MELENCOLIA ESTATICA

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Après deux albums sur le label italien ATMF, les Italiens de MELENCOLIA ESTATICA, menés de main de maître(sse) par Climaxia (alias Melencolia) signent leur 3e opus sur le label suédois Temple of Torturous, connu pour ses projets versés dans l'occultisme et autres frasques psychologiques (ex : EGONOIR, ECHTRA). Quatre années pour attendre un successeur au bien bon Letum, quatre années pour se rendre compte qu'il aurait mieux fallu que cet album n'en ait pas, car dire que celui-ci est une déception relèverait de l'euphémisme !

Oubliez bien vite les mélodies accrocheuses du précédent album, l'heure n'est plus à l'inspiration mais à l'innovation. Durant (pourtant) moins de 42 minutes, le groupe s'attache à construire une musique Black Metal plutôt atmosphérique pour laquelle on voit bien que des efforts formels ont été faits, avec des structures plutôt fouillées où la variation de rythme et d'approche est très changeante, mais dans laquelle le degré de maîtrise exclut toute efficacité. C'est osé dans le style de la discographie du groupe, c'est très axé sur les émotions, mais ce n'est pas très crédible sur le plan mélodique, surtout que les riffs ne sont pas inspirés pour un sou (il suffit d'écouter le 2e morceau pour s'en rendre compte) ! Il y a dans ce 3e album un petit quelque chose des Grecs d'ACHERONTAS, mélangé à une musique plus aérienne comme on la trouverait sur un ALCEST. Mais là où cet effet fait mélancolique et poétique chez les Français (du moins pour ceux qui acceptent la voix de Neige et le style d'ALCEST), cela fait carrément mou, déplacé et insipide chez MELENCOLIA ESTATICA (le dernier quart du 1er morceau en est un bon exemple). A noter une voix Black en total contraste avec l'homogénéité de la musique et qui n'y correspond pas (sur ce point je trouve un certain parallèle avec le In the end... de MYSTIC FOREST), ce qui n'arrange pas leurs affaires. C'est bien d'innover, mais faut-il encore conserver son talent et son efficacité mélodique. Finalement, aller jusqu'au bout de chaque morceau, qui dépassent presque toujours les 6-7 minutes, s'avère souvent difficile voire impossible tant l'ennui s'empare de l'auditeur lambda.

La signature sur leur nouveau label est assez évident, d'un point de vue musical déjà mais également d'un point de vue conceptuel. En effet, sur cet album plus que jamais, MELENCOLIA ESTATICA exploite un univers à la fois torturé et occulte, dans lequel le groupe tente vainement de faire passer quelques émotions trop vites évaporées. Il faut avoir de l'imagination pour suivre leur délire, mais ma foi pourquoi pas. Visuellement, le digipack suit les règles du jeu, avec un ensemble cartonné de qualité qui met en avant ce concept ésotérique et cosmique. Le livret est malheureusement un peu étrange dans son iconographie, mais bon, style oblige.

Après deux albums d'un niveau plus qu'intéressant voire bon pour le second, ce 3e album fait figure (très) pâle à leurs côtés : non seulement il ne convainc pas musicalement, mais il n'offre aucun intérêt mélodique et que peu d'intérêt dans l'ambiance. Il faudra passer son chemin !

par Baalberith, le 20/09/2012

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