CRADLE OF FILTH

Damnation And A Day

Chroniquer un album si attendu et de plus d'un groupe que j'ai toujours aimé, n'est pas chose facile, pourtant elle est nécessaire !

Rappelons en guise d'introduction à l'analyse musicale de cet album que la quantité de travail et de moyens mis en œuvre pour l'élaboration d'un album ne remplacera JAMAIS la qualité des compositions, l'inspiration des compositeurs. Je pense que cet album est peut-être un bon exemple en la matière. Car, en effet, j'aurais beaucoup de mal à cacher ma grande déception à l'écoute de cet opus : CRADLE OF FILTH fait partie des groupes qui jusqu'alors, contre vents et marrées, ont toujours eu à la fois une musique travaillée, riche et professionnelle, sans pour autant oublier leur don de la composition inspirée. Pourtant, force est de constater que ce sixième album studio qui a poussé le bouchon très loin question moyen, n'a pas réussi à offrir à l'auditeur un grand intérêt question inspiration musicale. Là où DIMMU BORGIR a réussi (avec son Puritanical Euphoric Misanthropia), CRADLE OF FILTH a échoué. Mais avouons que l'affirmation est à nuancer...

Passons à la critique musicale. Comme on dit dans le milieu de la critique : excellente production, très bonne technique et utilisation d'un orchestre complet (et non d'un simple ensemble de cordes comme d'autres groupes avant, notamment DIMMU BORGIR pour citer -encore une fois- le plus connu), bonne structure musicale et une variété musicale bien maîtrisée. Le batteur n'est pas mauvais et suit le style du groupe, même s'il est un peu soft dans l'ensemble je trouve, et les claviers font du très bon boulot, c'est sûr ! Encore une fois, le groupe nous rappelle à quel point il est au cœur de leur musique.

Par contre les guitares sont décevantes : si les riffs étaient plus inspirés, on pourrait mieux appréhender le rôle des guitares dans la musique de ce sixième album, car et instrument n'a jamais été oublié par le groupe dans les albums précédents, ce malgré l'importance des claviers (seul sur Cruelty And The Beast les claviers arrivaient à vraiment occulter les guitares). Cela s'explique peut-être par le fait que Paul est le seul véritable guitariste pour la préparation de ce 6e album. Il a eu3 ans pour se préparer, mais le résultat n'est pas là. Comme quoi ce n'est pas le nombre des années qui justifie la beauté des compositions d'un album ! De plus, les influences Heavy sont quand même bien présentes, tout au long d'un album extrêmement long (77 min.), entrecoupés d'interludes et de passages d'ambiance très travaillés, évidemment.

On pourra regretter également une utilisation trop sporadique de l'orchestre, qui intervient toujours bien dans les interludes, mais trop rarement dans les morceaux même avant le dixième. Après, question voix, c'est toujours très juste, mais ça correspond également toujours assez bien au style, alors passons.

Malgré tout, la forme étant de grande qualité, tout paraît être présent pour donner les meilleures chances au groupe afin de nous offrir un excellent album. Seulement, le rendu des compos est trop faible, même si certains morceaux semblent plus inspirés, comme les morceaux 3 ou 6.

Heureusement, comme toujours, le groupe a bien axé sur l'ambiance et le concept. C'est toujours ça de pris : au moins un groupe connu aujourd'hui qui reste fidèle à leur concept et ne trahisse pas leur image et l'essence d'un certain style de Black. La magie n'est pas complètement partie ! Les 17 titres de l'album proposent un concept album sur un homme et l'enfer, belle Histoire, comme sait très bien le faire Dani sur chaque nouvel opus. Question livret, il y a de bons effets spéciaux, mais il y a aussi un problème d'homogénéité, bien que ce soit un choix délibéré, chaque page correspondant à un visuel consacré au concept mis en avant dans le morceau. Et bien sûr, comme toujours, le livret est bien conséquent. C'est l'avantage d'avoir de l'argent !

Dans l'ensemble, donc, un album très travaillé où les musiciens se sont hélas bien trop reposés sur la débauche de pub et de moyens techniques et ont tout simplement oublié le principal : le rendu des compositions ! Gageons qu'ils risquent de récidiver dans cette erreur, car après avoir goûté à un tel niveau de réalisation, c'est très dur de retourner à quelque chose de plus..." underground ", surtout pour un groupe de la notoriété de CRADLE OF FILTH ! Une œuvre en définitif à écouter surtout pour la réalisation, la forme et moins le fond. A vous de faire votre choix après...…

par Baalberith, le 19/10/2012

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