BURZUM

Belus

Le nouvel album de BURZUM est enfin là, après une longue attente, celle que Varg sorte de prison pour le meurtre d'Euronymous. Pendant près de 15 ans, on se sera questionné sans cesse sur l'avenir de notre homme. Allait-il reprendre la musique ? Et si c'était le cas, quel style de musique allait-il proposer ? Bien entendu, toutes sortes de rumeurs et d'hypothèses ont été avancées, dignes de la réputation de l'artiste.

Il n'aura pas fallu attendre bien longtemps après sa libération pour avoir des réponses de sa part, d'abord verbales. Il n'aurait rien écouté de BM depuis sa retraite forcée et ne pourrait donc reprendre la musique que là où il l'avait laissée : avec un feeling du milieu des années 90.

Est-ce vrai ? est-ce une annonce promotionnelle ? Comme d'habitude, on ne sait pas quelle est la part de vérité dans ses propos. En tout cas, c'était une déclaration heureuse. Ce Belus serait donc bien black, et sans doute une suite logique à Filosofem. Et c'est en grande partie le cas. Varg nous prouve en 8 titres qu'il a encore du talent et qu'il n'a pas renié son passé. Il nous montre aussi qu'il n'y a jamais eu qu'un style BURZUM, mais plusieurs visages différents dans une même unité.

L'album est donc varié. Après 30 secondes d'introduction et le bruit d'une bouteille roulant sur elle-même, les titres "Belus' Død" et "Glemselens Elv" nous replongent dans le glorieux passé du groupe. Les riffs y sont simples, répétés longuement, mais sans lassitude. Ce sont 6 et 12 minutes envoûtantes qui entrent directement dans le panthéon des meilleurs titres de BURZUM. Ils sont lancinants et charmeurs comme l'indétrônable "Dunkelheit", avec un son plus clair et moins lointain que sur Filosofem. Au début on peut trouver que cela fait perdre un peu d'émotions, comme les vocaux plus communs qu'autrefois, mais c'est surtout une question d'habitude. Varg varie même son timbre pour ajouter en intensité.

Après ces deux superbes titres, vient "Kaimadalthas' Nedstigning", très surprenant car innovant pour BURZUM. Et pour tout dire, c'est la grosse claque. C'est un plaisir d'entendre un morceau si inattendu. Les riffs sont au début assez agressifs, et "électroniques", jouant beaucoup sur les nerfs. Les vocaux sont aussi aiguisés, puis à une minute, une lueur d'espoir arrive avec le refrain, juste quelques mots qui reviendront en boucle plus tard, mais viennent donner un peu d'air avant le retour des riffs agressifs. Le même schéma se répète encore une fois, puis un changement génial vient faire exploser le tout. C'est un break d'inspiration "Windirienne" qui vient nous piquer au coeur et élever le morceau de 7 minuyrd dans des cieux miraculeux...

Si Varg n'a vraiment rien écouté pendant toutes ses années en prison, il faut lui offrir un album de WINDIR. Il va adorer ! Ce titre est le meilleur pour moi, peut-être bien le pire pour d'autres tant il est à part.

Le morceau suivant est un retour à un passé encore plus lointain. "Sverddans" ne dure que 2.27, mais est très direct. C'est une cavalcade qui rappelle "War" et les autres morceaux plus rentre dedans de l'album éponyme. Seulement, les vocaux sont moins bestiaux et le son raw a disparu. La hargne est cependant présente, et c'est le principal. Varg nous montre ici que BURZUM a encore des couilles. Message reçu.

On poursuit avec "Keliohesten", un autre morceau qui joue moins sur les ambiances et plus sur la vitesse et la rage. C'est honorable, mais manque d'originalité pour devenir un grand morceau. C'est le genre de titre qui passerait inaperçu s'il n'était pas sur un album du Comte. Une semi-déception.

A ce moment de l'album, une demie-heure de musique est passée, et un seul titre est un peu en dessous. Il reste encore deux morceaux : "Morgenrøde" (9mn), et "Belus' Tilbakekomst", (10mn)... Près de 20mn de bonheur en perspective ? Et bien non, beaucoup moins. Parce que si Varg nous à montré qu'il pouvait refaire des morceaux à l'ancienne, il nous montre sur ces deux derniers qu'il a toujours le goût des longueurs. On échappe aux 25 minutes rébarbatives de l'ambient "Rundtgåing Av Den Transcendentale Egenhetens Støtte", mais on ne passe pas loin.

Le premier titre commence pourtant très bien, aussi hypnotique que les deux premiers, mais au bout de 3.30, c'est terminé. Les vocaux se taisent et laissent la place à la mélodie en boucle jusqu'à la fin de l'album. Oui, de l'album ! Pas du titre car celui qui suit est une conclusion qui prolonge ce morceau. La mélodie n'est certes pas exactement la même, mais elle en est tellement proche qu'il est difficile de trouver la séparation entre les deux morceaux. Alors pourquoi les séparer ? Pour donner l'impression d'avoir 8 titres ?

Effectivement, c'est le dernier reproche à faire : après 15 ans d'absence, on s'attendait à quelque chose de plus étoffé. En enlevant les longueurs, on se retrouve avec peu de matériel. Enfin, mieux vaut que le peu qu'il nous offre soit de ce niveau plutôt que de nous faire un album "histoire de". On peut toujours se consoler en imaginant qu'il a gardé d'autres idées pour un prochain album très proche... et sur un autre thème peut-être ?
Sur celui-ci, il s'est intéressé sans grande surprise à Baldr, le plus beau, et le plus lumineux des dieux nordiques. Pour en savoir plus, autant vous rendre directement sur la page wikipedia appropriée

Voilà donc mon opinion sur le nouveau BURZUM, mais encore plus que pour tout autre album, les opinions seront divergentes. On peut reprocher aux morceaux d'être faciles et de simples reprises des succès passés. On peut affirmer que la relève a surpassé le maître. On peut parler de démarche mercantile. On peut aussi arrêter de se poser des questions sur les qui, quand, quoi, comment de Varg Vikernes et se plonger dans la musique. Si on ne parle pas plus des artistes qui font du bon BURZUM-like, ce n'est pas le problème de BURZUM. Même si c'est difficile d'être tempéré, il faut accepter qu'il y a du bon, et du moins bon dans cet album...

par Sakrifiss, le 07/05/2010

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