KAMPFAR

Mare

Heimgang était trop édulcoré et insipide, Mare s'en démarque presque franchement. D'abord visuellement : pour la première fois le groupe a réussi une « prouesse » visuelle qui lui donnerait le droit de postuler au titre de plus mauvaise pochette de l'année ! Il m'a fallu la voir en gros pour comprendre que ce petit rond sur le côté n'était pas un sticker promotionnel, mais le cadre visuel choisi par le groupe pour y placer le titre de son album. Quant au reste de cette pochette, je cherche toujours à comprendre le rapport avec le titre (mer en latin pour ceux qui ne sauraient pas, à moins que cela ne veuille dire quelque d'autre en une autre langue, ceci expliquant peut-être cela). La solution vient peut-être d'ailleurs comme on le prétendait encore à la fin des années 1990 dans une obscure série télévisuelle états-unienne. On peut lire en effet sur Metal-Archives que cet album est dédié « to the women who chose to walk their own path » (magnifique, ça me fait saliver d'avance !). Serait-ce donc une confusion de traduction en latin entre mare et mater (mère) ? Cela expliquerait-il les voiles ou se seraient-ils tout simplement recouverts du reste de la tenture de leur salle-à-manger qu'ils auraient fumée avec leurs nouveaux amis les hippies de Fredrikstad ? S'ils veulent jouer aux fantômes, ils se sont trompés de couleur et ils ont passé l'âge, mais ne dit-on pas que les blackists sont de grands enfants ? Bref, le mystère est entier, et les Frères Bogdanov sont alertés. Il faudra vraisemblablement attendre une interview qui nous éclairerait sur tout ça, en attendant essayons de trouver le sommeil...

Passons à la musique. Celle-ci aborde un style nouveau : on reconnaît le KAMPFAR habituel (il suffit d'écouter le 8e morceau pour s'en convaincre),alors qu'on peut être au contraire surpris par d'autres morceaux (notamment le dernier). dans l'ensemble, leur musique est plus mature, plus posée, disons (oh le vilain mot !) plus professionnelle. Le groupe est apparemment décidé à utiliser davantage les claviers, en nappes ou en ajouts mélodiques, et le pari est assez réussi. En effet, le nouveau Black Metal résolument atmosphérique de KAMPFAR joue sur des morceaux assez préformatés qui autour de 5 bonnes minutes par morceau offrent des structures maîtrisées mais très classiques et pas très élaborées, peu fouillées. Elles ont néanmoins l'avantage d'être claires, concises, fluides, et très accessibles au fan de metal lambda. J'espère que ce n'est pas ce dernier but, conforté par la vision commerciale réputée de leur label, qui prend le pas dans leur orientation musicale, ce serait bien pitoyable ! Dans tous les cas, il faudra faire une croix sur les anciennes compos froides et forestières du groupe, pour apprécier convenablement cet album. Deuxième point, l'album propose de bons passages et des morceaux globalement inspirés. Les quelques bons riffs ou mélodies de ces morceaux ne sont pas suffisamment expressifs et bien utilisés ou ont tendance à se ressembler, mais c'est une des marques de fabrique de KAMPFAR et on ne saurait leur en tenir rigueur sur cet album uniquement. Encore une fois, et je ne crois pas que cela changera bien sûr, la production est très bonne, trop bonne, studios Abyss expliquant, ce qui a pour effet d'étouffer une ambiance païenne ma foi difficile à cerner, si bien sûr ils sont encore dans ce concept (cf. la petite intro de cette chronique). S'ils abordent au contraire ici un nouveau concept, espérons qu'ils n'ont pas troqué le paganisme nordique pour commencer à nous conter des histoires tirées par les cheveux sur l'humanité, la psycho-philosophie de drogués, les bonnes-femmes ou je ne sais quelle élucubration enslavedienne voire arckanumienne ! Dans tous les cas, l'ambiance n'est pas absente (grâce notamment aux claviers) mais vraiment pas explicite pour un sou.

Un album qui devrait plaire à tous ceux qui ont fait leur deuil du vieux-KAMPFAR et qui ne renâclent pas sur les claviers et le principe de l'évolution musicale. Il est plus intéressant que le précédent, c'est à mon avis évident, et constitue une écoute plus agréable même s'il manque de rendu et d'ambiance explicite. Bref, Napalm Records nous dit que « "Mare" is the pagan black metal masters' best work to date and is sure to become the genre's next cult classic. », j'espère qu'ils se trompent car il ne faudrait pas que ça devienne une mode non plus !

par Baalberith, le 07/04/2011

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