MIDNIGHT ODYSSEY

Funerals From The Astral Sphere

MIDNIGHT ODYSSEY est un one-man band australien, dont l'unique membre est le dénommé Dis Pater (pseudo inspiré par Pluton). Multi-instrumentaliste et vocaliste, celui-ci participe ou a participé a d'autres projets, tous au bord de l'anonymat. Comme son nom l'indique, son projet solo nous propose de longues et sombres odyssées nocturnes, à contempler les étoiles, s'interroger sur la transparence des choses et l'insoutenable misère du monde moderne (bon, j'extrapole un peu). Probablement envouté par une nature grandiose et encore sauvage sur une bonne partie de son continent, notre compositeur océanien n'a de cesse d'essayer de nous reconnecter avec la nature céleste et de nous faire nous évader par de longues, très longues déambulations. 

La tonalité générale de l'album est au mid-tempo, propres à l'installation d'une atmosphère contemplative. MIDNIGHT ODYSSEY se propose de nous faire voyager grâce à un mélange savamment orchestré de guitares aux motifs répétées en arrière plan, batterie synthétique, claviers aériens aux mélodies simples, et vocaux gentiment écorchés. Enfin ça, c'est le milieu des pistes, au moment où on se réveille un peu. Les pistes étant par ailleurs introduites, entrecoupées de lentes atmosphères de clavier, contemplatives, calmes, parfois naïves et douces. L'ami Dis Pater nous fait découvrir tous les possibilités de son synthétiseur : preset grand piano, ensemble, harpsichord, organ... (je grossis le trait) et ne se refuse pas certains développements typés new wave. 

Ainsi, il faudra attendre plus de sept minutes de la première piste pour entendre des guitares (pas désagréables au demeurant). Cette piste piste qui ouvre l'album dure douze minutes, dont quatre seulement sont à proprement parler du black atmosphérique. Cela peut vous donner une idée de la répartition musicale sur cet album qui dure un tout petit peu plus de deux heures (!!) pour seize pistes et dont la direction principale est clairement donnée par les claviers. Peut-être faut-il être drogué à quelque substance et perdre tout repère temporel pour pouvoir se laisser envouter sans se lasser. 

En ce qui concerne le chant, il est généralement de qualité, notamment la voix black, qui est moins molle que ce à quoi on aurait pu s'attendre et s'envole assez agréablement dans les aigus avec un feeling black dépressif. Les chants clairs, assez récurrents lors des parties plus calmes et souvent utilisés en choeur, sont un peu aléatoires, parfois agréables et cohérents, parfois un peu ratés avec encore une fois quelques influences new wave. La production est bien adaptée au style, un peu brouillonne et renforçe le mélange atmosphérique brumeux entre guitares, claviers, voix. 

En dépit de certains titres de compositions, l'atmosphère n'est pas triste ou déprimante pour un sou, mais plutôt support d'une invitation à être paisible en contemplant la voûtes céleste... bien que celle-ci ne soit irisée de galaxies colorées que sur la pochette de l'album, et ne se présente sous nos latitudes que sous une forme moins à couper le souffle. La signification de titres tels que "A Death So Pure", "When Death Comes Crawling" ne sont pour moi pas très en adéquation avec le ressenti musical, qui est bien plus proche à mon avis de titres comme "Journey Across the Stars", "Those Who Linger At Night", "Fallen From Firmament". 

Au milieu de ce long voyage atmosphérique, il est bien difficile de distinguer un morceau d'un autre, tant les ressemblances sont grandes et tant les morceaux sont nombreux et longs. A-t-on changé de piste ? Est-ce la même ? L'effet d'homogénéité est au moins réussi, si c'était l'effet recherché. Certaines pistes sont allongées sans vraiment d'intérêt ("When Death Comes Crawling"), et certaines flirtent carrément avec le mauvais goût ("An Ode to Dying Spirits"). Passé les cinq premières pistes, qui concentrent les meilleurs moments, le reste de l'album ne fait que reprendre les même recettes mais avec encore moins d'impact. C'est d'autant plus rageant qu'on retrouvera disséminées par-ci par-là d'excellentes inspirations...

Dès lors, que faire de cet album ? Pour moi l'essentiel est de piocher les quelques meilleures pistes pour se constituer quelque chose de plus digeste, tournant autour de cinquante minutes de musique et se faire une idée plus intéressante de ce que le groupe est capable de produire et d'apprécier son originalité.

En l'état l'album est bien trop long, tortueux, répétitif, gonflé artificiellement pour être appréciable - mais peut être n'est ce que moi qui n'ait désormais pas plus de capacité d'attention qu'un poisson rouge (merci à mon smartphone). 


par obsoletedream, le 11/02/2018

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