DIMMU BORGIR

Abrahadabra

 DIMMU BORGIR, un groupe qu’on ne présente plus ? Eh bien si, il faut parce qu’il y a eu de nombreux changements au sein de cette formation depuis sa création en 1993. Déjà, du côté du line-up, il ne reste que Shagrath et Silenoz pour les anciens, et le fidèle Galder, tête de OLD MAN’S CHILD, devenu membre depuis déjà 10 ans et Puritanical Euphoric Misanthropia. Les compères Mustis et Vortex ont été remerciés, et si cela en a chagriné ou inquiété pas mal, cela m’a semblé une plutôt bonne nouvelle car ses interventions vocales claires commençaient à me lasser. Un changement très important donc dans le line-up.
 La musique n’est pas en reste. Elle a déjà connu de nombreux changements, passant de claviers cheap et mélodies au piano à des symphonies jouées par de vraies orchestres. Mais la ligne directrice est toujours restée la même : proposer des couplets directs, agressifs, puis ajouter de la mélodie soit pas dessus, soit dans les refrains.

 Sur ce nouvel album, on n'y échappe pas, mais le groupe pousse encore plus loins son côté symphonique. Le Black de DIMMU BORGIR est enrobé par d’épaisses couches mélodiques qui fait tilter les adeptes du black metal épuré. On peut le dire, la musique est totalement aseptisée, commerciale et on peut dire que c’est du «Walt Disney black metal». Mais voilà, c’est totalement assumé et cela en devient l’intéret du groupe ! L’imagerie, l’attitude, les textes, tout est fait pour une seul et unique objectif : l’ « entertainment » grand spectacle. Nous voilà avec la bande originale idéale pour un film d’aventure made in Hollywood. Les ambiances vous font passer des « Pirates des Caraïbes » à « Sinbad le Marin » en passant par quelques scènes chez « Conan le Barbare ».
Ceux qui n’acceptent pas de tels vilains petits canards doivent absolument passer leur chemin, mais si vous avez envie d’une cinquantaine de minutes de détente fantastique, il faut laisser sa chance à l’album. Les morceaux conservent bien sûr la base « DIMMU BORGIR », mais c’est beaucoup plus épique. C’est le mot d’ordre de tous les titres ou presque. Seuls « Born Treacherous » et « Chess with the Abyss » sont moins enjoués, et du coup proches de l’album Death Cult Armageddon, vieux de 7 ans. Sur tous les autres morceaux, l’épisme se manifeste soit par l’orchestre, soit par des nappes de claviers, soit encore par des vocaux très variés. Bien sûr Shagrath est le principal interprète, mais on retrouve des choeurs pratiquement partout et de toutes sortes : féminins, masculins, en break, en support etc... Le principal résultat, c’est de transformer DIMMU BORGIR en cousin de THERION. Quelle ressemblance sur certains morceaux ! Le plus flagrant c’est sur « Dimmu Borgir », insupportable tant il est envolé. En tout cas, le groupe semble fier de ce titre et le propose en instrumental en dernière position de quelques versions de l’album. Cette conclusion rappelle encore plus l’aspect cinéma de l’ensemble. On imagine très bien les crédits défiler avec le bétisier des meilleurs blagues faites pendant l’enregistrement...
 A part ce titre, j’ai bien aimé l’incorporation des éléments épiques. Surtout, je suis tombé amoureux du single « Gateways », celui qui a fait beaucoup d’encre à cause de son clip chamalo. C’est le seul où l’on trouve une chanteuse accompagnant Shagrath, mais quelles interventions ! Elle grogne telle une furie pour sa première partie, et revient sur la fin en voix claire pour un merveilleux ping-pong vocal émouvant. Ah, elle aurait mérité une présence sur un ou deux titres de plus, la bougresse. Ce titre, c’est de l’excellent BM 3D en son surround pour salle géante. C’est du Disney ! C’est du divertissement ! Acceptez-le ou n'essayez même pas.
Je ne vais pas expliciter plus, l’album est riche avec tous les clichés inimaginables : samples, ambiances à la BAL SAGOTH, vocaux à la « Puritania », intervention de Kristoffer Rygg de ULVER, etc... Tout n'est pas réussi, comme le refrain sur "Endings And Continuations" qui est ridicule, mais en tous cas cet album dépasse In Sorte Diaboli qui était à moitié râté. Là, on a un produit qui ne plaira pas à tous, mais qui va au bout de son objectif. Il ne faut pas oublier d’acheter les popcorns pour en profiter pleinement. Et surtout il faut aussi bien lire le superbe livret pour lequel une demie page a été nécessaire pour noter toutes les adresses Myspace, Facebook, Twitter, Youtube et compagnie de DIMMU BORGIR et ses membres (sic)...
http://www.myspace.com/dimmuborgir

par Sakrifiss, le 21/10/2010

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