COUNTESS

The Return of the Horned One

Tout d'abord, un peu d'histoire. Le groupe COUNTESS est à l'origine formé en 1992 par deux amateurs de Black des cuvées les plus poussièreuses connus sous les noms de Zenon et Vercingetorix, vite rejoints par un certain Orlok (qui jouait alors encore avec FALLEN TEMPLE) à la basse et aux hurlements. Après un album sentant le fromage enregistré dans une grange par un groupe n'ayant jamais répété ensemble au préalable, une sympathique cassette et quelques concerts (dont l'un sera immortalisé sous le titre Doomed to Live), les fondateurs délaisseront le projet, laissant le génial Orlok seul aux commandes. Sort alors ce que l'on peut considérer comme étant le premier véritable album du COUNTESS que nous connaissons aujourd'hui : l'infâme The Return Of The Horned One.

De manière intéressante, la production de l'offrande qui nous occupe ici se rapproche beaucoup de celle de l'album précédent, alors que supposément enregistré dans un certes modeste mais non moins véritable studio. Il s'agit d'ailleurs de la première chose que remarqueront la plupart des auditeurs : une tonalité de guitare rafistolée branchée sur un ampli moyenâgeux qui sert également à produire les borborygmes confus de la massue à quatre ficelles que certains coquins qualifieraient avec humour de "basse", une boîte-à-rythme sortie tout droit d'un équipement ayant déjà fait son temps au moment de l'enregistrement, quelques apparitions remarquées d'un synthé Casio ayant au préalable été soigneusement laissé mijoter quelques jours dans un chaudron de bière, le tout enregistré avec un micro qui traînait dans une quelconque poubelle alentour. Bref, on est pas à Disneyland avec Peter Tägtgren. Mais venons-en à la musique. Ah, COUNTESS, ses riffs d'une simplicité étourdissante et pourtant si mémorables, ses atmosphères étranges, anciennes et épiques, ses textes occultes et bien sûr... cette voix ! L'une des toutes meilleures jamais entendues, un hurlement extrême oppressant et pourtant tout à fait compréhensible, qui permet d'ailleurs à la musique d'Orlok de gagner une véritable dimension narrative. C'est d'ailleurs l'une des grandes forces du groupe, ce sens semble-t-il inné de la narration qui emmène l'auditeur dans son monde ténébreux. Et c'est cet album qui démarre réellement la carrière de l'abomination que dirige toujours Orlok seul, sous le signe de la marque noire. De la mystérieuse introduction au final magistral "Bloed in de Sneeuw", nous errons en des catacombes envahies par la brume et des spectres belliqueux, emplies de l'écho du tumulte infernal qui gronde sous nos pieds.

Si certains morceaux peuvent donner l'impression de se répéter quelque peu (en fait les instrumentaux "A Cry Of Hope Forever Gone" et "Into Battle"), ce n'est pas sur la structure des compositions (encore assez hasardeuse) qu'il faut se concentrer pour apprécier pleinement ce que cet opus a à offrir, mais sur son atmosphère pure. Naturellement, cela pourrait sembler une excuse facile, mais ce point est ici si primordial et surtout si puissant qu'il ne peut définitivement pas être négligé. Ce n'est pas encore la plus grande baffe que COUNTESS allait nous mettre, ses deux successeurs étant à se damner, mais The Return Of The Horned One reste tout de même une profane (dire qu'elle est sacrée relèverait du sacrilège) galette ! Un classique que tout véritable enthousiaste du Black Metal se doit de posséder.

par W.Whateley, le 09/02/2012

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