CENDRES DE HAINE

Nihil Mirari

CENDRES DE HAINE avait convaincu les amateurs de BM old school en 2010 avec un premier album très cru et puissant dans le genre, à la haine sans limites et rappelant le meilleur du début des années 90. Les voici de retour en 2014 avec un album qui va un poil plus loin. Nihil Mirari garde cette base old school mais se voit agrémenté de subtilités supplémentaires et d'un savoir faire qui transcendent la chose, et je pèse mes mots.

Sur la forme, le groupe change finalement très peu. On retrouve cette forme de brutalité très marquée chez eux, qu'on avait jadis chez un AD HOMINEM par exemple, alliée à une production suffisamment sale et rugueuse pour renforcer l'ambiance malsaine des compos. Ce qui fait surtout la différence ici, ce sont les multitudes de cassures dans le rythmes, où tout un tas de riffs sournois profitent de la situation pour s'incruster et ne plus vous lâcher. Du riff lent et tourmenté ("Impure Aureole") à quelque chose de plus vindicatif ("We Won't Wait Hell"), les types assurent dans tous les registres et chaque titre forge son identité là-dessus, avec un sommet certainement sur le fabuleux "Morne silence d'une triste nuit" dont je ne me remet toujours pas malgré le nombre d'écoutes. Juste grandiose, d'une simplicité  et donc d'un génie  à crever ! Aussi jouissif qu'un PEST qui trouve le riff qui tue sur Dauðafærð ! Dommage que cela ne dure qu'un titre.

En dehors de ça, CENDRES DE HAINE rappelle sans problème notre ARMAGGEDON national par son approche assez « punk'n'roll » sur certains titres / passages. Les paroles sont toujours en français, pour notre plus grand plaisir car dans l'ensemble très discernables. On se laisse facilement happé par ces brides de textes qui arrivent à nos oreilles ( « Les faibles me haïssent », « Vermines trop fières de maîtriser l'infime », etc.) puisqu'elles s'inscrivent pleinement dans cette démarche élitiste si chère au BM et n'oublient pas de se faire malsaine au besoin.

Après une telle démonstration, ils se permettent le luxe de reprendre un vieux morceau de AGENT STEEL en guise de conclusion. Un titre de 1985 qui, à leur sauce, prendra une saveur « BM première vague » loin d'être désagréable. Une démarche qui manquera évidement de pureté pour certains mais dont le résultat est finalement bien foutu et la symbolique pleinement dans l'esprit BM. Un peu comme quand Tyrant Werwolf reprend du MANOWAR. J'adhère.

Côté livret, c'est très sobre, même trop. Dommage car la pochette pouvait suggérer un effort supplémentaire à ce niveau. On note juste l'évolution entre 2010 et 2014, où le premier album se contentait d'une adresse mail avec écrit « No thanks, fuck off !!! » et celui de cette année où l'adresse mail disparait au profit d'une jolie liste de remerciement. Comme quoi l'intégrité est bien plus souvent un mot qu'un art de vivre huhu ! Si même les simples « Fuck off » disparaissent, où va-t-on, je vous le demande ?

Voilà donc un très bon retour et une sortie à ne pas manquer en cette année 2014, l'UG black métallique est décidément une ressource sans fin, n'en déplaise aux éternels blasés.

par Blaise, le 22/07/2014

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