GERM

Grief

Tous savent à quel point j'ai défendu corps et âme le groupe GERM, projet de Tim Yatras. Les critiques tant sur la qualité du premier album que sur sa soi-disant ou non appartenance au Black Metal ont alimenté bon nombre de commentaires sur le forum de PostChrist. Je n'y reviendrai évidemment pas ici, mais je me devais de commencer par-là afin de préciser qu'avec ce 3e album (oui, 3e en deux ans ! Mais Tim nous avait expliqué pourquoi dans l'interview qu'il nous avait accordée) les doutes ne sont plus possibles : c'est bien du Black Metal, et qui plus est cette fois-ci sur plus de 70 minutes ! Autant dire que le jeu en vaut vraiment la chandelle !

Après un premier album de Black électro et un second plus avant-gardiste voire symphonique, tous deux de grande qualité, GERM revient donc avec un troisième album plus conventionnel. A croire que l'homme-orchestre s'assagit. Ne rêvons pas, nous n'avons pas ici une œuvre stéréotypée, quelques passages électro (on reconnaît encore une fois la patte musique planante qui nous rappelle comme nous l'avais confié Tim, qu'il est un grand fan de JARRE, ça tombe bien moi aussi !) par exemple sont encore à noter, mais ils sont très rares, ainsi (encore une fois) d'un peu de piano. La voix claire n'est pas non plus absente, au grand dam de quelques-uns qui risquent de la maudir sur certains morceaux. Le 5e dénote ainsi du reste de l'album par une approche presque variété, mais la touche et le talent de Tim en plus, ce qui rend à ce morceau toute la dignité qu'il aurait pu perdre dans les mains de quelque chanteur bidon actuel. De manière générale pourtant, les passages non Black s'installent davantage en interludes plutôt qu'au cœur des morceaux (ex : le 2e).

En tout cas, l'ensemble est clairement plus accessible que les précédents opi. Les mélodies sont toujours au cœur de la musique offerte par Tim, avec des riffs bien caractéristiques et une voix toujours bien écorchée. Elles s'insinuent doucement mais sûrement au sein de chaque morceau et imprègne la musique (à moins que ce ne soit l'inverse !). Impossible de ne pas penser par exemple aux classiques d'AUSTERE ou de WOODS OF DESOLATION en écoutant le 1er morceau. Quelques ajouts de voix claire (française !) ajoute au charme général qui se dégage de cette œuvre. On revient donc ici aux amours du Black Metal atmosphériques, si belles lorsqu'elles sont bien traitées. L'aspect mélodique vient se greffer avantageusement çà et là, en arpèges ou en riffs plus ciselés, dans une subtilité toujours rondement menée.

Alors, certains regretteront ce choix (c'est un peu mon cas malgré l'intérêt évident que je porte à cet album), d'autre le trouveront au contraire plus à leur goût, ce qui est sûr en tout cas c'est que le travail formel est encore une fois-là et que la maîtrise structurelle ne faillit pour ainsi dire jamais. Bref, il ne manque à ce bel album que davantage d'inspiration. Le niveau est en effet sur ce point un peu en-dessous du premier album et si plusieurs passages, voire morceaux, posent de belles mélodies, car Tim est un très bon compositeur n'en déplaise à certains, cela aurait pu être encore meilleur. Après, c'est encore une fois une question de goût, mais on s'ennuie pas une seconde !

Un point sur l'ambiance et le visuel. Jusqu'à présent GERM n'a jamais brillé d'un point du visuel. Cet album ne fait pas figure d'exception, mais place la barre bien plus haut, hélas pas suffisamment pour que l'on puisse parler d'un bon visuel. Il manque en effet un livret à ce digipack en tryptique. La pochette contraste, qui plus est (sauf dans les tons), avec le reste du digipack présentant ma foi un paysage agréable, bien qu'il ne soit pas déshumanisé et qu'il mette en avant la mer (pour qui je n'ai aucune estime). Cela n'empêche nullement l'ambiance d'être au rendez-vous. L'avantage du style est en effet qu'en mettant de côté les influences trop électronique, il a inévitablement gagné en émotion. Pari gagné !

Encore un bien bon album pour un groupe qui ne fléchit pas et qui sait se renouveler. Un bel exemple qui n'est pas forcément à suivre car il faut être capable d'assumer qualité de fond et de forme sans tomber dans la caricature, mais qui, lorsqu'il est bien fait, fait toujours très plaisir. Le bon label Eisenwald a décidément trouvé ici un meneur d'équipe de talent, espérons qu'il continuera à l'être pour encore longtemps !

par Baalberith, le 12/09/2013

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