CRADLE OF FILTH

Evermore Darkly...

CRADLE OF FILTH, aaaah, CRADLE OF FILTH. Une longue histoire entre ce groupe et moi, puisque Dusk and her Embrace a été un des premiers, voire le premier contact que j’ai eu avec le black, en 1996. Déjà à l’époque le groupe était controversé, notamment à cause de son penchant pour les versions “à bonus” inutiles de ses albums. Il en ressortait souvent une deuxième version « de luxe », dans un cercueil par exemple, et avec des bonus plus ou moins intéressants... J’ai encore quelque part sur une étagère la version croix celtique de Cruelty and the Beast, avec tout de même 5 bonus dont des reprises de VENOM, IRON MAIDEN ou SODOM, mais surtout une version techno dance du morceau « The Twisted Nails of Faith » rebaptisé « Twisting Further Nails », une horreur bien entendu. Ils avaient récidivé dans ce genre de remix avec From the Cradle to Enslave E.P. en 1999.

Cette démarche a toujours satisfait certains fans, mais a aussi été l’occasion rêvée de cracher sur le groupe et ses choix mercantiles. Cependant, la qualité des albums était là, et je considère encore cette période de CRADLE comme l’une des meilleures, au même titre que les premiers albums. Mais après Midian, en 2000, c’est la descente, la chute, la dégringolade inexorable jusqu’à Thornography, un album différent et dans un style éloigné de ce que le groupe a pu enfanter. Un immondice qui n’a satisfait que les sourds, les fans qui pourraient gober n'importe quoi, ou les amateurs d’un autre style que le black.

Les suivants ne pouvaient qu’être meilleurs et effectivement Godspeed on the Devil’s Thunder puis Darkly, Darkly, Venus Aversa ont de bons passages et marquent un retour vers quelque chose de correct. Mais voilà, il y a des changements qui semblent irréversibles et le groupe n’arrive pas à se défaire de ses guitares envahissantes même quand il remet du clavier, et il ne parvient plus à mettre un riff, un break ou n’importe quel effet marquant à chaque titre. De plus, alors qu’il a musclé sa musique depuis les années 2000, il a poursuivi une attitude, une approche et même un visuel gothiques particulièrement décalés. C’est peut-être aussi immature que les vampyrs des années 90, mais encore plus cliché, surtout que toute l’équipe a pris de l’âge et est devenue ridicule dans ses jeux "clipesques" et scéniques.

Toutes ces longues considérations sont en fait nécessaires pour saisir cet EP gadget composé de deux disques et sorti en octobre 2011, un an après Darkly, Darkly Venus Aversa. Le premier disque pourrait être considéré comme les bonus que CRADLE affectionnait dans le passé avec une introduction de 2 minutes à zapper rapidement, juste composée d’une narration sur des sons radiophoniques (« Transmission from Hell »), mais aussi 4 titres de l’album précédent dans une version légèrement différente. Il s’agit des 4 plus faciles d’accès, qui font la part belle aux claviers : « Forgive me Father », « The Persecution Song », « The Spawn of Love And War » et leur dernier tube en date, « Lilith Immaculate », dans une version rallongée de 2mn. On trouve en plus une version symphonique et sans vocaux du classique « Summer Dying Fast ». Le résultat est intéressant, on découvre le morceau sous un nouvel angle, mais ça reste anecdotique. Ensuite, on trouve quand même de la nouveauté avec « Thank your Lucky Scars », un titre resurgissant de la période Damnation and a Day... Super, c’est juste le moment où le groupe a commencé à perdre son talent ! Pas de surprise donc, le titre n’arrive pas du tout à marquer les esprits. Et enfin, un autre morceau est une reprise techno de « Forgive me Father ». C’est aussi laid que ce que l’imagination laisse penser. Bref cet EP résume bien la situation et les travers de CRADLE !

Heureusement (?), il y a un deuxième disque, et c’est un DVD composé de trois parties. D’abord le clip de « Lilith Immaculate » qui permet de voir les faciès de la bande à Dany, notamment la nouvelle recrue claviériste / chanteuse Caroline Campbel. Non, pas la fille qu’ils avaient piquée à ABIGAIL WILLIAMS, ça c’était Ashley Jurgemeyer et elle a donc déjà été remplacée... Dany est là, et ses cheveux courts mal peignés font concurrence à ses célèbres sauts de cabri dans la course au ridicule. Les images “comme si on chantait en live” sont trop nombreuses, et il n’y a visuellement que peu d’intérêt. Dommage... Ensuite nous avons un « rockumentaire » sur une tournée européenne, et ce n’est pas plus mauvais que tous les exercices du genre faits par d’autres groupes. On regarde par curiosité, on voit l’envers du décor et ça peut casser le mythe. Mais comme certains l’ont pensé, vu qu’il n’y a déjà plus grand chose à sauver dans l’image de CRADLE, ça a finalement tendance à rendre la troupe au moins sympathique. Par contre, c’est en anglais et si cette langue reste un mystère pour vous, vous n’aurez qu’à profiter des images de concert. Enfin, dans ce cas-là il vaut mieux se rendre directement à la troisième partie du DVD qui est un live d’une heure en Belgique : « Burning Down Graspop ». Et là, on comprend ce que je voulais dire par « il n’y a plus grand chose à sauver dans l’image de CRADLE ». La mise en scène est ridicule et adressée aux ados qui veulent tenter la vraie peur, un léger cran au-dessus de celle procurée par le dernier Harry Potter. Musicalement, on s’amusera à reconnaître les classiques, et surtout on remarquera le choix de n’interpréter que 3 titres de l’après Midian sur 10 morceaux (plus l’intro). Voioci la track-list, avec entre paranthèses l’album dont est issu chaque morceau :

  • The Principle of Evil Made Flesh, The Forest Whispers My Name (The Principle of Evil Made Flesh)
  • Ebony Dressed for Sunset (Vempire or Dark Faerytales in Phallustein)
  • Humana Inspired to Nightmare, Heaven Torn Asunder (Dusk... and Her Embrace)
  • From the Cradle to Enslave (From the Cradle to Enslave)
  • Cruelty Brought Thee Orchids (Cruelty and the Beast)
  • Her Ghost in the Fog (Midian)
  • Nymphetamine (Nymphetamine)
  • Honey and Sulphur (Godspeed on the Devil's Thunder)
  • Lilith Immaculate (Darkly, Darkly, Venus Aversa)

Alors que retenir de cet album ? Il peut être une pièce dans une collection et est finalement bien rempli, mais le titre aurait pu être « Evermore Gadget ». Mais surtout ne crions pas au vol, car Dany est lucide et clair dans le livret : 

« Cet EP est un pur Rip off ! C’est clair. (...) C’est un crime de ne pas le donner gratuitement. Mais voilà, personne ne vous a mis un gun sur la tête pour l’acheter. On n’a pas non plus menacé de tuer vos grands-parents ou de bouffer votre chien si vous ne le téléchargiez pas légalement. ». Puis d’expliquer qu’il vaut le coup parce qu’il a été fait par CRADLE OF FILTH, synonyme de qualité blah blah blah...
Donc c’est à vous de voir si vous avez encore assez de flamme et l’envie de soutenir un ancien amour pour vous délester de quelques sous. Si vous hésitez, filez acheter autre chose, il y a quand même suffisamment de choix en 2011.

par Sakrifiss, le 09/11/2011

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