DRUDKH

Eternal Turn of the Wheel

 Plutôt que de donner mon opinion de fan de DRUDKH, je pense qu'il est plus utile que je rapporte ce que me disait madame DRUDKH à la sortie de ce déjà neuvième album.

 « Ça fait bientôt 10 ans que je le connais mon DRUDKH. Dès la première nuit, il m'a retournée avec son Forgotten Legends. En 39 minutes j'avais compris à qui j'avais affaire, et j'avais continuellement envie de recommencer. Toutes les nuits, je me le retapais avec le même plaisir. Le gaillard avait bien compris comment il fallait me prendre et n'a pas tardé à (m')en remettre une couche avec Autumn Aurora, The Swan Road et Blood in Our Wells. Chaque coup était meilleur que le précédent, et il arrivait même à durer plus longtemps. Sur ce dernier il (m')enfilait pendant carrément 50 minutes.

 Alors bien sûr, on a connu des bas, surtout en 2006 avec sa volonté de faire un jeu inédit, un petit détour acoustique sur Songs of Grief and Solitude, mais il m'avait bien prévenue. C'était juste comme ça, pour essayer, et c'était pas méchant. Je ne lui en ai pas voulu, surtout que je savais qu'il allait revenir rapidement avec ses ambiances, ses gadgets, son doigté. Et il n'a pas tardé. Sur Estrangement et Microcosmos il était lui. C'est vrai que la lassitude guettait déjà, mais on continuait quand même notre petit plaisir ponctuel. Enfin c'est ce que je croyais parce que lui, il était finalement plus las que moi. Il a dû avoir envie de nouveauté parce qu'un jour il a déboulé tout de suite j'ai remarqué que ce n'était plus vraiment le DRUDKH que je connaissais. Déjà, de loin, il avait une pochette un peu moisie avec un gars aux cheveux longs typé comics dans une posture super-héroïsante devant la lune et avec une sorte de boule de feu entre les mains. Un peu gay et loin des paysages habituels. Même le titre me faisait peur : Handful of Stars ! Et ça n'a pas raté ! Je commence à l'écouter et soudain, qu'est-ce qu'il me fait ? Il me choppe par derrière et il me met son engin dans la boite à cacao. Alors je l'arrête tot de suite ! « Mais qu'est-ce qui te prend DRUDKH ! T'es pas bien de faire des trucs de tarlouzes ? » Et il me répond avec un accent shoegaze : « Mais c'est tendance ! ». « Ah bah non mon loustique, c'est pas tendance chez Bobonne ! Si t'as envie de faire tes cochonneries, tu vas aller les faire avec les malades qui partagent tes penchants ! » Eh bah, tu me croiras pas, il m'a écouté ! Il a remballé son petit piano, ses petits riffs post black, et il s'est trouvé un camarade de jeu. L'autre là... Mais si, comment il s'appelle déjà... Oui ! Neige d'ALCEST. Et ensemble ils ont monté un groupe. Oui, oui, « monter ». Dans le sens que tu veux. Ou alors dans tous les sens, tiens ! Ils ont appelé ça OLD SILVER KEY. Bien, pas bien, ça c'était plus mon problème. C'était plus chez moi, c'était plus mon popotin. Mais la bonne surprise, c'est que ça lui a remis les idées en place ! Il est revenu me voir un peu après la queue entre les jambes avec cet Eternal Turn of the Wheel. Et justement c'était reparti pour un tour. Il s'était bien déchargé de tous ses penchants qui n'avaient rien à faire chez DRUDKH. Il m'a reprise comme j'aimais qu'il me prenne, sans risque, sans prise de tête et avec les positions habituelles. Oui, tu as raison, c'est le retour de choses trop planplans, mais c'est rassurant, plus en tout cas que de se faire ramoner à sec. Et encore oui, je te cacherai pas que quelque part, j'ai presque envie qu'il me rebrutalise un peu. Mais avec son petit doigt alors, pas avec Raoul et ses deux boules. »

 Elle explique hein, madame DRUDKH ! Retour aux sources donc, et pas uniquement du côté musical puisque la pochette et le livret proposent un minimalisme assumé. Pas de remerciements, pas de line-up. Juste des illustrations sans prétention et les paroles en ukrainien, sans traduction. Il n'y a qu'un sticker ajouté au boitier qui nous explique que les « poètes ukrainiens reviennent à leurs origines avec les morceaux idéaux pour l'hiver. » et que « DRUDKH est l'un des meilleurs groupes de black metal en activité ». Une fois cet autocollant retiré, vous aurez alors un album similaire visuellement aussi au DRUDKH plus ancien qui a fait sa renommée. On est content de retrouver les ambiances qu'on aime, bien menées et efficaces. Le mélange entre passages rugueux, passages calmes et incursions acoustiques fait plaisir. On n'atteint pas l'intensité des meilleurs titres du groupe, mais c'est uniquement parce qu'il est difficile d'allier continuité et surprise. Si ces morceaux étaient sortis sur les premiers albums, ils seraient considérés au même titre comme des classiques. 

par Sakrifiss, le 23/03/2012

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