CORNIGR

Funeral Harvest

Parmi les grands musiciens de la scène Black Metal finlandaise, vous connaissez certainement Shatraug, guitariste ayant amené un sens du riffing extrêmement poignant, inspiré par ses compatriotes de DIABOLI ainsi que par la scène toulonnaise des SEIGNEUR VOLAND et KRISTALLNACHT. Dans cette chronique, je vais vous parler d'un autre musicien de la scène finlandaise : Vainaja, batteur d'HORNA et jusqu'à il y a peu bassiste chez SARGEIST.

Vainaja est avant tout un multi-instrumentiste passionné par l'art noir. Afin d'explorer de nouvelles voies, il fonde son projet solo : CORNIGR, qui s'inspire musicalement de ce qui se fait dans le Black Orthodoxe norvégien d'un DARK SONORITY. Huit années après une première démo en 2003, Vainaja reviendra sur son projet solo en 2011 pour nous sortir son premier album, Relics of Inner War. Comme expliqué dans la chronique de Baalberith, ce premier album sent le vieux MAYHEM à plein nez. Du MAYHEM-worship, ce n'est pas ce que Vainaja peut nous pondre de mieux. C'est ainsi que le mini Funeral Harvest sortira en 2015, quatre ans après l'album.

La pochette est vraiment belle, cette fois-ci. Le visuel, avec ses symboles, sa matière et sa texture, donne envie de se plonger dans la musique de Funeral Harvest. En ouvrant, on tombe d'abord nez à nez avec Vainaja qui nous fait une croix avec deux ossements, signe du danger que représente la magie noire pour quiconque s'y aventure. En ouvrant le reste avec le CD au milieu, on a également les paroles des trois titres de l'EP. En tout cas, le visuel donne envie.

Le regard et les oreilles dirigées vers la scène norvégienne des débuts (MAYHEM et GORGOROTH) mais aussi de ces dernières années (DARK SONORITY, CELESTIAL BLOODSHED ou même DODSENGEL), CORNIGR, par l'expérience de sa tête pensante mais également de par sa nationalité, garde son identité finlandaise. La tracklist nous confronte déjà à l'un des aspects de la musique du projet : trois titres, qui durent chacun au moins sept minutes.

Le problème, c'est que dans les sept minutes de chacun de ces titres, il y a de quoi s'ennuyer. "Faust's Dictum" ouvre l'album directement sur un riff, sans intro ni rien. On fait d'abord mine d'être d'accord.  Mais la répétition de ce riff et d'un second, pendant un bon bout de temps, commence à nous ennuyer. Je n'ai rien à priori contre ce genre de procédé : un classique comme Transilvanian Hunger de DARKTHRONE procède ainsi. Mais chez eux c'est hypnotique et efficace et du coup, ça marche très bien. Heureusement qu'il y a, un moment donné, ce pont au milieu du titre, nous menant à un autre riff. Mais ça ne prend pas. C'est trop plat. Le début du dernier titre, "Furnace of Foundation", sera pareil. La monté en puissance sera plus progressive. Mais qu'est-ce que ça va être long ! Je vous souhaite bonne chance, surtout si vous n'êtes pas féru du style. Les oreilles habituées au Black Orthodoxe d'un groupe comme DODSENGEL pourront cependant apprécier la présence de passages incantatoires, voir de chants diphoniques, à certains moments de l'EP. 

Suite à sept premières minutes de léthargie, "Devil's Church" et son riff mélodique intense et poignant nous change les idées. Coupé, deux minute après avoir commencé, par un passage incantatoire et méditatif accompagné de cuivres et des narrations de Vainaja, le morceau se hisse au-dessus des deux autres de l'EP et montre une voie intéressante que Vainaja pourrait exploiter pour la suite.

En plus de "Devil's Church", certains passages restent intéressants, notamment sur le troisième et dernier titre, "Furnace of Foundation" avec la fin de sa monté progressive, déchaînant le final de l'album, un riff de guitare qui donnerait la foi de tellement il sonne bien, servi par un très bon blast de batterie. Vainaja jouant déjà de la basse et de la batterie dans les groupes cités au début de la chronique, on a droit à une base rythmique plus ou moins solide pour le style. Ça blaste souvent, mais c'est très souvent plat. Hormis les passages que j'ai mentionnés, notamment l'incroyable deuxième titre, la guitare ne donne pas assez envie. Et c'est dommage encore une fois car elle sonne bien. 

Vainaja, avec son projet solo, signe un assez bon retour avec Funeral Harvest, quatre ans après Relics of Inner War. Cet EP ne casse pas des briques et seuls les fans de Black Orthodoxe l'apprécieront à sa juste valeur. Il contient tout de même des passages mémorables, ce le rend frustrant. Espérons un deuxième album de CORNIGR dans lequel les guitares garderont le même grain, mais avec plus de puissance et des mélodies plus recherchées. On côtoierait alors les meilleurs sorties de la nouvelle scène norvégienne de Trondheim comme le Kaosrekviem de DARK SONORITY

par Gul Le Ricanant, le 21/10/2017

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