DARKESTRAH

Khagan

Après 12 années de carrière et 4 albums, c'est tout naturellement que le talent de DARKESTRAH lui permet de signer (enfin ?) sur un gros label, en l'occurrence Osmose Productions. Mérité ? Certainement, même si le label ne fait pas le groupe ou l'album, on ne le répètera jamais assez. La question n'est ici pourtant pas de savoir s'ils ont bien fait ou non de signer sur le label français nordiste, après tout n'importe quel groupe cherche à promouvoir du mieux qu'il peut sa musique et on serait bien mal aisé de venir le reprocher aux Germano-Kirghizes. Non, la question est plutôt de comprendre la logique musicale suivie sur cet album...

...car en effet, loin de proposer quelque chose de parfaitement innovant pour un groupe qui aujourd'hui a carrément trouvé son style et son concept et a posé une empreinte indéniable sur la scène bm paganisante, cet EP ne suit pas les canons habituels du groupe. Il s'agit sans nul doute de leur album le plus atmosphérique. Là où le précédent magnifique The Great Silk Road jouait davantage sur les rythmiques (je rappelle que le géniteur et compositeur du groupe est d'abord un percussionniste), Khagan s'appuie surtout sur les ambiances basées sur les nappes de claviers et quelques symphonies bien étirées sur deux morceaux d'environ dix minutes (si l'on omet l'interlude de 3 minutes du milieu d'album). Aux côtés de chœurs assez présents pour la durée totale de l'album (c'est-à-dire moins de 24 minutes !) on retrouve bien les petits « plus » darkestrahiens comme le chant diphonique et la guimbarde, ainsi que l'utilisation de violon, le tout au sein de structures bien construites dans lesquelles le lot de breaks et les claviers organisent efficacement la musique. Certes, d'un point de vue formel il n'y a pas grand-chose à dire, mais on reste sur notre faim quant à l'inspiration qui est un peu trop juste pour du DARKESTRAH. Il y a de bons passages mais aucun n'est vraiment marquant comme c'est pourtant le cas dans chaque album. On comprend que l'ambiance a été ici le principal souci, mais cela a été au détriment du rendu des compos et c'est dommage. De même pour le visuel : la pochette prévue à l'origine était je crois bien plus intéressante et le nouveau visuel se contente de jouer sur de simples nuages sombres, sur presque tout le livret. Le concept est respecté, ouf, mais bon on aurait pu avoir un peu mieux à se mettre sous la dent.

Il nous reste à espérer que cet EP soit en fait un EP « commandé » par leur nouveau label pour inaugurer leur signature et que le groupe en ait profité pour y inclure des morceaux un peu à part du prochain album (qui j'espère ne tardera pas trop, vu que les membres du groupe ne sont guère actifs artistiquement à côté et que le dernier album date déjà de 2008), car un DARKESTRAH aussi atmosphérique n'est pas pour servir la musique du groupe qui se doit d'être logiquement plus axée sur les percussions. Il en va de la santé musicale du groupe mais aussi, de son concept ! Attendons, et pour les fans, ce sera toujours un petit encas avant le prochain repas...

Certains font d'un EP un condensé de qualité, ici c'est plutôt une petite musique à un petit prix ! Mais ça reste du petit prix de marque (DARKESTRAH), c'est toujours ça...

par Baalberith, le 06/10/2011

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