MEDO

Matéria Negra

 Avez-vous déjà assisté à une messe noire ? Eh bien si ce n'est pas le cas réjouissez-vous puisque MEDO vous invite à en faire une petite expérience. Comme vous le voyez sur la pochette, les deux Portugais ont sorti leur plus jolie tunique de cérémonie, ont réfléchi à tous les éléments propres aux ambiances désirées et ont enregistré 11 morceaux dont les maîtres-mots sont « occultes » et « intrigants ».

 Matéria Negra est en fait le deuxième album du duo qui se fiche totalement de la technique et de la démonstration. Il privilégie le concept et nous initie aux rendez-vous nocturnes pendant 50 minutes d'un black simple, à la limite du simpliste et du clichesque. Le résultat n'est pas dénué d'intérêt mais certaines parties laissent sceptiques.

 Ce qui est convaincant ? D'abord le son sans prétention, façon années 90. C'est amusant comme on peut être plus sensible à ce genre de production qu'à celles plus ronflantes souvent employées de nos jours. L'effet nostalgie bien entendu ! Ensuite, les samples, des petits ajouts de clavier et apports divers tels que des sifflements, des bruits stridents, des chœurs, des cris et des déclamations / récitations. On pense aussi bien au dernier ABHOR qu'à ARYOS, en moins appuyé cependant. J'appuie bien sur le mot « inquiétant », plus adapté qu' « angoissant » ou « terrifiant » qui seraient exagérés. MEDO ne part pas en guerre contre toute l'humanité mais s'en va faire un rite obscur en sacrifiant un animal, peut-être même une simple peluche. Ce côté cheap fait le charme de l'album, et des titres comme « O Portador Das Tormentas », « You Will Never Burn All the Witches » sont efficaces. Malheureusement le concept prend parfois le pas sur la musique et l'ennui pointe. A plusieurs reprises on a l'impression d'écouter la bande originale d'un film sombre voire carrément des scènes complètes comme sur les 8 minutes du dernier titre : « Rituale Romanum ». Celui-ci est une séance d'exorcisme avec un discours en latin et les réactions de l'homme habité par Satan. On l'entend tour à tour souffrir, vomir, cracher ou rire d'un air démoniaque. On écoute ce titre une fois, puis on le zappe, non seulement parce qu'il est long, mais aussi parce qu'il fait très film de série B. On imagine les deux protagonistes dans un studio en train de jouer leurs répliques, et ca tourne presque au risible.

 Alors cet album s'apprécie parce qu'il est sincère, artisanal et - même si le terme n'est pas celui qu'on attend d'un album de black - sympathique.

par Sakrifiss, le 29/04/2012

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

EMPEROR - In The Nightside EclipseTHROES OF DAWN - Dreams Of The Black EarthTHROES OF DAWN - Binding Of The SpiritSETH - Les Blessures de L'AmeSETH - By Fire, Power Shall Be...ASTARTE - Rise From WithinASTARTE - Quod Superius, Sicut InferiusVORDVEN - Towards The Frozen StreamsTHYRFING - Valdr GalgaMORGUL - Lost In The Shadows GreyMORGUL - Parody Of The MassLUNAR AURORA - Ars Moriendi

D'autres albums d'ambiance Occulte recommandés

ORANSSI PAZUZU - VärähtelijäSLAEGT - Beautiful and DamnedHÄMYS - AlkemiaARYOS - Les Stigmates d'HécateARYOS - Prophétie AcideARYOS / REGNANT AND THRALL - A Célébration to Lilith von SiriusARYOS - Maître des Dominations CérébralesDUX - VintrasNYSEIUS - De Divinatione DaemonumALGHAZANTH - Vinum Intus ALGHAZANTH - Wreath of ThevetatDER WEG EINER FREIHEIT - Finisterre

Autres chroniques