DRUDKH

A Furrow Cut Short

Chroniquer un album de DRUDKH n'est jamais facile, car le groupe a pris l'habitude d'évoluer, dans un sens ou dans l'autre, depuis déjà plusieurs années (en 2015). Avec le précédent album, on y voyait un retour (assez raté) à la vieille époque et l'album d'avant, exhibait un flirt prononcé (et réussi selon moi) avec la tendance « post-BM » en vogue depuis quelques temps. Ce nouvel album est encore à sa façon, différent, ni axé sur des tendances modernisantes, ni sur des riffs nostalgiques. Sans être original, il n'est pas non plus totalement cliché, mais le problème est surtout ailleurs...

Au long de 7 morceaux plutôt longs, la bande à Thurios et à Seanko élabore donc un Black résolument atmosphérique dans lequel, comme à leur habitude, les guitares ont le rôle dominant, balançant des riffs assez mélancoliques et ciselés, dans des structures éminemment redondantes. Quelques rebondissements et peu de breaks, une voix Black calme et bien mixée, le tout dans un rythme général rarement mid-tempo. Quelques passages, comme celui des guitares dans le dernier tiers du deuxième morceau, rappelle la marque déposée des Ukrainiens et dans la globalité de l'œuvre, on est (il est vrai) pas trop étonné du style.

Jusque-là, rien de nouveau, mais là où le bât blesse indéniablement, c'est que le rendu des mélodies n'est pas au rendez-vous. Cela reste assez plat, peu convainquant : le manque de relief se combine avec des structures assez « planes » qui exigent obligatoirement dans un tel style musical des mélodies frappantes pour être un minimum percutantes. DRUDKH y était arrivé par le passé, même sans aller jusqu'à citer leur très bon Forgotten Legends, témoin d'un temps hélas bien révolu aujourd'hui. Sur ce dixième album au contraire, on sent l'expérience et la maîtrise d'un style rodé, mais surtout le manque de finition et d'inspiration qui rendent l'album un peu trop mou et « passe-partout ». Il y a bien quelques essais, quelques passages, mais sous-exploités, qui s'épuisent alors hélas bien vite. Seul « Embers » semble s'en tirer à peu près bien.

De cet ensemble musical, l'ambiance peine à se dégager. Un peu mélancolique, un peu nationaliste, un peu des deux. Il est clair que l'effet sur l'auditeur n'est pas absent, mais on est loin de l'ambiance Nature des premiers albums, bien plus pertinente, ou même celle d'un Blood In Our Wells (pourtant loin d'être leur meilleur album), clairement historique voire païen, également plus évidente.

Un nouvel album en demi-teinte qui, malgré ses plus de 58 minutes, n'arrive jamais réellement à accrocher l'auditeur. Est-ce le signe que le combo fatigue ? Les plus grands fans ou les auditeurs les moins exigeants arriveront quoi qu'il en soit, à s'en contenter je pense...

par Baalberith, le 11/05/2015

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