DRAPSNATT

Skelepht

Il est inutile de préciser que j'attendais ce 3e album avec une impatience non dissimulée. Après un excellent premier album et un véritable chef-d'œuvre sorti en 2010, je ne m'attendais pas à un 3e opus du même niveau. Ou plutôt, je l'espérais sans le croire vraiment. Il apparaît que ce 3e album est en effet loin d'atteindre les sommets de ses deux grands frères. Le niveau était certes haut, très haut, trop haut ?

Alors que dire sur ce 3e album ?

Déjà que musicalement parlant, il est assez difficile à bien appréhender. Pas moins de trois ou quatre écoutes attentives sont nécessaires pour bien faire la chose, là où beaucoup d'albums se contentent de deux. La raison en est que les deux compères suédois offrent ici la musique la plus riche et fouillée de leur discographie (à ce jour). Preuve en est la construction musicale, bourrée de breaks, de rebondissements, de montées et de descentes en puissance. Ajoutons à cela du piano, des cordes et...le rôle du clavier qui est primordial. Même si le style reste mélodique, la polyvalence de cet instrument sert toujours très bien la musique de DRAPSNATT. Le tout est servi par un rythme plutôt calme, avec la présence d'une certaine densité et puissance musicale, tout le long ou presque de l'album. C'est ma foi la marque de DRAPSNATT, donc ne nous en étonnons pas.

Il en découle une subtilité à toutes épreuves, il ne saurait en être autrement pour un groupe qui mise autant là-dessus ! Pour ceux qui recherchent de l'immersion musicale, DRAPSNATT fait figure de référence, pour peu que l'on soit sensible bien sûr à l'émotion générée par la torpeur et la mélancolie, car c'est bien ces sentiments qui dominent sur paravent de thématique dédiée à la Nature. Le visuel rend cela assez bien, simplement d'ailleurs, avec un livret en feuilles cartonnées (oui, j'adore cela !). Dommage qu'il n'y ait seulement pas plus d'homogénéisation dans les tons et les couleurs : on passe du noir et blanc à la couleur avec des tons tantôt grisés, tantôt bien chauds et automnaux. Chaque page (ou plutôt double-page) est en soit très belle, mais mises toutes ensemble, ça contraste un peu trop.

Les Suédois recherchent dans les images de la Nature les larmes qui doivent tomber logiquement des yeux de l'auditeur. Le pari est donc gagné, même si l'intensité des émotions soulevées sur cet opus n'égale en rien celles générées par Hymner Till Undergången. Même chose en ce qui concerne la qualité des compositions : 8 morceaux pour 45 minutes de musique, on est dans la logique, et chacun offre à l'auditeur son pesant de mélodies et de rendu. Beaucoup de très bons passages, un ensemble qui ne pâlit pas. Pourtant, aucun Grand Morceau, aucun Grand Moment qui fait réellement frémir le fan du genre.

Encore bravo donc au groupe pour ce 3e très bon album qui, s'il n'arrive pas à toucher autant que les deux précédents, reste à n'en point douter une œuvre à connaître ! Il devrait se bonifier assurément au fil des écoutes, comme à chaque fois avec DRAPSNATT...

par Baalberith, le 28/05/2012

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