MOONSORROW

Varjoina Kuljemme Kuolleiden Maassa

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! ». C'est en gros le sentiment qui se dégage pour moi de ce 6e album. Alors certes on va me reprocher d'être un grognon jamais satisfait, d'être tout simplement blasé de la musique d'un groupe que j'ai découvert voilà 10 ans (donc en 2002) avec son premier album, mais ce n'est vraiment pas ça. Au contraire, je n'ai jamais recherché l'originalité dans la musique ! Cet album est tout simplement marqué par une absence d'efficacité musicale, voilà tout.  Il est difficile pour qui connaît un tant soit peu ce groupe de ne pas avoir remarqué la sérieuse chute d'inspiration et le manque de risques qui gangrènent progressivement le groupe et son compositeur (le même que FINNTROLL je le rappelle. Tiens, tiens, y aurait-il comme une explication à fournir à la piètre prestation de Nifelvind ?) depuis maintenant quelques années. Mais sur la forme, si FINNTROLL innove justement, MOONSORROW, au contraire, joue plus que jamais la carte de la sécurité en proposant un produit si prévisible qu'il constitue sans nul doute la tête-de-gondole de tous les disquaires spécialisés dans le metal. Je le répète : en soi ce ne serait pas un mal si l'inspiration y était, d'autres groupes dans un registre différent (comme DARK FUNERAL) y arrivent, mais ce n'est pas le cas de MOONSORROW.

On ne va pas tourner autour du pot pendant deux heures : tous les clichés sont là et heureusement maîtrisés presque à la perfection, c'est le moins qu'on pouvait demander à un groupe comme MOONSORROW. Le clavier, très présent, distille constamment une atmosphère prenante où les samples de pas dans la neige, de souffles humains ou de ceux du vent, parachèvent ou presque la saveur d'un concept résolument païen et nordique. Les trois petits interludes coupant les quatre longs morceaux (de plus de 12 minutes à plus de 16 minutes, on reste dans le cliché moonsorrowien, avec plus de retenu que les deux derniers « albums ») enfonce d'ailleurs sympathiquement le clou à ce niveau. La construction musicale, comme tout le reste de l'aspect formel de cet album, ne peut souffrir aucune réelle critique honnête, et laisse la place à de bons breaks, des rebondissements intéressants et quelques ajouts classiques pour le groupe d'accordéon et d'instruments à vent, ainsi que des choeurs. A part le court ajout d'un solo atypique dans le dernier morceau, on se trouve à s'y méprendre sur le même terrain sur lequel campent nos Païens finlandais depuis Verisäkeet. Bref, un produit très pro, trop pro, car comme souvent dans ce type d'albums, la qualité formelle tente (à défaut de le faire involontairement) de compenser les carences du fond. Tout le monde a en tête le superbe « Jotunheim » (du moins le début du morceau) dans lequel l'accordéon nous offrait une mélodie excellente. Tout le monde se rappelle aussi l'album Kivenkantaja, certainement le plus inspiré du groupe, où la qualité formelle ne faisait nullement rougir la cargaison de bonnes mélodies, riffs et émotions diverses, dont regorgeait cet album. C'est certainement un peu de cela qu'aurait voulu connaître le vieux fan comme moi qui n'a jamais cessé de suivre ce groupe depuis ses débuts ; un peu de cette fougue passée et de ce sens de la mélodie et des sentiments, qui aujourd'hui semblent derrière le groupe, loin derrière ! On a certes le droit à quelques bons passages quand même (ex: début du 3e morceau), mais pas assez, surtout au sein d'un album de plus d'une heure.

Un album qui intéressera uniquement, même s'ils sont nombreux, les fans du groupe voire du genre. Il devrait aussi accrocher les nouveaux fans ou ceux qui cherchent quelque chose d'accessible. Alors, certes, cet album manque d'inspiration et de perfectionnement, mais il reste une écoute sympathique pour qui n'attend pas plus que le minimum syndical d'un groupe déjà fer-de-lance du Black Metal atmosphérique et païen depuis le milieu des années 2000...

par Baalberith, le 07/03/2011

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