FEIGUR

II, Desolation

Le black depressif, on en a vu des vertes et des pas mûres. Avec les progrès technologiques, chacun a pu faire de la musique chez lui, ce qui a permis l'arrivée du phénomène des one-man bands, particulièrement prospère dans ce style. Des centaines de guitaristes ont allègrement pu inonder Internet et les labels de leurs pâles copies de BURZUM, entraînant assez vite un ras-le-bol quasi-général chez les blackeux. FEIGUR pourrait être assimilé à cette mouvance ; heureusement, ce one-man français se démarque de la masse.

Tout d'abord, un des principaux défauts de ce genre de projets n'est ici pas présent : on a à faire à une vraie batterie, et pas une boîte à rythme plastique, pourrave et insupportable. C'est déjà un bon point, mais clairement pas suffisant. FEIGUR, sans pouvoir se targuer d'une originalité à toute épreuve, nous livre tout de même un black dépressif/atmosphérique loin de la copie. La musique sur ce II, Desolation est avant tout très aérienne, une ambiance mélancolique planante portée par des nappes de claviers très présentes, des envolées de guitares simplistes mais bienvenues et une prod très spéciale servant assez bien le tout. Si les compositions basiques sont assez peu intéressantes, avec des riffs lancinants et simplistes, les longs solos de guitare et les leads, comme sur « Night Pulls all Perception », permettent clairement d'éviter un ennui largement récurrent dans ce style. De plus, FEIGUR a la bonté de ne pas nous infliger des morceaux très longs et répétitifs comme on en a trop souvent vus.

L'aspect épique de la musique de FEIGUR est également un bon point assez présent dans l'album, notamment dans les nombreuses leads parsemées dans presque chaque chanson. On le retrouve particulièrement dans la seconde moitié de l'album, à partir du très bon morceau « Naissance » - un dark ambient porté par des guitares épiques et funestes, une déclamation en français et un piano tragique. L'ennui pourra pointer le bout de son nez avec « Désolation », une chanson qui met du temps à démarrer, mais pour un résultat finalement assez convaincant avec ces guitares acoustiques hantées et planantes. « Die Herrschaft des Eises / Leichenmaus... » clôture l'album de façon trop rapide ; il s'agit certainement de la meilleure composition de ce second opus, elle est pourtant bien trop courte, et l'on reste trop sur sa faim.

Au final, II, Desolation est un opus plutôt convaincant pour ce one-man band français assez appréciable à qui il manque tout de même une certaine conviction dans la composition qui manque un peu à mon goût, afin de donner quelque chose peut-être de plus personnel et possédé.

par Jankowitch, le 31/01/2011

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