LEVIATHAN (USA)

True Traitor, True Whore

LEVIATHAN, on l’a tous crû mort et enterré après la sortie du formidable Massive Conspiracy Against All Life en 2008. A l’origine c’était dû à des problèmes avec le label, mais on s’attendait à ce que Wrest se rabatte sur son autre projet tout aussi apprécié LURKER OF CHALICE. Mais des soucis personnels plus graves sont venus perturber les plans de l’homme début 2011: son ex l’a accusé de violences et il s’est retrouvé provisoirement privé de liberté jusqu’à sa relaxe. 
Alors on pourrait se foutre de la vie privée de Wrest, mais cette affaire n’a pas fait que risquer la survie des groupes de l’homme. Au contraire, elle a relancé une machine intérieure qui était peut-être fragilisée et qui avait perdu de l’envie. Cette expérience a permis à Wrest d’être traîné dans une boue dont il a gardé le goût amer dans la bouche. Il l’a remâchée, ingurgitée pour enfin la recracher puissamment à nos faces. Cette expérience l’a donc inspiré et le titre de l’album parle de lui-même ! Nos 8 nouveaux morceaux parlent de cette « True Traitor, True Whore ».
Première constatation si l’on compare avec l’excellent précédent Massive Conspiracy Against All Life : malgré un titre en plus, le nouveau est encore plus court. Ne faisant que 47mn, il compte carrément 4 morceaux de moins de 6 minutes. C’est bien l’album le moins long du groupe et le seul à ne pas atteindre l’heure de jeu (j’écarte A Silhouette in Splinters, principalement instrumental). Et c’est une très bonne chose pour ceux qui ont toujours eu du mal à digérer les trop longs The Tenth Sub Level of Suicide et Tentacles of Whorror, ces deux classiques qui demandaient une concentration mais aussi une endurance à toutes épreuves. Leurs qualités étaient évidentes, mais l’écoute en devenait éreintante. 
True Traitor, True Whore est ainsi moins difficile à écouter d’une traite, mais avec toujours les mêmes côtés lugubres, terrifiants et malsains qui rendent LEVIATHAN reconnaissable entre tous. Les vocaux sont plus que jamais ceux d’une bête tantôt rampante, tantôt tapie dans l’obscurité mais constamment prête à sauter sur sa proie. Les riffs sont bien entendu toujours aussi tortueux, sachant accélérer ou se calmer pour laisser la place à des parties plus aérées mais évidemment sombres. LEVIATHAN s’est créé un monde glauque et sans issue, un monde dangereux car il devient vite addictif. Une fois encore, l’auditeur se retrouve peu à peu happé dans ce territoire et lorsque qu’il se rend compte qu’il en est prisonnier, il est déjà trop tard pour s’en échapper. Et si on se laisse si facilement attraper, c’est parce que l’équilibre musical est idéal entre plaisir et souffrance.
Comme c’était le cas sur l’album précédent, la musique reste moins laborieuse que celle des autres représentants d’un black moderne alambiqué que sont DEATHSPELL OMEGA. La seule raison qui rend ce nouvel essai un peu moins réussi, c’est l’impact moins fort qu’avant, puisque LEVIATHAN ne se réinvente pas mais nous propose juste de replonger dans les ambiances qu’il a déjà explorées dans le passé.

par Sakrifiss, le 04/01/2012

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