MELECHESH

Djinn

Mesopotamian Metal ? C'est en tout cas ce que le combo palestinien de MELECHESH (prononcé Méléresh), dont la diaspora a marqué la France (Moloch ayant fait ses études de philosophie dans le Nord) et les Pays-Bas (lieu d'adoption pour Ashmedi). A vrai dire, il manque à ce groupe la concrétisation de ses prétentions en la matière, malgré des capacités fort évidentes, pour offrir du véritable Mesopotamian Metal...

En effet, on attendait d'un tel groupe qu'il nous offre un ensemble de morceaux de la trempe du 1er (en excluant l'introduction qui pourtant n'est qu'un prélude musical à ce premier morceau) : inspiré, plutôt technique, et irrémédiablement oriental dans l'esprit comme dans la musique. Voilà la marche à suivre. Hélas pour nous, les autres morceaux de Djinn n'ont plus assez de « mésopotamien » dans l'âme, s'engouffrant dans un Black très Metal trop classique. De l'avis même du groupe, très attaché au côté Metal traditionnel, la stratégie est pleinement assumée. C'est dommage, mais ceux qui aiment justement ce Metal très traditionnel seront ravis du voyage, car MELECHESH présente une musique formellement au point : les guitares sont assez techniques avec une démarche et un son somme toute originaux malgré le défaut exposé juste avant. Quelques nappes de claviers et des samples pertinents auraient été pourtant les bienvenus. On sent malgré tout, tout au long de la bonne heure de musique dont ils nous gratifient, un aspect particulier dans la sonorité et le jeu de ces guitares qui est plaisant. De même dans celui de la batterie : très typée et techniquement irréprochable (l'explication va suivre !), elle sied très bien au style. La construction musicale est tout à fait correcte également, manquant un peu de variété, non dans le rythme (l'exemple du 4e morceau avec ses breaks et ses pointes de vitesse est une bonne preuve), mais dans l'approche, qui génère de la linéarité musicale. Les morceaux s'enchaînent et une oreille non avertie aurait tôt fait de décocher après quelques-uns. La qualité générale des compositions l'explique également : elles sont intéressantes, mais hormis le premier morceau, aucun ne propose de mélodies bien marquées et reconnaissables.

Finalement, la référence la plus évidente à l'écoute de leur musique est ABSU : le groupe états-unien (dont l'excellent batteur a d'ailleurs un temps intégré MELECHESH, notamment sur cet album) délivre une musique assez semblable dans l'approche et les sonorités. Même la voix s'en approche : assez rauque et aigue à la fois.

Côté visuel, on est en droit d'attendre un peu plus d'intégrité de leur part la prochaine fois, cela afin de mieux mettre en avant le concept. La pochette est très moyenne, le livret pas assez travaillé, et la thématique pas assez exposée et exploitée. Comme la musique met en avant le concept insuffisamment, cela aurait pu aider l'auditeur à mieux se plonger dans leur univers...

Un album aux ambitions marquées mais à la finition moyenne, qui manque d'approfondissement et de rendu, tout en proposant une musique formellement de qualité.

par Baalberith, le 04/11/2012

D'autres albums de Black Metal melodique recommandés

THROES OF DAWN - PakkasherraWINDIR - ArntorWINDIR - 1184WINDIR - LikferdGRAVEWORM - When Daylight's GoneCATAMENIA - EshkataCATAMENIA - Chaos BornDAWN - Slaughtersun - Crown of the TriarchyALGHAZANTH - Thy Aeons Envenomed SanityTHY PRIMORDIAL - Where Only The Seasons Mark The Path Of TimeNEGATOR - Old BlackSILENCER - Death - Pierce Me

D'autres albums d'ambiance Orientale recommandés

CHTHONIC - Takasago ArmyDARKESTRAH - TuranDARKESTRAH - Embrace Of MemoryDARKESTRAH - The Great Silk RoadDARKESTRAH - EposCHTHONIC - Mirror of Retribution

Autres chroniques