DIAPSIQUIR

A.N.T.I.

Les revoilà, ces malades de DIAPSIQUIR. Les revoilà, retour en force qui enfonce tout sur son passage. Les revoilà, avec un nouvel opus qui se fiche de toutes les barrières, dépasse le black/indus un peu zarbi du passé, et surpasse bien entendu tout ce qu'ils ont fait auparavant. Un concentré de haine de junkies, de morosité urbaine et de dégoût viscéral de l'humanité, un manifeste « à la gloire de l'anti, à la gloire du contraire »... Un disque phénoménal, innovant et rempli d'émotions brutes.

Le groupe avait déjà provoqué tout un foin avec l'album précédent, Virus STN. Une sorte de black/indus déjanté et déjà empreint de ce sentiment de dégoût, mais encore bien trop brouillon au niveau du son, des morceaux souvent trop bordéliques et sans queue ni tête, et des riffs souvent assez moyens. Avec A.N.T.I., T.H. et sa bande de parias sortent complètement des carcans. Chant naviguant entre voix claires et rap désabusé et intense déclamant des textes amers et sombres, guitares formant de doucereuses et moroses mélodies, synthés décalés et dissonants qui finissent d'achever l'auditeur médusé. Cet album est une véritable descente vers la folie, un bad-trip destructeur dont on ne sort pas indemne. Le style de DIAPSIQUIR est réellement affirmé et complètement personnel, difficilement explicable tant il est spécifique. Dénué de toute influence discernable, A.N.T.I. est une réelle expérience absolument éprouvante ; une musique moderne très puissante et riche, nourrie d'electro, de hip-hop, de metal, de rock voire parfois de pop. A.N.T.I. est, à la manière de L'Ordure à l'état Pur de PESTE NOIRE, un disque de ce que j'oserais appeler la nouvelle vague du BM français qui divisera bien entendu les foules par son intensité et sa personnalité.

Décrire A.N.T.I. au niveau purement musical serait bien vain. En effet, que seraient cette basse destructrice, cette alternance batterie réelle / boîte à rythme, ces guitares tantôt claires et entêtantes, tantôt distordues et dissonantes, ces incursions d'instruments comme la trompette ou le violoncelle pris séparément ? Pas grand-chose, tant cet album est un trip unique, cohérent et impossible à décortiquer. Les textes sont d'excellente facture, ils collent complètement à cette atmosphère pleine de cocaïne et puant le soufre et les amphet à plein nez, empreints d'un blues de junky étalé dans le caniveau d'une banlieue mal famée. Difficile de se retenir de déclamer les pamphlets les plus marquants de cet album, le frisson dans le dos et la boule au ventre.

A.N.T.I. fait partie de ces albums si spécifiques qui tiennent du génie, bien entendu une des meilleures œuvres de 2011. Certainement le dernier album de DIAPSIQUIR - de toute façon, égaler cette atmosphère n'aurait pas été chose facile, et je pèse mes mots.

par Jankowitch, le 14/07/2011

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