ILDRA

Eðelland

 2011 a vu le retour de FALKENBACH avec un album sorti en janvier qui aura fait quelques déçus par son manque d’audace, mais aussi parce qu’il privilégiait des ambiances sereines et ne montrait pas suffisamment les crocs.
 Deux mois plus tard arrive ce premier album d’ILDRA, groupe anglais encore méconnu, mais qui a sorti 3 démos depuis 2004. Celles-ci ont au moins convaincu le tout jeune label Sonnenrune, qui l’a signé pour leur permettre de faire leurs débuts communs avec un album de 9 titres pour 47 minutes.
 Et la comparaison avec FALKENBACH est évidente : des guitares qui se font parfois heavy, des instruments folkloriques ajoutés avec parcimonie et évitent de rendre les morceaux « tagada Tsointsoin », des samples variés qui nous invitent à voyager... En fait, que des idées pour créer des ambiances, comme chez l’Allemand. Et les images qui apparaissent obligatoirement en tête, ce sont celles d’un autre temps. D’une part, nous sommes projetés dans un décor naturel encore vierge, beau mais sauvage. Nous devenons les contemplateurs nostalgiques d’un temps que nous n’avons pas connu, et une fois l’album terminé, le retour à la réalité peut être dur pour les citadins. D’autre part, les ambiances se font moins douces et les lieux paradisiaques deviennent le théâtre de combats. Des samples d’épées qui s’entrechoquent et de chevaux au galop viennent ajouter de la tension et servir le concept, mais la violence reste assez contenue, un poil trop d’ailleurs, laissant encore de la marge pour élargir le panel de sensations créées par la musique.   Ces changements d’ambiances, ces passages de la douceur à la rage (contenue donc) se font entre chaque titre, dans des intermèdes ou au sein d’un même morceau et ce grâce à des changements de rythme, des breaks et des solos, ainsi que l’ajout de percussions et guitares acoustiques qui sonnent plus folkloriques. Mais heureusement, c’est du folklorisme mature, qui joue plus dans le tragique que dans le dansant !
 On est donc très proche de FALKENBACH, mais avec quelques éléments qui permettent de différencier les deux entités. Tout d’abord, cela se joue sur les guitares. ILDRA riffe un peu plus, et de façon plus incisive, n’hésitant pas à sortir des solos à quelques reprises. Ensuite, il y a moins de passages instrumentaux, et vu que FALKENBACH a tendance à en faire un peu trop, c’est plutôt un bien. Enfin, si les vocaux principaux se ressemblent, on ne retrouve pas les chœurs de FALKENBACH, qui en sont une grosse marque de fabrique. A la place, on peut remarquer quelques apparitions de vocaux déclamés, nuançant les ambiances et éloignant un peu le groupe de son « modèle ».
 Les morceaux sont évidemment très faciles d’accès, mais ils ne sont pas grossiers, loin de là. Malgré les écoutes, la lassitude ne se ressent pas et au contraire les mélodies restent en mémoire, agréables et moelleuses.
 Dans le style, l’album est vraiment réussi et remplit totalement son contrat en nous faisant voyager sans accuser le moindre temps mort. Ce groupe est un compagnon d’arme idéal pour FALKENBACH.

par Sakrifiss, le 02/05/2011

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

EMPEROR - In The Nightside EclipseTHROES OF DAWN - Dreams Of The Black EarthTHROES OF DAWN - Binding Of The SpiritSETH - Les Blessures de L'AmeSETH - By Fire, Power Shall Be...ASTARTE - Rise From WithinASTARTE - Quod Superius, Sicut InferiusVORDVEN - Towards The Frozen StreamsTHYRFING - Valdr GalgaMORGUL - Lost In The Shadows GreyMORGUL - Parody Of The MassLUNAR AURORA - Ars Moriendi

D'autres albums d'ambiance Epique/Fantasy recommandés

BLACK MESSIAH - First War of the WorldBLACK MESSIAH - The Final JourneyBLACK MESSIAH - HeimwehTRYSKELLION - Sur Le Passage De L'AnkoùESPHARES - Par delà le fleuve de la mort...EMYN MUIL - Túrin Turambar Dagnir GlaurungaASTARTE - Rise From WithinASTARTE - Quod Superius, Sicut InferiusRAATE - Demo IBAL-SAGOTH - Starfire Burning Upon the Ice-Veiled Throne of Ultima ThuleBLACK MESSIAH - Oath Of A WarriorMIRZADEH - The Creatures Of Loviatar

Autres chroniques