FORGOTTEN TOMB

Springtime Depression

Un an après un album l’ayant placé au centre de la scène dépressive pour la postérité, FORGOTTEN TOMB revient avec ce Springtime Depression, histoire de confirmer ou d’infirmer les espoirs que Songs to Leave avait fait naître.

Le nom de l’album en lui même est assez truculent en donnant dans l'oxymore. Springtime Depression, donc, représenterait pour moi cet espèce de mélancolie des plages, ce spleen des vacances forcées, du soleil, du beau temps, quand tout dans notre coeur et notre corps aspire à la froideur, à la glaciation, et que ne nous entourent de partout que de joyeuses figures idiotes, satisfaites et repues, nous jetant à la tête ce contentement dont nous n’avons que faire. « La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur », avait l’à-propos de dire l’ami Emil, et dans cette optique le black metal est le refuge des âmes ulcérées par la musique.

La production est bien différente de Songs to leave, avec un son très froid, distinctif et qui garde une sonorité brute néanmoins appréciable. L’adjonction de la batterie tenue par Wedebrand (subrepticement passé par SHINING) ajoute de la maîtrise à l’ensemble, et une compacité qui renouvelle le son du groupe : celui-ci ne s’est pas reposé sur ses lauriers et essaye de proposer quelque chose de différent.

Le chant de Herr Morbid est lui aussi renouvelé, avec un ressenti mieux maîtrisé et plus classique, mais en meme temp un peu moins instinctif, même si les hurlements suraigus sont toujours de rigueur.

L’album est construit comme suit : 3 pistes, une interlude, 3 pistes. La longueur des pistes hors interlude s’échelonne de 7 à 14 minutes. L’ensemble est homogène, et les pistes s’enchaînent naturellement. La lenteur est évidemment toujours une marque de fabrique, creusant le sillon du black doom un avec talent réel ; seule une piste s'autorise un rythme soutenu : "Daylight Obsession". 

L'interlude à elle seule est une pièce instrumentale tout à fait exquise et déploie le même motif sur plus de quatre minutes sans que cela soit le moins du monde gênant ; c'est un sommet (ou plutôt un puits) de mélancolie, une piste qui se meurt lentement comme étouffée par le serpent de la dépression. 

Il subsiste toujours ces passages à la guitare non distordue (3'33 sur "Daylight Obsession", 5'20 sur "Colourless Despondency", le début de "Subway Apathy"), où l'on retrouve la patte caractéristique du groupe, mais peut être l'effet de surprise s'est-il légèrement émoussé. Les influences se font moins décelables, même si la dernière piste ("Desolated Funeral") nous fait un peu penser au KATATONIA époque Dance Of December Souls.

L'album reste tout de même moins marquant que Songs to Leave, qui à l'apanage de la nouveauté, avait le bon goût d'ajouter des riffs plus inspirés ; la gravité plus importante et le changement de son de cette sortie y sont probablement pour quelque chose. Certaines pistes, trop rares, se détachent niveau inspiration, comme par exemple "Scars". Finalement la réussite de l'album vient plus de sa capacité à transmettre une atmosphère bien déprimante qui plane tout au long de l'album, la pochette étant en adéquation avec ce sentiment. Les paroles même si elles sont dans l'esprit, sont encore une fois assez creuses. 

C'est en définitive un album de qualité, mais qui malheureusement ne tient pas la comparaison avec son prédécesseur : il recèle de nombreux passages intéressants, mais qui restent comme noyés au fond de la densité de l'album.

A défaut de proposer un Songs to Leave bis, le groupe évolue dans le son et les compositions, mais on sent déjà que la carrière du groupe ne va pas être de tout repos.  


par obsoletedream, le 05/05/2017

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