DARKESTRAH

Turan

Le problème pour DARKESTRAH, c’est que toute leur carrière risque d’être comparée à leur album-étalon qu’est The Great Silk Road, paru en 2008. Pourquoi ? D’abord parce qu’objectivement cela reste leur meilleur album, mais également parce qu’il est la synthèse parfaite entre l’approche mélodique du groupe et celle plus percussionniste que leur concept leur impose. En effet, depuis 2008, le groupe a réalisé quelques travaux qui lorgnaient bien plus sur les claviers que sur les percussions, enlevant par-là même l’un des attraits principaux de sa musique. Ceci dit, il faut bien avouer que comparé à son prédécesseur, Turan met la barre bien au-dessus…

Le style ne varie guère depuis quelques albums : les claviers ont la part belle au sein de structures musicales assez travaillées,mais suivant toujours un fil directeur clair. Ils développent une bonne construction musicale qui varie en puissance et en subtilité, notamment grâce à un rythme parfois soutenu et par des atmosphères tenaces, mais aussi et surtout grâce à la voix.

Pour ceux qui auraient suivi l’aventure "darkestrahienne", le groupe a en effet perdu (depuis 2 ans à la sortie de cet album) sa chanteuse d’origine (au chant Black) : Kriegtalith. Sa voix, assez particulière dans son timbre rocailleux, avait fortement marqué la musique du groupe et ce n’est pas évident de s’en passer à présent. Force est pourtant de constater que le nouveau chanteur, pas très connu au demeurant, a un organe d’une qualité bien supérieure : sa voix offre un gain de puissance à la musique du groupe parfaitement bien venu. Au final, la musique est devenue à la fois aérée et puissante, homogène sans être compacte. A coup sûr, on n’était pas loin du très bon album si le jeu des percussions était moins timide et s’il avait pu développer davantage l’image orientale proposée par le concept traditionnel de DARKESTRAH. Car l’inspiration générale est bien là, au contraire du précédent opus, et si aucun passage très marquant n’est à relever, chaque morceau recèle son lot de d’intérêt.

La recette conceptuelle n’a pas changé non plus : le groupe exploite le filon oriental des terres lointaines d’Asie centrale. Avec cette fois-ci un arrêt plus poussé sur les neiges des steppes que sur leurs étendues herbeuses, voire sablonneuses. Le livret est ainsi intégralement saupoudré de neige qui tombe, sur chaque page. La réalisation générale est intéressante, bien qu’un peu légère dans les effets spéciaux (le copié-collé photoshop est un peu trop visible). Elle soutient sans souci l’ambiance qui, entre samples de vent, d’oiseaux, des violons et des voix/instruments traditionnels, s’installe confortablement dans la musique de DARKESTRAH.

Un bon retour, vraiment, cela fait plaisir !


par Baalberith, le 31/05/2016

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