KROMLEK

Finis Terræ

Il est vrai que cela fait quatre ans que nous attendons le 3e album des Trolls bavarois. Ca peut faire long, c'est vrai, mais il faut reconnaître que le groupe n'a pas chômé et nous offre plus d'une heure de musique, soit presqu'autant que les deux précédents albums réunis. L'autre particularité de ce laps de temps, c'est qu'il a certainement servi aux  six musiciens de KROMLEK pour repenser un peu leur musique, d'aucun dirait « mûrir ». Reconnaissons que dans un milieu du Black Metal si attentif au ressenti, ce genre de changement apporte rarement quelque chose de profitable pour la musique du groupe concerné. Ce n'est pas le cas ici, d'autant que le changement n'est pas si évident que ça...

Déjà, ne vous inquiétez pas, nous sommes dans un terrain globalement connu. La voix n'a pas changé et est toujours aussi agréable, le clavier est toujours responsable des principales mélodies (intéressantes) et les structures musicales d'ensemble restent bien maîtrisées et tout sauf linéaires. L'ensemble est pourtant peut-être plus marqué par des consonances Heavy Metal qu'à l'habitude, par exemple dans le 3e morceau ou le 9e, agrémenté ici de soli pas très intéressants mais passables. Il faut reconnaître que l'aspect mélodique de leur musique tend à mon avis à l'emporter sur celui plus symphonique traditionnel du groupe sur une majorité de l'album, mais franchement on peut vraiment en débattre tant l'osmose est bien faite. Les compos suivent un rendu globalement de qualité, voire de grande qualité. Par exemple le 3e morceau présent de bons passages, de même dans le dernier et long morceau, et le 6e est très bon. Certes, on n'a pas de morceaux-phares comme sur les deux opi précédents, mais ça reste d'un très bon niveau général. Quant au concept, il est apparemment toujours consacré à la thématique trollienne, mais de manière bien plus ambigüe. On dirait qu'ils se sont « enslavedisés » si vous me passez ce barbarisme évocateur pour certains, c'est-à-dire qu'ils ont subitement décidé qu'après tout, pour parler de la mer, il n'est pas nécessaire forcément d'amener l'interlocuteur sur la plage. Ils ont donc décidé de lier leur concept à une sorte de dégénérescence sociétale, forcément matérialisée par l'urbanisme. Le titre de l'album l'explique assez bien à sa façon. On retrouvait un peu cette démarche conceptuelle (voire musicale) dans un autre groupe aujourd'hui vraisemblablement disparu, les Finlandais de TROLLHEIM'S GROTT. Du coup on a le droit à quelques passages étranges, tel celui un peu oriental à la moitié du 2e morceau. Mais rien de vraiment dépaysant au final, c'est tant mieux !

Un bon album en définitif. Le groupe a pris quelques risques (somme toute minimes en réalité) qui se sont avérés pour une fois crédibles à défaut d'être vraiment utiles, et qui leur permettent de nous offrir un album long et très intéressant. Les fans du genre "mélodies efficaces et entraînantes" devraient être contents !

par Baalberith, le 18/03/2011

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