clairement ressentir. L’homme ne s’entoure que d’instruments organiques et électromécaniques, pas de place donc aux élucubrations ambiant et synthétique qu’on nous sert à longueur d’album.

De fait le premier mouvement instaure, dés les premiers instants, le climat général de l’album tout en sensibilité accablante de douleur traduite avec tact et pertinence notamment par le biais d’un chant hautement éloquent de la douleur qu’il souhaite retranscrire et d’un discours simple et limpide, léger et effectif de cette procession macabre volontairement mise en musique. Aussi l’essentiel de l’album tient de la même écriture, sensible et aérienne, réservée et pathétique, dépouillée d’oripeaux tapageurs aux formes suffisamment variées pour ne pas succomber à la tentatrice Morphée passées les premières minutes, qui est en général le plus grand risque du choix des titres "à rallonge".

Reste que si l’écriture est limpide et légère sa lecture ne vous en demandera pas moins un minimum de prédisposition affective et stylistique pour être appréciée à sa juste valeur. Un bon album en somme, bien au dessus qualitativement de ce qui se fait actuellement en la matière, qui devrait satisfaire les âmes solitaires à la recherche d’une bande son à leurs errances oniriques.

par Marek, le 28/03/2009

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