ENBILULUGUGAL

Noizemongers for Goatserpent

Culte indicible fondé à l'aube du nouveau millénaire par le coprophile Izedis, ENBILULUGUGAL, ainsi nommé en hommage à l'une des entités les plus sanguinaires, débauchées et improbables qui soient jamais nées de l'imaginaire anthropoïde, le puissant BOUCSERPENT, éjacule sa première galette de vomi longue-durée quatre ans plus tard, dans l'intention ouvertement avouée de violer auditivement et mentalement les badauds qui voudraient tenter l'expérience.

Dans cette optique, Noizemongers for Goatserpent est une réussite totale. Si la bile mélangée au pus, au sang caillé et au smegma devenait son, elle serait ENBILULUGUGAL. Suite presque abstraite de bruits distordus et démoniaques, de chaos sursaturé et de hurlements qui n'ont plus rien d'humain, cette cascade diarrhéique déchaînée sur le monde par le respectable si irrespectueux Rusty Axe Records fera l'effet à l'innocent amateur de "vrai" Black Metal s'étant perdu en chemin d'une sodomie à sec par un troupeau entier de mammouths alcooliques. Rien, non, rien de ce qui se passe sur cette abomination ne saurait faire songer à ce que l'homme moderne référence comme étant de la "musique", mais se rapproche peut-être davantage de ce que des hommes de Néanderthal réaliseraient si l'on tentait très vaguement de leur inculquer l'Art noir et le satanisme le plus instinctif et primitif avant de leur balancer une guitare à moitié détruite, un ampli noyé sous des litres de mauvaise bière, un kit de batterie dont toutes les caisses et les cymbales seraient trouées ou fendues et un microphone de webcam à la tronche pour finalement tourner les talons et prendre ses jambes à son cou. Noir et pourri comme une gangrène au stade final, vulgaire et interloquant comme l'anus doué de parole d'un cacodémon, rendant le terme de dépravation obsolète tant il est tout ici, ce blasphème suprême est tout cela et l'exhibe fièrement. De la première seconde à la dernière, Izedis et ses écoeurants compagnons nous font bouffer du guano sous une pleine lune ornée d'entrailles comme un sapin de Noël de guirlandes. Pendant quarante minutes, nous sommes dévorés vivants par des sauvages durant un rituel grotesque comme seule l'imagination fiévreuse d'un inquisiteur espagnol mentalement dérangé pourrait en concevoir à la pensée des peuplades païennes des régions les plus reculées du monde.

Mais quel intérêt, alors, me demanderez-vous ? Hé bien, vous souvenez-vous du désir de certains de retrouver certaines racines interdites et abjectes du sous-genre de Metal qui nous occupe ? Cette laideur caractéristique des premiers balbutiements d'un MAYHEM, d'un BEHERIT ou d'un IMPALED NAZARENE dans leurs caves exigües, des démos les plus souterraines de l'ancestrale scène extrême brésilienne, les aspects les moins accrocheurs et les plus repoussants d'un HELLHAMMER, d'un BATHORY ou d'un VENOM ? Celles-là même qui font graviter certains maniaques comme des mouches autour des infectes offrandes d'un ZARACH'BAAL'THARAGH, d'un KRATORNAS ou d'un DEATHCHURCH ? Ces racines-là se trouvent ici à la fois magnifiées et dégradées au dernier degré, broyées avec quelques vieilles tapes de MERZBOW et transformées en une soupe répugnante qu'on aurait appliquée grossièrement sur format disque compact.
A éviter pour toute personne saine d'esprit.

par W.Whateley, le 11/10/2010

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